| 7 juin 1981 - 5 Sivan : Bombardement d’Osirak |
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| ISRAEL - Infos | |||
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Pour les responsables politiques et militaires israéliens, il était clair qu’il fallait agir pendant qu’il était encore temps. La préparation de l’opération exigea une précision et un travail impressionnants, car il fallait que les avions israéliens volent sur une distance de 1.100 km dans les deux sens, en traversant des pays ennemis. Le Commandant de l’Armée de l’air de l’époque, David Ivri, proposa de traverser l’Arabie Saoudite et la Jordanie. Les avions de Tsahal décollèrent à 16h01 et un peu plus d’une heure après, ils étaient au dessus de leurs cibles. L’attaque ne dura qu’un quart d’heure, et les huit appareils lâchèrent un à un leurs bombes avec une précision impressionnante en l’espace de 50 secondes ! Un ingénieur français qui se trouvait malencontreusement sur les lieux fut tué lors du raid. A l’annonce de l’opération, la population israélienne salua avec effervescence et fierté l’exploit des pilotes de Tsahal, mais comme de bien entendu, les condamnations furent unanimes dans la communauté internationale, dont la France, principal pays impliqué dans le programme nucléaire irakien, mais aussi les Etats-Unis, qui accusaient Israël (déjà à l’époque !!) « de menacer les efforts de paix au Proche-Orient ». A la suite de cela, pour « punir Israël », l’Administration US bloqua toute vente d’armement à Israël pendant quatre mois. Mais dix ans plus tard, le Président George Bush (père) n’aurait jamais pu déclencher la 1ère Guerre du Golfe face à un Irak nucléarisé. Très rares sont les dirigeants qui avaient alors reconnu l’utilité de l’opération israélienne dix ans auparavant !
Attaquer les centrales nucleaires en Iran? La tâche sera bien plus difficile et aléatoire en Iran qu'elle ne le fut en Irak en 1981. Ou même en Syrie en septembre 2007, lorsque des avions de chasse israéliens ont tiré des missiles contre une installation nucléaire. «En Irak, il y avait un seul réacteur. En Iran, il y a une vingtaine de sites à détruire. La plupart sont enterrés sous des montagnes et beaucoup nous sont inconnus. Il y a deux ans, une intervention aurait été possible. Aujourd'hui, il est sans doute trop tard pour anéantir les capacités de production nucléaires de l'Iran. Le programme de Téhéran est trop avancé », explique Leev Raz. Les insuffisances des renseignements concernant la bombe nucléaire iranienne ne sont pas seules en cause. «Israël n'a pas la supériorité militaire nécessaire. Il faudrait, pour venir à bout du programme, une campagne aérienne de plusieurs semaines et des troupes au sol pendant plusieurs mois », précise Martin Van Creveld, historien spécialiste de Tsahal. Sans compter le prix à payer pour une frappe aérienne : la pluie de missiles et de roquettes que le Hamas et le Hezbollah ne manqueraient pas de faire pleuvoir sur le territoire israélien. Et tout cela pour un résultat très mitigé. «Pour des raisons à la fois politiques et géographiques, Israël ne pourrait se permettre qu'une seule frappe chirurgicale, sous l'effet de la surprise. C'est largement insuffisant pour détruire le programme iranien ou le retarder de manière significative», affirme l'expert militaire Reuven Pedatzur. Spécialistes et responsables israéliens sont unanimes : seule la puissance militaire américaine peut débarrasser le monde de la menace iranienne. «Les États-Unis sont déjà déployés dans la région, ils contrôlent l'espace aérien irakien. Ils seraient les seuls à pouvoir renouveler les frappes et maintenir la pression militaire aussi longtemps qu'il le faut. Tout le monde ici préférerait qu'ils s'en chargent », analyse le général de réserve Shlomo Brom, patron de l'Institut d'études stratégiques Yaffe.
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