| La Techouva, la Tefila et la Tsedaka |
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(Discours du Rabbi, 6 Tichri 5713-1952)
Les Juifs ont l'espoir qu'à Roch Hachana, D.ieu leur accordera, en tous points, une bonne et douce année, de même qu'aux membres de leur famille, enfants, santé et prospérité matérielle, dans la largesse, en un bien visible et tangible.Pour autant, le bien n'a pas de limite. C'est la raison pour laquelle D.ieu a accordé les dix jours de Techouva, la période qui sépare Roch Hachana de Yom Kippour. L'effort en ces jours permet d'obtenir que la bénédiction de D.ieu, à Yom Kippour, plus et encore plus, de Sa main pleine et large, en fonction de Ses moyens.
La Techouva :La repentance est, en fait, synonyme de regret. La Techouva, par contre, n'est pas le regret. Bien plus, les deux notions sont même opposées. Le regret est l'introduction d'une situation nouvelle, pour celui qui est contrarié d'avoir mal agi ou, tout au moins, de ne pas avoir bien agi. La Techouva, en revanche, est un retour. Un Juif est bon, par nature et il souhaite avoir un comportement judicieux. Mais, pour différentes raisons, qui échappent à sa volonté ou n'en découlent pas totalement, il peut aussi mal agir. Il n'en reste pas moins qu'il est bon, de manière naturelle. Sa Techouva est donc un retour aux sources, aux origines, à son moi profond, qui, dès lors, se révèle et dirige sa vie. C'est pour cela que chacun, y compris le Juste, peut accéder à la Techouva, puisque tous désirent atteindre leur moi profond et le mettre en évidence. L'impie peut également faire Techouva. Aussi bas qu'il soit tombé, cette voie lui reste toujours accessible, puisqu'il ne s'agit pas pour lui d'une situation nouvelle, mais seulement d'un retour vers son existence intérieure.
La Tefila.La prière est synonyme de requête. Les Juifs, en revanche, préfèrent parler de Tefila. Là encore, ces deux notions sont opposées. La requête est ce que l'on demande, alors que la Tefila est un moyen de s'attacher. La requête porte sur ce qui manque à l'homme. Elle est formulée à D.ieu pour qu'Il l'exauce, de Sa propre initiative. Elle n'a pas de sens lorsque le manque n'est pas constaté ou lorsqu'elle porte sur ce que l'on ne désire pas. La Tefila, par contre, permet à l'homme de s'attacher à D.ieu et il prend lui-même l'initiative de ce lien. Une telle démarche peut être le fait de tous, à
La Tsédaka.La charité est un acte de bienfaisance. Mais, les Juifs préfèrent parler de la Tsédaka et les deux notions sont, encore une fois, opposées. La bienfaisance est la règle de conduite de l'homme bon qui, de ce fait, donne également à celui qui n'a rien et ne mérite rien. La Tsédaka, en revanche, est de la même étymologie que Tsédek, la justice. On peut l'envisager de deux fa Combien plus en est-il ainsi pour la Tsédaka qui est adressée au plus grand nombre, celle qui est donnée aux institutions de Torah. Chaque enfant qui y reçoit son éducation est appelé à fonder un foyer juif, à guider son entourage. En apportant sa contribution à de telles réalisations, on peut ensuite dire à D.ieu : " J'ai participé, au delà de mes moyens, à Tes accomplissements. Accorde-moi donc plus que ce que je mérite! ". Tel est donc le sens de la Techouva, de la Tefila et de la Tsédaka, qui permettent d'être définitivement scellé pour une bonne année. La Techouva est le moyen de réintégrer son moi profond. Grâce à la Tefila, on se lie à D.ieu. Enfin, on donne de la Tsédaka comme un acte juste. Dès lors, quel que soit le bien que D.ieu a d'ores et déjà accordé, à Roch Hachana, on recevra une bénédiction accrue, à Yom Kippour, une bonne et douce année, d'un bien visible et tangible.
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