 Gilles Bernheim devient officiellement Grand rabbin de France
Gilles Bernheim, Grand rabbin de France, a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions dimanche au cours d'une cérémonie à la synagogue de la rue de la Victoire (IXe arrondissement), entouré de quelque 1.800 personnes serrées dans les travées de l'édifice. Très applaudi quand il est monté à la tribune, le Grand rabbin a dit sa "responsabilité à l'égard de la communauté juive et à l'égard de la communauté nationale". La communauté juive, a-t-il déclaré, ne doit pas renoncer à ses traditions mais ne doit pas ignorer les problèmes du temps, et il a souhaité former des rabbins capables d'aider les membres de la communauté à "être juifs et citoyens". Rappelant son "indéfectible" soutien à Israël, il a évoqué le conflit à Gaza, y voyant "une guerre entre Israël et le Hamas". Il a dit "penser aux victimes de cette guerre, israéliennes et palestiniennes", et invité les "fidèles de toutes les religions à construire leur fraternité dans ce pays quelles que soient leurs opinions sur ce conflit". Avant lui, Joël Mergui, président du Consistoire central, avait souligné sa volonté de travailler avec Gilles Bernheim pour que "chaque juif, quelle que soit sa pratique, se sente concerné par l'action du Consistoire". Lui aussi a fait une allusion à l'actualité, en l'occurrence aux propos de l'évêque intégriste Richard Williamson, déclarant que "le négationnisme doit être condamné sans discussion". L'essentiel des discours était marqué par un désir évident de tourner la page après la campagne très tendue pour l'élection du Grand rabbin. Le sortant, Joseph Haïm Sitruk, a rappelé qu'il connaissait et appréciait Gilles Bernheim "depuis les pentes de ski", quand ils étaient tous deux animateurs de groupes de jeunes. Gilles Bernheim lui a rendu hommage, soulignant son "exceptionnel charisme". A l'issue de la cérémonie, rythmée par les interventions des cantors (chanteurs attachés à la synagogue), le Grand rabbin ashkénaze d'Israël Yona Metzger a donné sa bénédiction à Gilles Bernheim, puis ont été dites les prières "pour la République" et "pour Israël", en hébreu puis en français. Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur chargée des Cultes, y assistait, ainsi que le ministre du Budget Eric Woerth, et une dizaine de parlementaires. Les propos négationnistes tenus par Mgr Richard Williamson Le Grand rabbin de France, Gilles Bernheim, et le président du Consistoire central, Joël Mergui, ont qualifié dimanche dans une déclaration commune d’"abjects" les propos négationnistes tenus par Mgr Richard Williamson et appelé à un renforcement du dialogue entre les religions. Au-delà de la condamnation de ces propos, "nous souhaitons que le dialogue entre les religions se renforce dans la continuité du Concile Vatican II et dans l’esprit de +nostra aetate+ (document papal sur le dialogue interreligieux, NDLR)", déclarent-ils dans ce texte diffusé dimanche à l’issue de la cérémonie d’investiture du Grand rabbin de France à la synagogue de la rue de la Victoire à Paris (IXe). "En ces périodes de conflit, de crise, de misère, nous avons tous besoin en France de religions qui dialoguent, qui appellent à la paix et qui se battent contre les actes racistes, antisémites et antimusulmans", ajoutent-ils. %20(Custom).JPG)
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