Vivre avec Machia’h : Un homme de D.ieu Imprimer
Magazine - Judaisme

ciel

 

Par Gérard Touaty

 

C’est dans cette paracha que nous est rapportée l’origine de l’exil d’Egypte. Il débuta avec la vente de Yossef qui « fut descendu » en Egypte. A propos du mot « descendu » (hourad en hébreu), nos Maîtres nous proposent trois explications qui nous donneront trois attitudes possibles d’un Juif confronté à l’exil.

 

Dans un premier temps, le mot « hourad » s’apparente au mot yérida qui signifie « descente ». On peut aussi le rapprocher du mot « rédia » qui signifie « domination » ou encore du verbe « horid » que l’on peut traduire par les mots « faire descendre ». Au cours de son existence, Yossef connut ces trois situations : il fut d’abord « descendu » en tant qu’esclave, soumis à un maître qui le mit ensuite en prison. Par la suite, il devint vice roi, une condition qui lui permit d’exercer une domination sur la plus grande puissance de l’époque. Cette position ne lui fit par pour autant oublier D.ieu. Bien au contraire, il fut un modèle d’intégrité au point de faire descendre l’Infini en Egypte, symbole de la dépravation la plus manifeste.

 

Une délivrance incomplète

 

On retrouve ces trois étapes dans l’histoire juive elle-même ou tout au moins dans l’histoire du peuple juif quand il fut confronté à l’exil. Dans une première approche, l’exil peut être perçu comme une condition difficile qui sera en constante opposition à la pratique du judaïsme. Le Juif sera donc amené à lutter pour affirmer sa spiritualité et ce n’est qu’au prix d’efforts considérables qu’il réussira à imposer sa lumière dans l’obscurité. La faille de cette perception tient au fait que l’exil est considéré comme une existence propre avec laquelle on doit nécessairement se mesurer. Mais ce rapport de force laissera toujours un goût amer parce que la délivrance qui s’en suivra sera toujours incomplète.
La seconde approche est beaucoup plus ambitieuse. L’exil existe, certes, mais le Juif ne le voit nullement comme un obstacle. Au contraire, il a la certitude qu’il peut imposer au monde ses convictions et que rien ne peut s’opposer à lui. Comme Yossef il possède l’allure d’un maître qui domine son environnement le plus immédiat. Toutefois, cette approche possède aussi un point faible : il suffit de quelques failles chez ce Juif pour que l’exil exerce à nouveau sur lui une pression qui le fera chuter.

 

Une lumière dans l’exil

 

La troisième approche constitue l’aboutissement de la présence du Juif en exil. Quand un Juif fait descendre la Présence de D.ieu dans le monde au point que l’on distingue chez lui la grandeur du judaïsme, l’exil n’est plus, non seulement, un obstacle mais il est transformé au point d’aider le Juif dans son service de D.ieu. C’est le degré auquel parvint Yossef et qu’il transmit à tout le peuple juif jusqu’à la fin de l’histoire, un temps durant lequel les nations donneront au peuple juif les moyens d’affirmer avec force son identité. Comme nous le voyons aujourd’hui.