| Paracha Vayéchev ‘la France’ - Rav Yaakov Abergel |
|
| Magazine - Paracha | |||
|
Le Rabbi dans son discours du Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayéchev nous parle essentiellement de la France.
La Torah montre aux enfants d’Israël le chemin à suivre, et le travail à accomplir pour raffiner et purifier ce monde matériel. Aussi, le Rabbi nous donne la force pour transformer l’obscurité de cet exil. L’enseignement que le Rabbi nous délivre ici a pour point de départ la Révolution française.
Cette Révolution mit fin au système monarchique qui était alors en place en France. Le roi de France et son épouse, la reine, furent décapités, et le peuple de France, débarrassé à présent de toute autorité, prit le pouvoir.
Par la suite, et en conséquence de cette révolution, l’empereur Napoléon Bonaparte, accéda au pouvoir, et entreprit la guerre contre la Russie, où vivait l’Admour Hazaken.
L’Admour Hazaken craignit une susceptible victoire de la France face à la Russie, car elle exprimait à ses yeux la victoire de l’esprit de la Révolution française. La liberté des mœurs prônée par les révolutionnaires n’était de manière profonde que le rejet le plus total de l’autorité du Roi des rois, le Saint béni soit-Il.
Même si la victoire de Napoléon pouvait avoir des conséquences matérielles bénéfiques pour le peuple juif, elle ne représentait aux yeux du Rabbi que l’expression d’une idéologie contraire aux fondements du Judaïsme.
Selon notre sainte Torah, la vraie liberté ne peut être acquise que par l’acceptation du joug divin. La vraie liberté n’existe que lorsque l’on se soumet totalement à la Volonté du Saint béni soit-Il, ainsi qu’il est dit dans le livre du Zohar:
'l’esclave de D.ieu est le maître de toute la terre’.
Aussi, le Rabbi nous donne ici un enseignement fondamental, lié au fait que l’Essence divine se révèle dans les endroits les plus inférieurs.
Les mondes supérieurs, comme le monde d’Atsilout, ou encore la Séfira de Kéter qui surplombe l‘enchaînement des mondes, ressentent le souffle divin qui les vivifie à tous les instants. A l’opposé, le monde inférieur dans lequel nous vivons ne ressent absolument pas la force créatrice, qui est pourtant à l’origine de son existence. De fait, la matière cache la Parole divine qui coule à l’intérieur d’elle-même.
Cependant, l'Eternel Se cache en nous-même, et en ce monde, afin que nous Le dévoilions. Chaque Juif se doit d'aller au-delà du sentiment qu'il ne doit sa vie qu’a lui-même.
Il possède tous les moyens pour y parvenir. L'âme juive est enracinée dans l'Essence divine, et aussi surprenant que cela puisse paraître, ce sentiment que notre vie ne dépend que de nous-mêmes en est la preuve. En effet, si l'on ressent que l'on ne doit notre existence qu’à nous-mêmes, c’est précisément parce que notre existence découle de l’Essence divine qui ne doit son existence qu'à Elle-même.
Rien ne précède l'Essence divine, et c'est parcequ'elle se trouve au plus profond de nous-mêmes, que nous avons le sentiment que rien ne nous précède, à l'image du Saint béni soit-Il, que rien ne précède.
Nous comprenons à présent la raison pour laquelle l'Admour Hazaken craignait cette force du mal, propre à la Révolution française, de rejeter toute autorité, 'de couper la tête du Roi'. La Hassidout vient pour dévoiler l'aspect profond et véritable de chaque chose.
Rav Yaakov Abergel
|