| Vivre avec Machia’h : A la fin de l’histoire |
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| Magazine - Judaisme | |||
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Par Gérard Touaty
Pin’has, le personnage central de notre paracha, est un être hors du commun, et cela, pour quatre raisons : il va commettre un acte qui va le hisser au dessus de tout le peuple. Aucune distinction morale ou spirituelle ne le prédispose à agir dans le cercle des Grands. Malgré sa place insignifiante dans la hiérarchie sociale, le Midrach va le mettre sur le même plan que le prophète Eliahou, annonciateur de la délivrance messianique. Enfin, et non des moindres, il va s’élever sans l’aide et le soutien moral…de personne. Nous avons là quatre qualités qui, loin d’être dissociables, nous renvoient à un seul concept. Mais avant de l’expliquer revenons aux faits.
La paracha précédente s’achève sur une catastrophe : une partie des Béné Israël se livre à la débauche avec les filles du peuple de Moav. Dans le même temps se déclare une épidémie (surnaturelle) qui décime des milliers d’hommes. Mais Pin’has qui n’écoute que sa foi et son courage va, au risque de sa vie, tuer Zimri, un chef de tribu, instigateur de cet état de fait. L’épidémie s’arrêtera et selon les termes du verset « la colère de D.ieu fut repoussée » comme nous le rapporte le début de notre paracha. Dépassant le cadre strictement historique de cet évènement, les commentateurs du texte biblique expliquent que les quatre données rapportées plus haut nous projettent à la fin de l’histoire, avant la venue du Machia’h. Mais il y a d’abord un fait étonnant : le Midrach rapporte que Pin’has et le prophète Eliahou ne sont qu’un seul et même personnage. Or, Eliahou est perçu par la Bible (1) comme celui qui annonce la délivrance finale. De là, on peut comprendre que les conditions de cette délivrance se retrouvent aussi chez Pin’has.
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Le Talmud (2) affirme que le Machia’h se révèle dans une génération où « le Daath est mis de côté ». Le mot hébreu Daath signifie la logique ou connaissance et avec cette affirmation talmudique, nos Maîtres nous donnent un repère quelque peu déroutant : le Machia’h ne sera pas porté et enfanté par les Grands de la génération mais par le petit peuple, ceux qui ne possèdent pas de connaissance (Daath) mais sont animés d’une foi déterminante. Comme ce fut le cas avec Pin’has : il ne se distinguait par aucune grandeur spirituelle et pourtant c’est lui que arrêta l’épidémie. Bien plus, Rachi (3) nous rapporte que lorsque Zimri justifia, devant les Grands du peuple, son acte de débauche, aucun d’entre eux ne fut en mesure de réagir ! Tous pleuraient devant le malheur qui s’étendait à tout le peuple !
Don de soi
Cette solitude (spirituelle) de Pin’has nous offre une perspective extraordinaire : le mérite de provoquer la délivrance ne dépend pas d’une quelconque érudition ou de l’appartenance à une lignée exceptionnelle. Chaque Juif, qu’il soit grand ou petit, homme ou femme, enfant ou adulte, peut déclencher le dévoilement de la lumière divine que le Machia’h apportera. Allons plus loin.
Notes (1) Mala’hi, chap. 3, verset 23
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