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“La métamorphose” le compte du Omer : l’union de l’âme animale avec Or ein sof
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Écrit par www.hassidout.org   
Lundi, 16 Mai 2016 08:36

rav-yaakov-abergelpar le Rav Yaakov Abergel

 

Le Rabbi explique dans son discours  “Vé Atah tètsaveh”  que le dévoilement de D.ieu est ce qu’un juif désire le plus profondément. Ce qui le touche au plus profond de son être et  ce à tel point qu’il est malade et que rien ne peut le guérir tant que la 50 ième porte de la Connaissance n’a pas été dévoilée, car cette porte s’ouvre sur le dévoilement de D.ieu, de Sa Torah nouvelle par l’intermédiaire du Machia’h. C’est la raison donnée par le Rabbi pour laquelle la valeur numérique du mot ‘malade’ est égale à 49. L’allusion est claire, car ce chiffre exprime qu’il manque à chaque enfant d’Israël une seule porte pour parvenir à la perfection de l’âme et du monde.

 

Le compte des 50 jours du Omer est lié à l’accession à cette cinquantième porte. La ‘hassidouth nous enseigne que le chiffre 49 désigne les qualités de l’âme. L’âme divine possède 7 attributs et chacun de ces attributs inclut en lui-même les 7 attributs (7 fois 7 qui font au total 49). “D.ieu créa chaque chose et son contraire” (Kohélèth, 7, 14) et ce compte est aussi vrai pour l’âme animale car celle-ci possède 7 attributs et chacun de ces attributs inclut en lui-même les 7 attributs. Le compte du Omer représente donc la transformation de l’âme animale qui au départ constitue un obstacle à notre perceptivité du divin. Pourquoi un obstacle? La raison est donnée par le Rabbi Rachab (la Source, chapitre 2). Il explique en effet qu’avant de pécher Adam possédait déjà un Yétsère Hara. Le Talmud (Bérakhot, 61a) dit qu’Adam fut créé avec deux Yétsère, deux ‘impulsions’. Cependant, la perceptivité spirituelle était alors si prédominante en Adam qu’il était insensible aux désirs insignifiants de l’âme animale (aux choses de la nature). Il était alors trés sensible aux choses divines et tout son intérêt portait sur le divin, grâce aux forces intellectuelles de l’âme divine qui rayonnaient manifestement en lui-même.  Aprés le péché, le changement fut radical et sa sensibilité ‘naturelle’ s’intensifia et l’homme devint alors pleinement soumis à l’attirance du monde matériel. Il sent profondement chaque phénomène naturel et physique, et de cette sensibilité aux choses matérielles résulte la diminution de la perceptivité divine pour reconnaitre et sentir ce qui est le bien véritable pour lui.

 

Dans le discours: “Et vous compterez pour vous”qu’il prononça Lag ba Omer 5711, le Rabbi explique que pendant le compte du Omer nous devons raffiner tous les composants de tous les attributs de l’âme animale au moyen des composants des attributs de l’âme divine.

L’attribut de ‘hessed par exemple (la bonté) de l’âme divine inclut en lui-même les 7 attributs. ‘Hessed représente l’amour de D.ieu.

‘Hessed ché ba ‘hessed (la bonté qui est dans la bonté) convient à l’homme qui ressent de l’amour vis à vis de celui qui se consacre à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsoth avec la crainte de D.ieu. Plus encore l’amour que cet homme ressent pour D.ieu le pousse à accomplir les commandements divins avec empressement.

Gvurah ché ba ‘hessed (la rigueur qui est dans la bonté) convient à celui qui de par son amour pour D.ieu parvient à détester ceux qui s’opposent à Lui.

Tiférèth ché ba ‘hessed (la beauté qui est dans la bonté) convient à celui est éblouit face à la bonté. Devant un homme qui étudie la Torah et accomplit les Mitsvoth avec un coeur enflammé, il est ébloui par la beauté de la Torah et des Commandements et à quel point celle-ci peut toucher un homme.

Nètsa’h ché ba ‘hessed(l’attribut de la victoire qui est dans la bonté) convient à celui qui de par son amour pour D.ieu combat tous les obstacles extérieurs et tous ceux qui l’empêchent de Le servir.

    

Hod ché ba ‘hessed (la splendeur qui est dans la bonté) convient à celui qui doit faire face à des obstacles extérieurs qu’il n’a pas la force de combattre, mais qui grâce à son amour pour D.ieu parvient à lutter avec lui-même afin de se débarasser de tout ce qui s’opposait à sa victoire.

Yéssod ché ba ‘hessed (le fondement qui est dans la bonté) convient à celui qui pour une raison ou pour une autre ne ressent plus de désir pour accomplir la Volonté de D.ieu mais qui par amour pour D.ieu s’attache à Lui de toute son âme au point qu’il finit par réveiller le désir profond de son âme de se lier à Lui, à Sa Torah et à Ses commandements.

Malkhouth ché ba ‘hessed (la royauté qui est dans la bonté) convient à celui qui aime D.ieu et qui est lié à Lui au point que toutes ses pensées toutes ses paroles et tous ses actes sont exclusivement reservés à la Torah et aux Mitsvoth.

Ainsi qu’il a été dit, l’âme animale possède 7 attributs et chacun de ces attributs inclut en lui même les 7 attributs. Aussi, l’attribut de ‘hessed de l’âme animale inclut en lui les 7 attributs.

‘Hessed ché ba ‘hessed de l’âme animale s’applique à celui dont l’amour pour les choses matérielles s’exprime dans une attirance et un désir non-dissimulés.

Gvurah ché ba ‘’hessed s’applique à celui dont l’amour et le désir pour le matériel sont forts au point qu’il ne peut supporter,  et qu’il déteste, celui qui s’y oppose en lui disant qu’il ne convient pas de s’investir dans des sujets qui sont indignes d’un homme.

Tiféreth ché ba ‘hessed s’applique à celui qui en plus de la forte attirance qu’il a pour les sujets matériels éprouve à leur égard de l’émerveillement, et en conçoit de l’orgueil et de la passion.

Nétsa’h ché ba ‘hessed s’applique à celui qui pour une raison ou pour une autre  n’éprouve plus d’attirance pour le matériel et qui malgré cela obtient la victoire sur lui-même pour parvenir à nouveau à rallumer le feu éteint de sa passion.

Hod ché ba ’hessed s’applique à celui qui, lorsque certains de l’extérieur s’opposent à lui en lui disant: “Comment un juif, fils d’Avraham d’Itz’hak et de Yaakov peut-il se perdre dans des sujets aussi bas, et plus encore faire des choses interdites?” n’hésite pas à les contrer afin que rien ne puisse contrarier son plaisir.

Yéssod ché ba ’hessed désigne l’attachement aux plaisirs matériels, et lorsque cet attachement est fort au point que toutes ses pensées ses paroles et ses actes sont consacrés à ces plaisirs grossiers, et ce au point qu’il finit même par transgresser la parole divine, alors il s’agit de malkhouth ché ba ‘hessed de l’âme animale.

Nous devons comprendre que lorsque nous accomplissons la Mitsvah du compte du Omer de manière profonde nous faisons un travail sur notre âme animale au point de retourner à notre état premier: C’est à dire que nous intensifions notre perceptivité spirituelle et devenons insensibles aux  plaisirs grossiers et dénués de divin   de ce monde physique.

Cet état premier est aussi celui des enfants d’Israël lorsqu’ils reçurent la Torah. Il est écrit, en effet, qu’au moment du don de la Torah le peuple juif “vit les voix”. L’explication au fait de voir ce que naturellement nous entendons est que les enfants d’Israël retournèrent à l’état premier. C’est à dire que leur perceptivité du divin l’emportait sur leur conscience du monde matériel. La ‘hassidouth met souvent l’accent sur le fait que la vision est plus elevée que l’audition. Une chose que l’on voit avec nos yeux nous apparaît avec plus de clarté que si nous entendions la description de cette chose de la bouche d’une personne.  Lors du don de la Torah le contraire fut vrai. Les juifs virent ce que l’on perçoit habituellement comme une chose que l’on entend et qui n’apparaît donc pas à notre esprit avec clarté. Leur perceptivité du divin surpassait leur perception du monde matériel. Ils voyaient véritablement le divin (habituellement caché) et ne faisaient “qu’entendre” le monde matériel qui s’effacait à leur yeux face au divin qui l’anime.

Lorsque nous accomplissons la Mitsvah du compte du Omer de manière profonde, il ne s’agit pas d’affaiblir la force du désir de notre Yétsère Hara et de notre âme animale, mais au contraire de l’utiliser et de la détourner des choses de la nature vers les choses divines.

C’est à cela que se rapporte la déclaration selon laquelle “de mon corps je verrais D.ieu”. L’âme animale s’habille dans Le corps, et lorsque l’on raffine l’âme l’animale le corps devient pur et un réceptacle de la lumière de l’essence divine. Plus rien n’interdit la révélation et la perception du divin car la lumière de l’essence divine ne se heurte plus à la matière de l’âme animale qui s’opposait jusqu’alors au divin. Au contraire, l’âme animale devient elle aussi divine comme il est sous-entendu dans l’expression: ‘la nuit (l’âme animale ) brillera comme le jour (l’âme divine)’.

C’est également à tout celà que se rapporte l’enseignement du Rabbi dans le Hayom Yom du 29 Adar chéni 5703: ‘D.ieu créa le monde et toutes les créatures matérielles à partir du néant. Les Juifs, par contre, doivent transformer la matière en néant, en faire du spirituel. Transmuter la matière en esprit, faire qu’elle soit un réceptacle pour la divinité est une obligation qui incombe à tous. Chacun en particulier y est astreint’.

“Transformer la matière en néant” signifie transformer la matière de l’âme animale, c’est à dire combattre l’attirance de l’âme animale pour les désirs grossiers et matériels afin que l’âme animale finisse par désirer le divin. Ainsi, c’est bien par le travail du compte de l’Omer que l’on parvient à “Transmuter la matière (du corps) en esprit, faire qu’elle soit un réceptacle pour la divinité”.

A la lumière de tout ce qu’il vient d’être dit nous comprendrons l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel la 50ième porte de la Connaissance représente l’union entre le Néant (Aïn) et l’Existence (Yèch) (Likoutei Torah, Brakha, page 97).

Le compte du Omer aboutit au dévoilement de l’essence divine par la révélation de cette cinquantième porte. Il permet d’unir l’âme animale à la lumière de l’Ein Sof béni afin que cette lumière puisse se révéler pleinement, dans les pensées les paroles et les actes des enfants d’Israël.

Dans son discours intitule “Vé atah tètsavéh” (“Et tu ordonneras aux enfants d’Israël”) le Rabbi met l’accent sur le fait que la révélation de l’essence de l’âme n’est possible que par l’action de Moché (du Rabbi) du fait qu’il est celui qui “unit les enfants d’Israel avec Or ein sof”

Il y a une allusion à cet enseignement dans les mots même du verset: “Vé atah tètsavéh èth bneï Israël”. La partie profonde de la Torah nous enseigne que le nom divin de Mah représente l’esprit et que le nom divin de Ban représente le corps, la matière.

Or, Bneï * contient les lettres du nom Ban et par ailleurs, la ‘hassidouth nous enseigne que le nom Israëlcorrespond au niveau de Mah.

Ainsi les mots de l’expression:“Vé atah tètsavéh eth bneï Israël” sont eux-même une allusion au faitquele Rabbi unit le corps (Ban) à l’esprit (Mah) et quil permet la révélation de l’essence divine dans le corps et dans le monde.

*le Youde supplémentaire est une allusion aux dix forces de l’âme du fait que la valeur numérique du Youde est égale à 10.

 
 

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