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Par Gérard Touaty
Après les attentats
On connait le merveilleux commentaire du Rabbi sur le passage du Talmud qui raconte les derniers instants de la vie terrestre de Rabbi Yo’hanane Ben Zakaï (1). Sur son lit de mort, il se demanda vers quel chemin, il serait conduit, le Gane Eden ou le Guéhinom ? Comment, s’étonne le Rabbi, un géant du peuple juif comme Rabbi Yo’hanane, pouvait-il se poser une telle question ? C’est qu’en fait, explique t-il, Rabbi Yo’hanane se consacra toute sa vie à la Thora, dans l’étude comme dans l’enseignement, sans accorder le moindre instant à sa personne. Et quand à la fin de sa vie, il pense à lui, la question qu’il se pose est légitime : entièrement dévoué à sa mission, il ne pensa jamais à son propre devenir. C’est juste au moment où sa mission s’achève qu’il s’inquiète de son sort.
L’équilibre du monde
C’est à partir de ce modèle de vie que l’on doit réfléchir pour orienter notre existence. En 1992, le Rabbi nous a confié la prodigieuse mission de préparer le monde à l’accueil du Machia’h. Imaginons un instant l’ampleur de cette mission : nous préparer, préparer notre entourage, préparer des Juifs éloignés et préparer des non Juifs à l’ultime purification du monde ! La tâche est gigantesque. De ce fait, est-il possible de s’occuper d’autre chose ? Il est vrai que la déstabilisation du monde par les forces du Mal a de quoi inquiéter celui qui passe son temps dans les vanités et les plaisirs du monde. Le voilà subitement dérangé dans son égoïsme ! Mais quand on comprend la gravité du moment, quand on comprend que l’équilibre du monde est entre nos mains, chaque seconde est précieuse. Non seulement, parce que tout dépend de nous pour amener le monde à son accomplissement final, mais aussi pour éradiquer le Mal.
Un indice
Dès lors l’agitation qui gravite autour de nous, ne doit pas affecter notre investissement dans cette mission. Et pour cela, chacun est en mesure d’apporter sa contribution et personne ne peut se dérober à cette tâche : par l’écrit, par la parole ou par l’argent, qu’il s’agisse d’un grand, d’un petit, d’un homme, d’une femme ou d’un enfant, tout le monde est concerné et possède les moyens de déclencher la délivrance. Bien plus, ce Mal qui cherche à s’imposer par tous les moyens doit être un repère pour nous : l’indice qu’il reste encore des manques dans notre mission qui permettent à l’obscurité d’imposer sa présence. Alors gardons en tête l’exemple de Rabbi Yo’hanane ben Zakaï qui mit de côté sa propre existence pour celle de son peuple. Terminons avec les mots du Rabbi, qu’il prononça le chabbath de la parachath Kora’h en 1991 et qui constitue, sans aucun doute la clef de l’apaisement des tensions mondiales : « …Que diront les Nations du monde, quand ils verront un Juif occupé à diffuser les sources de la ’Hassidouth et mettre tout en œuvre pour précipiter l’avènement de la délivrance…..Le Juif ne doit il pas tenir compte de l’opinion du monde ? La réponse à cette question est la suivante : le monde est prêt pour la délivrance ! Et quand le Juif fera son travail comme il se doit, en allant au-delà de ses limites, tout en restant dans le cadre naturel du monde, il verra comment les Nations et le monde lui-même l’aideront dans sa tâche… ». Gérard Touaty
Notes (1) Likouté si’hoth, tome 16, quatrième si’ha de Michpatim
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