| Vivre avec Machia’h : Le Rabbi et le monde |
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| Magazine - Judaisme | |||
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Par Gérard Touaty
La révolution opérée par le Rabbi, depuis son accession à la tête du mouvement Loubavitch, ne concerne pas seulement l’approche de la Thora ou la relation à autrui, comme nous le savons. C’est dans le rapport de la Thora avec le monde que l’on peut réellement parler d’innovation. Avant le Rabbi, lorsqu’un cambriolage se produisait dans une maison juive, la première réaction était de vérifier l’état des serrures. Avec le Rabbi, une orientation nouvelle va voir le jour : le Rabbi va lentement ancrer l’idée qu’il faut peut être vérifier l’état des Mézouzoth pour comprendre l’origine de cet incident. A quelle idée obéit cette démarche ? Pour répondre à cette question, il faut remonter à la source de la pensée hassidique. Son fondateur, Rabbi Israël Baal Chem Tov bouleversa les fondements de la pensée juive de son époque quand il donna une nouvelle impulsion au concept de « Hachga’ha pratith » (Pouvoir divin sur chaque détail de la création). Avant le Baal Chem Tov, il était admis que la providence divine s’exerçait sur chaque détail de la vie de l’homme mais elle n’était que générale, sur les règnes minéral, végétal et animal. Le Baal Chem Tov remis alors en cause cette conception en expliquant que D.ieu intervenait sur chaque élément du monde, aussi petit soit-il, et cela jusqu’au plus petit détail de l’univers. Cela signifiait de plus, que l’ensemble de la création et tous les évènements qui s’y produisaient avaient un lien avec la divinité. La conséquence de cette option ouvrait alors une nouvelle voie dans le service de D.ieu : chaque Juif devait s’habituer à voir la Présence et l’Action divine dans chaque évènement de son existence, et à plus forte raison dans les évènements de l’histoire. En d’autres termes, ce réflexe de la pensée devenait un axe essentiel de son judaïsme. On peut comprendre à présent la démarche du Rabbi : puisque aucun élément du monde ne peut être séparé de D.ieu, la cause de la porte fracturée est à chercher dans la Mézouza, dont la fonction est de protéger l’homme chez lui et quand il sort ! En cela, le Rabbi est l’héritier par excellence de la philosophie du Baal Chem Tov. Cette conception du rapport de la Thora avec le monde s’inscrit dans le sillage de l’idée évoquée plus haut : le Machia’h est un homme de paix, celle qui concilie les options de la Thora avec la réalité du monde. Mais il y a plus. En conseillant, presque systématiquement, de vérifier l’état des Mézouzoth pour corriger un problème de santé ou une difficulté d’ordre matériel, le Rabbi établit d’une manière décisive que c’est la Thora qui détermine la marche du monde et non le contraire. En général, l’homme pense que le spirituel et le matériel sont deux mondes hermétiques l’un à l’autre et que tout ce qui touche à la religion n’a que peu d’incidence sur le monde. Cinquante ans après son accession à la tête du mouvement Loubavitch, le Rabbi a prouvé le contraire en redonnant à la Thora la place et le lustre qu’elle possède naturellement de par son origine divine. Mais ce n’est pas tout. On voit aujourd’hui des Juifs de tous milieux et bien souvent des Juifs éloignés d’une pratique orthodoxe du judaïsme, vérifier l’état de leurs Mézouzoth sans avoir reçu un conseil ou même sans parfois connaître le Rabbi. Ce point relationnel avec le Rabbi qui dépasse l’entendement est un avant goût de l’audience royale que le Machia’h aura sur tous ses sujets : un Rav établit toujours un lien personnel avec les membres de la communauté qu’il dirige, à la fois du fait de sa fonction et du fait de l’étendue réduite de son influence. Ce qui n’est pas le cas pour un roi qui exerce un pouvoir sur chaque sujet de son peuple sans pour autant que chacun d’entre eux connaisse le roi en particulier.
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