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Par Gérard Touaty
Le parachath Chémoth qui introduit le second livre de la Thora, décrit dans sa totalité l’esclavage d’Egypte. Or, si cette paracha porte le nom de Chémoth qui signifie « Les noms », c’est l’indice que le concept d’exil est lié avec celui du nom. C’est sur cette relation que portera notre réflexion.
C’est par un verset, apparemment sans importance, que débute cette paracha : « Voici les noms des Enfants d’Israël qui viennent en Egypte. Yaakov, chaque homme et sa maison sont venus ». Sur ces mots les commentateurs s’interrogent : Qui vient en Egypte ? La réponse, en fait n’est pas si simple. On serait naturellement tenté de dire qu’il s’agit des Enfants d’Israël ! Il n’en est rien. Ce sont leur nom qui descendent en Egypte.
Le reflet d’une identité
Les textes de la Tradition juive expliquent qu’un nom reflète deux idées contraires. D’une part, le nom que porte un individu n’est qu’une simple convention qui sert à le désigner ou à le localiser sans aucune connotation profonde. Ainsi deux personnes peuvent porter le même nom tout en étant totalement différentes. C’est donc la preuve qu’un nom ne renvoie à aucune réalité essentielle. Du moins en apparence car d’un autre côté, le nom que porte un individu est en rapport direct avec son essence. Les lettres, en effet, qui composent son nom sont le reflet de son identité profonde comme on le voit lors de la nomination d’un garçon, le jour de sa circoncision. A ce moment, les parents sont inspirés par la prophétie pour donner à leur enfant le nom qui, profondément lui correspond.
Rester fidèle malgré l’obscurité
On peut constater l’existence de ces deux réalités contraires en temps d’exil. D’un côté, l’exil est une situation où la Présence divine est voilée. D.ieu fait vivre le monde mais Son existence n’est pas ressentie, comme le nom qui, d’un certain point de vue, n’est perçu que comme une réalité banale sans importance. Cependant d’un autre côté, un Juif en exil est souvent confronté à des difficultés qui le contraindront à se dépasser pour rester fidèle au judaïsme. Il sera prêt à donner sa vie pour cela et de ce fait, révéler la dimension profonde de son âme, qui peut se lire au travers de son nom. C’est pourquoi la paracha qui décrit le premier exil du peuple juif s’appelle Chémoth (les noms) : elle vient nous rappeler qu’en temps d’exil, l’obscurité et la lumière peuvent coexister. Ce dernier point nous permettra de comprendre que l’exil, dans sa définition profonde, n’est pas une punition. C’est un passage obligé vers la délivrance puisqu’il permet au Juif de révéler les forces cachées de son âme qui dans un temps de tranquillité n’auraient pu jamais s’exprimer.
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