La forme de la Ménora du Temple - Rav Yaacov Spitezki Imprimer
Magazine - Judaisme

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SAGESSE
Au sujet de la forme de la Ménora du Temple nous avons une tradition selon laquelle la forme de ses branches n’était pas en demi-cercle, comme beaucoup de dessins les représentent, mais en forme oblique. Cette tradition nous vient d’un dessin de la Ménora fait de la main même du Rambam (Maïmonide) et que l’on trouve sans son commentaire de la Michna. Ceci n’est d’ailleurs que la confirmation des propos de Rachi qui écrit lui aussi, dans une de ses exégèses dans la paracha de Terouma que les branches avaient une forme oblique. Mais c’est un autre détail du dessin qui attirera notre attention.

Chaque branche de la Ménora en or avait trois formes de coupes (en triangle sur le croquis) sculptées sur sa longueur, « Be-Alakhson » ce qui signifie « en diagonale ». Toutes les reproductions que nous connaissons représentent ces coupes dans le sens normal de leur position, c'est-à-dire avec la partie large vers le haut et la partie étroite vers le bas, comme un verre posé sur une table. Mais le Rambam a dessiné ces coupes en position inversée, comme nous le montre son dessin ! Que vient nous apprendre cette différence ?



DIFFUSER LA LUMIÈRE
Le Talmud (Mena’hot, 86b) nous enseigne que la Ménora était le témoignage que la Présence de D.ieu « réside » sur la Terre d’Israël et que la lumière, les valeurs de la Torah que véhicule le peuple juif devaient éclairer l’humanité toute entière. C’est cette idée qui se retrouve dans les branches de la Ménora. Quand un verre est posé sur une table, sa base est en bas alors que sa partie ouverte est dirigée vers le haut. Il sert alors à contenir un liquide qui désaltérera une personne qui a soif. Un tonneau ou une cruche emmagasinent un liquide pour le garder un certain temps mais quand ce liquide est transféré dans un verre, ce dernier n’a pas la fonction de contenir mais d’être vidé pour désaltérer. Il en va de même sur le plan spirituel. Pour le Rambam, les coupes étaient inversées car les lumières qu’elles contenaient (symboliquement) devaient être diffusées et non gardées. L’érudit qui est imprégné de la Sagesse de la Torah ne doit pas la garder pour lui, comme un verre posé qui ne fait que contenir un liquide mais il doit enseigner tout ce qu’il a appris à un maximum de personnes. Bien plus. Le haut des coupes était large parce que la diffusion devait se faire avec munificence en utilisant toute l’énergie de ses capacités intellectuelles et matérielles.

PRIX NOBEL
Dans la vie d’un homme il se peut « qu’une coupe soit posée sur sa base ». Parce qu’il existe une époque de l’existence durant laquelle on doit s’imprégner de connaissances et « faire le plein » de spiritualité. Mais ce n’est qu’une première étape. On doit tôt ou tard s’acheminer vers une attitude moins égocentrique et tournée vers les besoins d’autrui. Quand la coupe sera pleine, il faudra alors la vider pour transformer le monde extérieur à la Ménora. Toutefois, une précaution s’impose : la lumière d’Israël n’est pas l’abondance des prix Nobel ou le nombre prestigieux de grands hommes politiques. On ne verra pas dans ces catégories la spécificité du peuple juif. La grandeur d’Israël réside l’étude et la pratique de la Torah. Ainsi la société sera plus juste et l’humanité deviendra un espace lumineux dans lequel la Présence de D.ieu sera plus ressentie.

RAV YAACOV SPITEZKI
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SHORASHIM
Le centre pour les étudiants francophones
Université Hébraïque de Jérusalem