La Paracha Emor par Rav Yaacov Spitezki Imprimer
Magazine - Paracha

Quand D.ieu respecte l’homme

C’est dans notre paracha qu’est énoncée la mitsva de sefirat HaOmer qui consiste à compter chaque soir les jours qui séparent la fête de Pessa’h de celle de Chavouoth. Le rituel de ce compte est très minutieux et de nombreux détails, non respectés, peuvent invalider cette mitsva. Toutefois, un point tout à fait remarquable viendra nous rappeler l’importance de la dimension humaine dans le Judaïsme.

Comme toute mitsva, celle-ci est précédé d’une bénédiction qui a une part non négligeable.

Ainsi, si la nuit on a oublié de compter, on pourra se rattraper dans la journée : on comptera mais sans la bénédiction. Puis le soir venu, on reprendra le compte avec la bénédiction. Mais si toute une journée est passée sans avoir compté, on pourra compter le soir venu, mais sans la bénédiction car le compte de l’omer ne sera plus appelé un compte parfait, du fait du manque d’une journée. Supposons à présent, qu’un personne se trouve dans ce dernier cas : il a raté un jour entier, et de ce fait, ne peut plus compter avec la bénédiction. Mais quelques jours plus tard, il doit être ministre officiant à la synagogue. Et là, comme tout ministre officiant, il devra proclamer à voix haute (comme le veut l’usage) le compte de ce soir avec la bénédiction. Mais dans son cas il ne pourra le faire puisqu’il a raté un jour ! Il sera sans doute gêné d’avouer en public sa défaillance !



A PART ENTIERE


Devant une telle situation, la Hala’ha, la loi juive ouvre une porte extraordinaire, en introduisant une dimension humaine sur cette question. Dans ce cas, pour éviter une honte publique, nos Maîtres lui permettent de dire la bénédiction !

D’une certaine façon, la dimension humaine de la mitsva a plus de poids que l’obligation envers le Créateur. Il a pourtant raté la mitzva dans sa globalité puisque son compte n’est plus parfait, s’étonnent certains Maîtres. C’est vrai, mais d’un autre cote , chaque jour de ce compte est une mitsva à part entière et à ce titre la bénédiction dite chaque soir peut être vue comme une bénédiction exclusivement lié au jour nouveau.

MIEUX QUE LES AUTRES

Cette innovation ne peut nous faire oublier la période dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Rabbi Akiba perdit 24000 disciples, frappés par une épidémie. Le Talmud nous apprend qu’elle avait pour origine un manque de respect entre eux parce que chacun avait la conviction qu’il avait mieux compris que les autres l’enseignement du Maître. Et de ce fait, chacun cherchait à convaincre l’autre qu’il avait tort. Là aussi, s’instaura un débat entre l’humain et le divin : le divin peut-il s’instaurer au détriment de l’humain ? Peut-on imposer la loi si le respect de l’autre est bafoué ? C’est là tout le problème du fanatisme…