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Par Gérard Touaty
L’une des innovations qu’apportera le Machia’h sera la pleine conscience de l’existence de D.ieu. Aucun homme, aucun lieu ne pourra ignorer cette donnée car selon les mots du prophète Yéchaya, rapportée par le Rambam « …la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu… ». Cette plénitude spirituelle peut déjà être perçue chez le Rabbi qui s’attache toujours à développer une conception globalisante et unificatrice de la Thora. Globalisante parce que ses discours embrassent en un seul flot, toutes les parties de la Thora. Pour expliquer un concept du judaïsme, le Rabbi fera presque constamment appel à une variété étendue de textes du judaïsme. Il citera aussi bien la Thora, le Talmud, le Midrach, le Code de lois que les commentateurs classiques et les grands Maîtres de la Hassidouth, le tout dans un même élan, pour bien souvent ne commenter qu’une seule idée. Mais il y a plus. En filigrane, on retrouvera le concept d’unité quand le Rabbi montrera systématiquement que ces différents textes convergent vers une donnée unique.
En d’autres termes, la richesse de ses discours n’est pas un étalage de connaissances mais la volonté de prouver que la Thora est Une, en dépit de ses différentes composantes. Dans le même ordre d’idées, on remarque chez lui une détermination récurrente à tenir compte de chaque détail des textes étudiés. Ainsi, chaque élément, d’une histoire ou d’une citation, aussi petit soit-il, est porteur d’un enseignement. Dans de nombreux discours, il s’attachera à prouver qu’un « etc. » de Rachi n’est pas un raccourci. Il vient apporter un supplément de compréhension dont le Rabbi s’emploiera à démontrer l’importance. Mieux encore. Le simple fait que Rachi cite l’auteur d’une citation n’est pas une figure de style. Pour le Rabbi chaque mot de Rachi vaut son pesant d’or et donc, le nom cité devra apporter un éclairage nouveau dans la compréhension du commentaire. En fait, cette démarche intellectuelle touche à toutes les parties de la Thora. Qu’il s’agisse du Midrach du Talmud ou du Code de lois, le Rabbi applique la même pédagogie : donner aux mots des textes de la tradition une importance (d’origine divine) qui sera chaque fois déterminante pour comprendre la portée d’une idée. Rajoutons encore deux points. Ce souci extrême du détail est, incontestablement, une voie royale pour renforcer notre crainte de D.ieu. Quand on constate, avec émerveillement, que chaque mot de la Thora, du Talmud ou d’un écrit ultérieur est pesé et soigneusement choisi et qu’il participe d’une architecture générale du plan divin, notre approche de la Thora en est complètement changée ! C’est ce que se fixe comme ambition la Thora du Rabbi : implanter en nous un attachement profond à D.ieu, notamment par l’étude de la Hassidouth, afin de prendre conscience de l’urgence du moment.
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