La Paracha Vayikra par Rav Yaacov Spitezki Imprimer
Magazine - Paracha

CONVICTION

C’est une plaie insidieuse, imperceptible, mais elle possède la malencontreuse force d’anéantir des familles et des sociétés antières. C’est le doute ou l’absence de convictions qui lentement assombrira les perspectives d’avenir de tout un chacun. Dans le même ordre d’idées, le doute peut aussi perturber le chemin qui mène au repentir, à la Techouva. C’est ce que nous expliquera la paracha Vaikra.

A l’époque du Temple de Jérusalem, un individu qui avait fauté involontairement avait la possibilité de réparer son erreur en offrant un sacrifice. Comme on peut aisément le comprendre, ce processus n’avait rien de mécanique. Ceci est corroboré par de nombreux textes de la Tora et des Prophètes.
L’animal qui était offert sur l’autel du Temple n’était que l’aboutissement d’une volonté sincère et entière de repentir. Tout au long de ce processus, l’individu donnait le meilleur de lui-même pour transformer ce qu’il avait de plus mauvais en lui. Aujourd’hui encore, c’est ce que D.ieu attend de chacun d’entre nous: la volonté de se donner pleinement pour les valeurs éthiques universelles que véhicule la Tora.



BEAUCOUP PLUS

Le dernier chapitre de la paracha de cette semaine (Vaykra/Lévitique 5,17) rapporte un cas très particulier qui rejoint, en partie, la règle générale des sacrifices. Il s’agit du cas d’un homme qui ne sait pas s’il a commis une faute et qui de ce fait, doit malgré tout apporter un sacrifice, appelé « Acham talouï » (un sacrifice délictif incertain).
A ce propos, Rachi nous donne un exemple : deux sortes de graisses ont été présentées à un individu. Il a pensé qu’elles étaient toutes deux permises et a mangé de l’une d’entre elles. Sur quoi, on lui apprend que l’une des deux graisses est interdite mais il ne sait pas si c’est d’elle qu’il a mangé. Il devra alors apporter ce sacrifice.
Pour spécifier la valeur de ce sacrifice, le Talmud (Kéritout,17b) précise que le montant d’un tel sacrifice était beaucoup plus élevé qu’un sacrifice offert pour une faute involontaire!
Cette différence paraît disproportionnée. Bien plus. Comment peut-on exiger une telle somme pour un sacrifice fondé sur un doute quand une somme bien moins importante est exigée pour une faute certaine

CERTITUDES

Le sacrifice a pour but d’amener l’homme à la Téchouva, au repentir. La faute qu’il a commise va produire en son cœur un désir sincère de se rapprocher de D.ieu.
Mais quand il a un doute et qu’il pense quelque part qu’il n’a peut-être pas fauté, il lui devient alors très difficile de faire Techouva. Il n’est pas vraiment convaincu de son erreur. Mieux encore, il peut penser qu’en lui-même il n’a rien à se reprocher. Dans ces conditions, lui expliquer qu’il doit réparer sa faute sera une entreprise très complexe. C’est pourquoi le prix de son sacrifice était élevé, aussi élevé que le degré de repentir qu’on exigeait de lui.
On donc peut comprendre de là, l’importance d’une éducation fondée sur un engagement entier vis-à-vis judaïsme et qui ne laissera aucun doute dans l’esprit de l’enfant ou de l’adulte. Car si des parents, voire des enseignants, expriment des réticences, des faiblesses ou un manque de conviction dans leur pratique du judaïsme, ils ouvrent, à D.ieu ne plaise, une brèche dans l’esprit de leurs élèves qui se transformera tôt ou tard en doute qu’il sera alors très difficile par la suite d’écarter.



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