| L'éditorial de Haim Nisenbaum : Souviens-toi |
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| Magazine - Editorial | |||
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Et il y a un autre «souviens-toi», celui qui s’adresse aux ennemis éternels de tout ce qui fait la société des hommes : la paix, le bonheur, la pensée libre, le respect de l’autre. Il est vrai que le peuple juif a connu bien des vicissitudes au cours de son histoire, qu’il a traversé plus souvent les torrents de la haine que les fleuves tranquilles de la fraternité. Il reste cependant toujours présent, avec sa conscience têtue et son témoignage millénaire ; il est porteur d’un message reçu au Sinaï il y a 3500 ans et il sait qu’il lui appartient de l’incarner jour après jour. Disons-le encore, il se souvient. Rien ne peut le détourner de sa route, même si elle semble longue et parfois semée d’obstacles. Il reste décidément lui-même en des temps où l’oubli paraît à certains si tentant. Il entend l’appel qui traverse les âges : «Souviens-toi.»
Se souvenir, c’est ainsi, à la fois, comme une réponse à tous les porteurs de malheur et une manière de vivre. Mais ce souvenir-là, parce qu’il est fort et réel, sait construire une mémoire ouverte, une richesse pour tous les hommes, aux antipodes de ceux qui veulent détruire ce qui ne leur ressemble pas. «Souviens-toi» résonne ainsi comme un appel à la vie. Et celle-ci est belle de toutes les voix humaines qui en constituent ensemble la grande musique. Ce n’est pas en vain que le peuple juif est aussi celui du souvenir. Pour la vie.
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