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Par Gérard Touaty
La majorité de la parachath Béhar est consacrée à la mitzva de la Chémita qui consiste à donner un repos total à la terre tous les sept ans. Pour les maîtres du Talmud, il existe un rapport étroit entre cette mitzva et la délivrance messianique.
Rav Kétina déclare : le monde durera six millénaires et au septième, il sera détruit. Puis, pour asseoir ses propos, il cite un texte du prophète Yéchaya : « ….D.ieu seul sera grand en ce jour » (1). On peut lire, ici, un rapport entre la Chémita et le septième millénaire, poursuit le Talmud : de même que la septième année est une année d’abandon de la terre, de même le septième millénaire sera un temps où l’existence du monde sera abolie. Il est important de préciser que cette annulation du monde n’est pas à comprendre dans un sens de disparition. Ce septième millénaire sera, en fait, comme une sorte de transition vers un monde nouveau plus haut que le précédent. Durant ce millénaire, les Justes auront des ailes et planeront au dessus des eaux en attente d’un monde nouveau (2).
Comme des graines
Au sujet de la Chémita, le texte nous dit que durant six ans on ensemencera son champ et que la septième année on ne le fera pas. Cette action peut aussi être comprise sur un plan spirituel. Il est expliqué, en effet, dans de nombreux textes que la pratique des mitzvoth est comparée à l’ensemencement d’un champ. La graine déposée dans la terre n’a pas de vie, de goût, d’odeur. Même son aspect est insignifiant. Puis avec le temps, la pluie et l’action de la terre, un arbre va pousser et porter des fruits bons et agréables. Que s’est il passé ? La graine contient en elle une force, qu’à l’œil nu, personne ne peut voir. Grâce à l’action convergente de différents éléments, cette force va se révéler et produire un résultat sans aucune commune mesure avec la graine initiale. Il en est de même pour les mitzvoth qui sont bien souvent des gestes très simples dont le contenu n’a, de prime abord, rien d’extraordinaire. Quand nous les accomplissons nous déposons des graines dans notre existence sans réaliser la puissance qu’elles détiennent en elles. Mais nous verrons plus tard dans le monde futur la grandeur que chacun de ces gestes contenait en lui.
Une lumière infinie
On peut comprendre, à partir de là, la réponse que la Thora nous donne à la question qu’un Juif pourrait se poser : Que mangerons nous la septième année si l’on ne peut pas semer et rentrer nos récoltes ? Vous mangerez de l’ancienne récolte, répond le texte (3). Le mot « ancienne », expliquent nos Maîtres, fait référence à l’ancienne lumière. Le septième millénaire verra la révélation d’une lumière infinie, une ancienne lumière comme celle qui existait avant que le monde ne soit créé. Notre pratique des mitzvoth révèlera, avec la venue du Machia’h (le Messie), la puissance de nos bonnes actions et leur impact sur le monde. A nous de le comprendre avant qu’il ne vienne.
Notes
(1) Traité Sanhédrine p. 97a (2) Traité Sanhédrine p. 92b (3) Vaykra, chap. 25, verset 22
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