| Vivre avec Machia’h : Avant la délivrance |
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| Magazine - Judaisme | |||
![]() Hassidout.org - Gérard Touaty Le chabbath de notre paracha est aussi appelé « Chabbath ’Hazone », le chabbath de la vision car tout au long de cette journée, on montre, d’En Haut, le Troisième Temple, à chaque Juif. Ce chabbath est donc une articulation entre l’exil et la délivrance. L’exil introduit dans l’existence un temps qui, profondément, annonce une lumière infinie qui porte le nom de délivrance. Extérieurement, il y a souffrance mais cette souffrance est porteuse, dans un temps futur, d’une grande révélation. A partir de là, il nous est facile de comprendre l’innovation des temps messianiques. Le Machia’h n’apportera pas, à proprement parler de nouveauté particulière. Il ne fera que révéler les fruits de nos efforts durant la période de l’exil. Ces fruits prodigieux sont, pour l’instant, cachés mais la lumière dont ils sont porteurs, se révèlera soudainement, lors de la délivrance et la matérialité proclamera la grandeur infinie du Créateur. Mais on peut aller plus loin. La parabole du maître et de l’élève Comme le Talmud nous le rapporte, le monde qui précède la venue du Machia’h sera marqué par la confusion des esprits et la défaite de toutes les idéologies. Pour expliquer ce désordre spirituel, la tradition hassidique nous offre une parabole qui donne à l’exil une dimension insoupçonnée.Quand un maître explique à son élève un concept intellectuel, il s’investit complètement dans cette transmission. Toutefois, si au cours de cet enseignement, surgit dans l’esprit du maître une idée nouvelle, il doit tout de suite se consacrer à ce nouvel éclair, de peur que cette idée lui échappe. D’un autre côté, il faut se rappeler que le maître est profondément attaché à son élève et que du fait de ce lien, il veut lui faire partager cette nouvelle idée. Que va alors faire le maître ? Il va, de toutes ses forces, se consacrer à la nouvelle idée, pour la développer, la structurer et l’enrichir dans le but, plus tard, de la transmettre à son élève. Mais dans l’instant, il se consacre à la nouvelle idée. Et là, plus son investissement dans l’idée est grand, plus est profond son éloignement de l’élève. Ce décalage grandissant va créer chez l’élève une situation d’exil car il va ressentir une distance du maître à son égard. Mais cette distance est provisoire car elle n’a pour but que de préparer la révélation de la nouvelle idée à l’élève. On peut déduire de là que plus le voile (qui s’installe entre l’élève et le maître) est grand, plus c’est l’indice que la révélation qui s’annonce sera grande. Il faut donc voir, en deux temps, l’obscurité qui précède la délivrance : superficiellement, l’exil est une souffrance car le Juif n’a plus de repères pour comprendre la situation dans laquelle il se trouve. Mais sur un plan profond, il sait que ce voile n’a pas de valeur en soi car il n’est que l’indice d’un dévoilement prochain qui requiert (provisoirement) une distance entre D.ieu et Son peuple. Note (1) Ecrit par Rav Aarone Halévi (1235-1290). Cet ouvrage comptabilise tous les commandements du judaïsme
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