De puissantes explosions ont ébranlé les environs de Damas dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 mai, provoquées, selon la télévision publique syrienne, par des tirs de roquettes israéliennes contre un site militaire proche de la capitale. L'attaque aurait visé le centre de recherches scientifiques de Jamraya, précise l'agence officielle syrienne Sana.
"L'agression israélienne vise à desserrer l'étau sur les terroristes dans la Ghouta de l'Est", une région dans la banlieue proche de Damas, a dénoncé la télévision locale. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de l'opposition, rapporte pour sa part des récits de témoins affirmant avoir vu des avions dans le ciel au moment des explosions. D'après l'organisation, les frappes prenaient pour cible le centre de Jamraya mais aussi un dépôt de munitions voisins. D'autres militants ont estimé qu'une brigade et deux bataillons de la Garde républicaine auraient pu également avoir été visés.
Si la responsabilité israélienne se confirme, il s'agira de la deuxième opération menée en quelques jours par l'Etat hébreu contre la Syrie. Des responsables israéliens ont confirmé samedi sous le couvert de l'anonymat l'information donnée par la chaîne américaine CNN selon laquelle l'armée de l'air avait frappé jeudi ou vendredi le territoire arabe. D'après des médias américains, l'objectif était une cargaison de missiles iraniens sol-sol à destination du Hezbollah libanais, allié de la Syrie et de l'Iran.
LE CENTRE DE RECHERCHE DÉJÀ VISÉ
Israël n'a pas officiellement validé ces assertions, se bornant à répéter qu'il surveillait le transfert d'armes au mouvement chiite. Interrogé, le porte-parole du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, Mark Regev, s'est refusé à tout développement.
L'Etat hébreu, qui a mené en 2006 une guerre éclair contre le Hezbollah, considère toujours le mouvement comme une menace pour sa sécurité. Israël redoute également, en cas de renversement de Bachar Al-Assad, que les combattants islamistes ne retournent leurs armes contre lui, en particulier sur les hauteurs du plateau du Golan syrien, annexé en 1967.
Le 29 janvier, l'Etat juif s'était déjà livré à des frappes aériennes contre un convoi de camions transportant des armements dans la zone frontalière entre la Syrie et le Liban, selon plusieurs sources de sécurité israéliennes et américaines, citées par la presse israélienne et étrangère. Le régime de Damas avait alors également évoqué une attaque contre le centre de recherche de Jamraya.