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Par Gérard Touaty
C’est avec notre paracha que débute le récit des plaies d’Egypte qui mettront un terme à l’esclavage des Enfants d’Israël. Mais un autre point de cette paracha, tout à fait singulier, intéresse de nombreux commentateurs : le silence de Moché (Moïse) ou tout au moins, sa difficulté à délivrer un message verbal. Cette donnée relationnelle est au cœur de la délivrance puisqu’elle affecte celui qui organise la sortie d’Egypte. Force est donc d’admettre que le silence est lié avec la délivrance. C’est ce que nous tenterons de comprendre au cours de notre étude.
A propos du silence, un proverbe hassidique affirme que le vrai sage n’est pas celui qui se tait parce qu’il n’a rien à dire mais c’est celui qui a des choses à dire et qui malgré tout ne sortira que très peu de paroles de sa bouche. Le véritable silence est donc la capacité à imposer à sa bouche des limites qui feront office de tri des pensées qu’il veut verbaliser. De ce fait, un érudit se distinguera par sa disposition à ne dire que des mots soigneusement pesés et réfléchis pour un but bien précis. C’est le sens d’une Michna des Pirké Avoth qui nous dit que le silence est une protection pour la sagesse.
Jusque là, nous avons développé le concept du silence dans son acception classique, c'est-à-dire quand un homme décide de travailler sa nature pour donner à sa parole un statut élevé. Et c’est là, incontestablement, une option digne d’éloge. Mais le silence de Moché se situe à un autre niveau.
Devant l’Infini
Quand D.ieu lui demanda de parler au Pharaon, il voulut décliner cette mission en prétextant qu’il avait une bouche lourde. Que signifie, sur un plan profond, l’idée de « bouche lourde » ? Lorsque la Thora nous donne une définition de l’homme, elle nous dit que c’est un être parlant. Le pouvoir de parler d’une manière intelligible appartient exclusivement à l’homme. Par ce mode d’expression, il révèle sa nature essentielle. On peut donc dire quelque part, que la parole est un outil qui peut conduire l’individu à l’orgueil puisqu’en parlant, il affirme hautement sa distinction par rapport au reste de la création. Ce risque existe dans un cadre naturel mais quand, devant l’homme, se révèle l’Infini par un miracle ou (comme pour Moché) par un message divin, la parole devient impossible. C’est ce qui se produisit chez Moché, le plus grand des prophètes. Sa bouche devint « lourde », c'est-à-dire incapable de sortir avec aisance le moindre mot : devant l’Infini, la parole (source d’orgueil) n’a plus d’existence. C’est cette humilité qui rendit possible la délivrance.
Un buisson en feu
En tenant compte de cette idée, il nous sera possible de comprendre un commentaire de Rachi d’un verset de la parachath Chémoth au sujet du buisson qui brûlait sans se consumer. Quand Moché découvrit cette vision extraordinaire, il dit alors « …je m’éloignerai et je verrai (mieux)… ». Rachi ajoute les mots suivants : je m’éloignerai de l’endroit où je me trouve pour me rapprocher. Ces mots de Rachi sont étonnants. Comment peut-on se rapprocher en s’éloignant ? La réponse s’inscrit dans le sillage de notre première idée : ce n’est qu’en s’éloignant, en se mettant en retrait (qui est une forme d’humilité) que l’on peut se rapprocher de D.ieu. C’est sur ce mode que peut se construire la délivrance messianique. Quand les hommes mettent de côté (en retrait) leurs désirs personnels et parfois égoïstes au profit d’un idéal spirituel élevé, ils créent alors toutes les conditions pour l’émergence du Machia’h.
Chimchone
Vivre avec Machia’h
Une délivrance sans voix
C’est avec notre paracha que débute le récit des plaies d’Egypte qui mettront un terme à l’esclavage des Enfants d’Israël. Mais un autre point de cette paracha, tout à fait singulier, intéresse de nombreux commentateurs : le silence de Moché (Moïse) ou tout au moins, sa difficulté à délivrer un message verbal. Cette donnée relationnelle est au cœur de la délivrance puisqu’elle affecte celui qui organise la sortie d’Egypte. Force est donc d’admettre que le silence est lié avec la délivrance. C’est ce que nous tenterons de comprendre au cours de notre étude.
A propos du silence, un proverbe hassidique affirme que le vrai sage n’est pas celui qui se tait parce qu’il n’a rien à dire mais c’est celui qui a des choses à dire et qui malgré tout ne sortira que très peu de paroles de sa bouche. Le véritable silence est donc la capacité à imposer à sa bouche des limites qui feront office de tri des pensées qu’il veut verbaliser. De ce fait, un érudit se distinguera par sa disposition à ne dire que des mots soigneusement pesés et réfléchis pour un but bien précis. C’est le sens d’une Michna des Pirké Avoth qui nous dit que le silence est une protection pour la sagesse.
Jusque là, nous avons développé le concept du silence dans son acception classique, c'est-à-dire quand un homme décide de travailler sa nature pour donner à sa parole un statut élevé. Et c’est là, incontestablement, une option digne d’éloge. Mais le silence de Moché se situe à un autre niveau.
Devant l’Infini
Quand D.ieu lui demanda de parler au Pharaon, il voulut décliner cette mission en prétextant qu’il avait une bouche lourde. Que signifie, sur un plan profond, l’idée de « bouche lourde » ? Lorsque la Thora nous donne une définition de l’homme, elle nous dit que c’est un être parlant. Le pouvoir de parler d’une manière intelligible appartient exclusivement à l’homme. Par ce mode d’expression, il révèle sa nature essentielle. On peut donc dire quelque part, que la parole est un outil qui peut conduire l’individu à l’orgueil puisqu’en parlant, il affirme hautement sa distinction par rapport au reste de la création. Ce risque existe dans un cadre naturel mais quand, devant l’homme, se révèle l’Infini par un miracle ou (comme pour Moché) par un message divin, la parole devient impossible. C’est ce qui se produisit chez Moché, le plus grand des prophètes. Sa bouche devint « lourde », c'est-à-dire incapable de sortir avec aisance le moindre mot : devant l’Infini, la parole (source d’orgueil) n’a plus d’existence. C’est cette humilité qui rendit possible la délivrance.
Un buisson en feu
En tenant compte de cette idée, il nous sera possible de comprendre un commentaire de Rachi d’un verset de la parachath Chémoth au sujet du buisson qui brûlait sans se consumer. Quand Moché découvrit cette vision extraordinaire, il dit alors « …je m’éloignerai et je verrai (mieux)… ». Rachi ajoute les mots suivants : je m’éloignerai de l’endroit où je me trouve pour me rapprocher. Ces mots de Rachi sont étonnants. Comment peut-on se rapprocher en s’éloignant ? La réponse s’inscrit dans le sillage de notre première idée : ce n’est qu’en s’éloignant, en se mettant en retrait (qui est une forme d’humilité) que l’on peut se rapprocher de D.ieu. C’est sur ce mode que peut se construire la délivrance messianique. Quand les hommes mettent de côté (en retrait) leurs désirs personnels et parfois égoïstes au profit d’un idéal spirituel élevé, ils créent alors toutes les conditions pour l’émergence du Machia’h.
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