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Vivre avec Machia’h: La naissance de la délivrance |
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Magazine -
Judaisme
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Par Gérard Touaty
Dans leur globalité, les deux parachioth que nous lirons ce chabbath évoquent le même sujet : la lèpre, qui était une affection cutanée provenant du Lachone hara, la médisance. Mais curieusement, Tazrya, la première paracha consacrera huit versets à la naissance d’un enfant et les obligations qui s’y rattachent ! Et nos Maîtres de s’étonner : quel rapport devons nous trouver entre une naissance et Métsora, le nom de la seconde paracha qui signifie « Le lépreux » ?Lire la suite
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Dans le onzième chapitre du traité talmudique Sanhédrine, le Machia’h (le Messie) est comparé, à plusieurs reprises, à un lépreux. Pour expliquer cette comparaison, les commentateurs nous donnent deux raisons : comme le lépreux, qui est exclu du camp de résidence des Enfants d’Israël, le Machia’h est placé hors de portée intellectuelle de la conscience humaine, tant il est élevé. Le lépreux est atteint sur la chair de sa peau comme le Machia’h qui porte (et accepte de plein gré) sur lui les fautes du peuple juif. Dans ces deux situations, l’affection est sur la partie extérieure de la personne.
Un monde hostile
Si l’on tient compte de cette comparaison, il devient alors possible de rapprocher le statut de lépreux du concept de naissance. Nos Maîtres expliquent, en effet, que la délivrance messianique est comme une naissance et les souffrances qui l’accompagnent ont la même dimension que les souffrances de celles de l’accouchement. Dans le même ordre d’idées, cette notion se retrouve aussi chez le Machia’h qui doit connaître, lui aussi, selon le Midrash, un processus de naissance puisque lors de sa révélation, une nouvelle âme lui sera donné. Toutefois, un point demande explication. Pourquoi sommes-nous joyeux lors d’une naissance ? A priori, cet évènement a de quoi nous attrister. Avant sa naissance, nous dit le Talmud (1), on apprend toute la Thora à l’embryon. Mais cette situation idéale pour l’âme, va connaître une fin, puisqu’à la naissance, cet enseignement disparaîtra et le nouveau né aura tout oublié ! Et de plus, il sera confronté à un monde hostile qui cherchera à l’éloigner de D.ieu !
Un Bien artificiel
En fait, une joie véritable existe. Celle d’un nouveau départ. Avant qu’il ne vienne au monde, l’enfant recevait tout, à la fois d’En Haut et de sa mère. Le Bien était artificiel car l’enfant était passif. Puis la naissance va lui ouvrir un devenir au cours duquel, il devra travailler avec ses propres forces pour construire un Bien dont lui seul sera l’artisan. C’est ici que l’on peut lire le point commun qui rapproche les concepts de naissance et de Machia’h. L’importance du Machia’h réside dans le fait qu’il est l’aboutissement des efforts considérables de chaque Juif, durant l’exil, pour préserver le judaïsme et le transmettre, malgré toutes les difficultés de l’Histoire. C’est d’ailleurs ce qui explique que la grossesse est comparée à l’exil dont les souffrances annoncent une naissance : celle de la joie de la révélation du divin dans le monde.
Notes Traité Niddah, p.30b
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