| Vivre avec Machia’h : L’insolence de la fin des Temps |
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| Magazine - Judaisme | |||
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Par Gérard Touaty
C’est incontestablement l’un des phénomènes majeurs de ces trente dernières années. Bête sournoise et insaisissable, le terrorisme est devenu la hantise des Etats et cela, quelque soit leur affiliation politique : il frappe n’importe où, n’importe quand et n’importe qui. Son caractère violent et imprévisible a fait de lui une machine de guerre parfois plus puissante qu’une nation policée. Mais cette menace a quelque chose d’étonnant : comment notre monde si bien organisé pour éviter toutes les dérives possibles, un monde dans lequel tout est connu et quadrillé, a-t-il pu produire un monstre si tentaculaire ? D’où vient cette volonté de détruire et de tuer sans crainte de mourir. La réponse à ces questions se trouve peut être dans notre paracha.
L’un des vêtements que portait le Cohen gadol (le Grand prêtre) quand il officiait dans le Temple, était le Tsitz, une plaque d’or qu’il portait sur le front. A ce propos, le Talmud (1) affirme que cette plaque avait pour fonction d’expier l’insolence. Or, il est intéressant de noter que l’insolence est précisément l’une des caractéristiques de l’époque messianique : avant la délivrance, l’insolence augmentera, nous disent les Maîtres du Talmud (2). Pourquoi en sera-t-il ainsi ? L’insolence consiste à rejeter toute forme d’autorité ou plus exactement la hiérarchie sociale ou familiale. Elle a pour origine la prétention à se considérer plus haut que ceux qui habituellement dirigent ou donnent des ordres. C’est ce que nous vivons aujourd’hui. Notre monde, en effet, est celui du désordre des idées où la notion d’autorité est battue en brèche, un peu plus chaque jour. De ce fait, avec une facilité déconcertante, n’importe qui s’érige en maître, sans nullement tenir compte de l’âge ou de la position sociale de celui sur qui il impose sa domination.
La disparition de Moché
A la suite de cette affirmation, un Juif pourrait se demander de quelle nature doit être son engagement pour contrecarrer cette forme extrême du Mal. Un des plus grands maîtres du Hassidisme du siècle précédent, le Rabbi de Mounkatch (3) propose une réponse : pour faire venir Machia’h, on doit déployer des moyens qui confinent au « Messirouth néfech », c'est-à-dire au don de soi. Pour faire déclencher la délivrance, D.ieu n’attend pas de nous un judaïsme tranquille et confortable. Il demande de notre part un engagement total de notre personne où tous nos intérêts, nos plaisirs et nos petits bonheurs personnels doivent être mis de côté, tant l’enjeu (la fin de l’histoire) est fondamental. Et si certains doutent encore de la portée de cet enjeu, il faudra leur rappeler, un point étonnant relatif à notre paracha : c’est la seule paracha (4) dans laquelle le nom de Moché n’apparaît pas. Quand, en effet, les Enfants d’Israël fautèrent lors du veau d’or, D.ieu ne voulut pas pardonner cette faute. Moché posa alors une condition sans équivoque : « …Efface-moi de Ton livre (si Tu ne veux pas pardonner)… » (5). Et bien que D.ieu pardonna par la suite, cette malédiction s’appliqua parce qu’une parole conditionnelle d’un Juste doit se réaliser même si la condition a disparu. C’est pourquoi le nom de Moché est « effacé » dans notre texte. Quand un homme se donne corps et âme pour la Thora, il attend le degré extrême de l’effacement de soi. Pour faire la volonté de D.ieu.
Notes (1) Traité Zéva’him, p. 88b
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