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AU-DELA DE LA FOLIE
L’adultère est un sujet qui tient une place très importante dans la Parachat Nasso.
Pour les Rabbins du Talmud (Sota, 3a) l’adultère et en général les fautes ont pour origine ce que nous pourrions appeler « un vent de folie ». Subitement, un individu perd le contrôle de lui-même pour ne donner à son intellect qu’une place dérisoire. Tout ce qui faisait sa grandeur est alors rejeté à un niveau plus bas que celui de l’animal. Pourtant, certains « vents de folie » ont des vertus bien efficaces…
Le Talmud (Ketouvot,17a) nous rapporte que Rav Shmouel bar Rav Its’hak dansait devant les mariées avec 3 branches de Hadass ,des feuilles de myrte. A première vue, cette attitude avait de quoi surprendre. C’est ce qu’un autre grand Maître, Rabbi Zéra, exprime quand il affirme que Rav Shmouel faisait honte aux érudits de la Tora. Toutefois quand Rav Shmouel quitta ce monde, une colonne de feu le sépara du reste des êtres humains, preuve qu’il était unique par sa grandeur dans sa génération. Rabbi Zéra déclara alors : « C’est sa folie qui lui vaut cette faveur ».
LE VEAU D’OR
Cette attitude vient poser en filigrane un débat essentiel. Quelle est la place de la raison dans notre relation avec D.ieu. Pour certains la Raison est le critère incontournable de la vérité. Selon eux, tout ce que l’homme ne peut comprendre est à écarter. D.ieu ne veut Il pas que nous comprenions le sens de notre étude ? Et effectivement, la mitsva de l’étude de la Tora consiste à comprendre ce que nous étudions. Mais vivre pleinement son judaïsme ce n’est pas seulement comprendre c’est aussi aimer avec ferveur D.ieu. Celui qui ne cherche qu’à comprendre va lentement se construire une vision étriquée de la Tora, une conception d’un D.ieu réduit aux limites de sa logique. Rappelons-nous. Il y a là une forme très subtile d’idolâtrie qui rappelle la faute du veau d’or. Lors de cette dérive, le peuple demanda à Aaron « Fais nous une divinité qui marche devant nous… ». C'est-à-dire avec nos repères, notre logique, nos balises spirituelles qui sont à notre échelle, « devant nous ». Cette attitude risque de nous faire oublier D.ieu. Le Judaïsme devient alors froid comme la raison et peut conduire l’homme vers « la folie qui est à l’origine de la faute ».
« NORMALITÉ »
Comment se prémunir de cette dérive? En opposant à cette « folie », une autre « folie ». Celle de la sainteté où l’homme dépasse les limites de la raison pour chercher D.ieu bien au-delà de la « normalité ». A l’instar de Rav Shmouel bar Rav Its’hak qui dansait par amour de la mitzva, même si son attitude dépassait les normes de la respectabilité. Comprendre la Tora se fonde sur une attitude logique et cet impératif est au centre de la vie juive mais il n’est que le moyen pour nous projeter vers l’Infini ; pour comprendre que, en fait, on ne peut pas tout comprendre. Dans l’éducation d’un enfant, cette option est plus que vitale. Enseigner à l’enfant un attachement à D.ieu au moyen de l’enthousiasme et le feu de la mitsva est le meilleur moyen d’ancrer en lui l’amour du Créateur qui transcende toutes les limites. RAV YAACOV SPITEZKI = 054 23 99 791
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