| Vivre avec Machia’h : une attente vivante |
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| Magazine - Judaisme | |||
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Par Gérard Touaty
Doit-on concevoir l’attente messianique comme une attitude passive ? Il semble qu’une lecture littérale de nos textes s’inscrive dans cette voie : si D.ieu nous a mis en exil, n’est-ce pas à Lui de nous en sortir et à nous d’attendre patiemment cette issue ? Il est vrai que cette logique ne souffre d’aucun défaut. Mais on peut difficilement mettre de côté un fait de la parachath Noa’h qui prend le contre-pied de cette analyse pour donner à cette attente une vitalité nouvelle. Le Rabbi nous l’explique.
Notre paracha nous rapporte que D.ieu fit tomber un déluge d’eau sur le monde pour le purifier de la déchéance morale qui s’était installée au sein de la création. Mais Il épargna un homme et sa famille qui furent protégés de cette catastrophe grâce à un grand bateau (appelé une Arche). Le texte de la Thora nous apprend que Noa’h et sa famille rentrèrent dans l’Arche « sur l’ordre de D.ieu » et en sortirent, un an plus tard, également « sur l’ordre de D.ieu ». On comprend aisément cette nécessité : si l’installation dans l’Arche dépendait de D.ieu, la sortie ne pouvait avoir lieu que selon la directive de D.ieu. Pourtant, on est en droit de s’étonner de l’attitude de Noa’h, quelques sept mois après l’arrêt de la pluie (1). Le texte nous apprend que Noa’h envoya un corbeau puis une colombe pour savoir si le niveau de l’eau avait baissé et donc pour savoir, s’il pouvait sortir. Quelle était l’utilité de ce geste, s’étonnent les commentateurs. Noa’h ne pouvait sortir que sur l’ordre deD.ieu ?! Une telle impatience à quitter l’Arche était-elle légitime ? Un monde habité Le monde ne fut créé que pour être habité par les créatures. C’est l’une des raisons de l’institution du mariage, afin le couple produise des fruits qui peupleront le monde. En envoyant la colombe, Noa’h voulait montrer à D.ieu qu’il était impatient de reconstruire un nouveau monde (en sortant de l’Arche) et d’accomplir ainsi la volonté du Créateur sans tarder. C’est ce désir humain qui déclencha chez D.ieu l’ordre de sortir de l’Arche. Un désir sincère Nos Maîtres appliquent cette situation à celle de l’exil et de la délivrance. L’exil est comme un déluge. Durant cette période tout n’est que confusion. La place accordée à la spiritualité est réduite alors que celle accordée à la matérialité est considérable. Bien plus, le mensonge y prend des allures de vérité alors que celle-ci est méprisée. Ce bouleversement est comparable à celui du déluge au cours duquel les repères entre les quatre cycles de la création (minéral, végétal, animal et humain) disparurent sous l’effet d’un gigantesque chaos. De ce fait, un homme conscient de la gravité de cette situation, ne peut rester les bras croisés et attendre que D.ieu nous dise « Sors de l’exil ». Noa’h doit être ici, pour nous un exemple. De même qu’il fit tout pour montrer à D.ieu qu’il désirait ardemment quitter le déluge, nous devons, nous aussi, exprimer à D.ieu notre désir de la délivrance. Quand D.ieu verra que Ses enfants expriment une volonté sincère de quitter l’exil, Il activera alors, la venue du Machia’h. Mais d’aucuns diront que s’exprime ici, une forme d’insolence. Devons nous dicter à D.ieu Sa volonté ? « Non, il n’y a pas d’insolence, répondra le ’Hafetz ’Haïm (1) : un Juif doit exiger la délivrance comme un employé exige son salaire après le travail accompli ». Parce que Sa volonté n’est pas la délivrance. Sa volonté, c’est de voir Son peuple demander la délivrance. Quand tout vient des hommes. Note (1) Selon le calcul de Rachi
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