| Pourim Katan : Sources et observance |
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wikipédia.com Pourim katan (hébreu : פורים קטן «petit Pourim») et Chouchan Pourim katan (hébreu : שושן פורים קטן « petit Pourim de Suse ») sont deux festivités juives mineures, d’institution rabbinique. Observées les quatorzième et quinzième jours du mois d’Adar Alef lors des années embolismiques du calendrier juif, ces dates sont marquées par quelques coutumes de joie, dont l’omission du tahanoun et la tenue d’un festin. Elles ont généralement lieu au cours du mois de février dans le calendrier grégorien. Pourim katan et Chouchan Pourim katan dans les sources juives Pourim katan et Chouchan Pourim katan sont nés des contingences relatives au calendrier hébraïque. La Bible prescrit en effet de célébrer Pessa'h au mois de l’Aviv selon un calendrier lunaire de douze mois, qui présente un décalage d’environ onze jours avec l’année solaire. Les Sages ont donc institué l’intercalation d’un second mois d’adar afin que Pessa'h ait toujours lieu au printemps. Or, les quatorzième et quinzième jours du mois d’adar célèbrent d’ordinaire le miracle de Pourim, relaté dans le Livre d’Esther et observé par diverses coutumes et ordonnances. Devisant de la prescription de lire le rouleau d’Esther, ils décrètent qu’elle doit être obligatoirement réalisée au second mois d’adar et non au premier. En effet, bien que le Livre d’Esther date le miracle du douzième mois à compter de nissan (soit au premier des deux mois d’adar), les Sages ont voulu « rattacher la délivrance de Mardochée à celle de Moïse ». Ils ont par ailleurs tiré du commandement de la lire « chaque année » qu’elle n’était lue qu’une fois par an. Les Sages distinguent encore le premier adar du second par le fait que la prescription de donner aux pauvres n’est en application qu’au second mois. Les rabbins, élaborant sur cette clause, en concluent que, bien qu’inégaux du point de vue des manifestations positives de joie (dons aux pauvres, envois de colis alimentaires entre amis), les fêtes du premier mois sont égales aux fêtes du second mois eu égard à l’interdiction des manifestations de tristesse (jeûne, oraison funèbre, …) Lire la suite Les autorités médiévales, se conformant au dit de leurs prédécesseurs de l’ère talmudique, préconisent l’omission de passages austères dont le Tahanoun (« office de supplications ») dans les offices de prière de ces jours. Cependant, si Moïse Maïmonide interdit toute manifestation d’affliction pendant les deux jours mineurs, que l’on célèbre d’ordinaire la fête de Pourim (majeure) pendant un jour ou deux, Jacob ben Asherdécide que cette abstention ne doit être respectée que le jour correspondant à celui de la lecture du rouleau d’Esther, au second mois d’adar. Les usages varient également dans les communautés ashkénazessur l’omission d’autres passages que le tahanoun (dont le psaume 20), sur la récitation de ces passages ou, s’il y a lieu, du tzidkatekha lors de l’office de min'ha du treize adar, etc. Le Maharil signale en outre qu’on tient un festin analogue à celui de Pourim en ce jour. Cet usage aurait été attesté au xiie siècle chez le tossaphiste Yehiel de Paris et Jacob ben Asher le rapporte également, au nom d’Isaac Alfassi (lequel n’aurait cependant festoyé que le quatorze adar) mais Moïse Isserlès le récuse, écrivant qu’on veillera seulement à mieux manger en ce jour qu’à l’ordinaire. Les maîtres du hassidisme, si prompts à fêter Chouchan Pourim avec autant d’ardeur que Pourim, s’en tiennent à la décision du Rav Isserlès, peut-être parce qu’Isaac Louria n’évoque pas Pourim katan dans ses enseignements. Les rabbins ont également débattu s’il fallait tenir ce festin pendant un jour ou deux et s’il ne devait pas, malgré la décision du Choulhan Aroukh, s’accompagner d’envoi de colis alimentaires aux amis et de dons aux pauvres car ceux-ci doivent, selon Maïmonide, primer sur le festin. L’interdiction des oraisons funèbres et des jeûnes en ces jours ne font pas davantage l’unanimité. Joseph Caro tranche en ce sens dans le Choulhan Aroukh mais signale que certains les autorisent, dont Jacob ben Asher et lui-même dans un ouvrage antérieur au Choulhan Aroukh. Moïse Isserlès appuie la première opinion mais divers commentaires témoignent de la persistance du débat sur la question jusqu’au xix siècle au moins.
Festin Il est d’usage de manger plus abondamment à Pourim katan et/ou à Chouchan Pourim katan (les ashkénazes le font au cours des deux jours, tandis que les séfarades ne le font que le jour correspondant à celui de la lecture du rouleau d’Esther au second mois d’adar) afin de marquer la joie. Ce ou ces repas ne doivent cependant pas prendre l’ampleur du festin de Pourim. Deuil et liturgie Équivalents en caractère mais moins sévèrement observés, Pourim katan et Chouchan Pourim katan ne devraient pas donner lieu à des manifestations de tristesse. Les passages austères de la liturgie, dont leTahanoun, certains psaumes et, à chabbat, tzidkatekha, sont par conséquent omis à partir de l’office de min'ha du treize adar. Cependant, il est permis, dans certains cas, de prononcer une oraison funèbre et d’entamer un jeûne volontaire (pour autant qu’on annonce vouloir jeûner en ces jours précis et non pour une occasion qui a fortuitement lieu lors de ces jours). Enfin, les endeuillés doivent, contrairement à Pourim, respecter tous les rites et lois du deuil.
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