|
FRANCE - Banlieues -
Aubervilliers
|
|
Mardi, 14 Juillet 2009 14:36 |
Voici l’histoire d’un Séfer Torah racheté à l’Institut Yad Vachem (institution centrale destinée à collecter et à immortaliser les événements de la Shoah) telle qu’elle a été rapportée par celui qui l’a offert à Yad Vachem. « Comme des millions d’autres malheureux Juifs, mon père fut raflé et envoyé dans le camp d’extermination dont le nom à lui seul faisait trembler : Bergen Belsen Par chance pour lui, les Nazis avaient besoin d’esclaves et, comme il était capable de travailler, il ne fut pas tué de suite mais condamné à travailler de façon inhumaine. Chaque jour, il devait, horrifié, assister à l’extermination massive de milliers de Juifs conduits sans ménagement comme des troupeaux à l’abattoir vers les chambres à gaz, que D.ieu venge leur sang ! Son cœur versait des larmes de sang à la vue des scènes atroces qui se produisaient continuellement. Un jour, alors qu’un groupe de Juifs passait près de lui sous une lourde escorte de soldats SS, véritables émissaires du Satan, il aperçut un Juif qui portait un un gros paquet. Celui-ci s’approcha de mon père et lui fourra le paquet dans la main tout en murmurant, bouleversé : « Je sais que je marche maintenant sur mon dernier chemin ! Je t’en supplie, écoute mes dernières paroles, mon testament : sauve par tous les moyens possibles ce paquet qui contient un Séfer Torah et une ancienne paire de Tefilines qui ont été écrits il y a plus de cent ans ! » Sans que j’ai pu réagir, je me suis retrouvé avec ce paquet sous le bras tandis que le Juif retournait dans son groupe : son visage reflétait presque un soulagement bien que mon père remarquât qu’il subit une volée de coups assénés avec cruauté par l’un des gardes. Chargé du précieux paquet, mon père se cacha dans un coin reculé et, avec un de ses compagnons, il l’ouvrit et palpa avec précaution ces objets de culte. (Lire la suite)
Emus, ils se demandèrent comment les protéger et les conserver sans mettre leurs vies en danger. Ils décidèrent de couper le Séfer Torah en deux en déchirant les nerfs qui relient les différents parchemins. Ils enroulèrent chacun des deux morceaux autour des « Etz ‘Haïm », des colonnes de bois sur lesquels les pages sont fixées, et c’est ainsi qu’ils parvinrent à sauver le Séfer Torah qu’ils tenaient précieusement contre leurs cœurs : c’était le moyen le plus sûr de respecter les dernières volontés d’un Juif assassiné et de sauver ce Séfer Torah.
Une seule fois, ils furent obligés de se séparer du Séfer Torah : la rumeur se répandit de bouche à oreille que les Nazis allaient organiser une fouille généralisée sur les corps des travailleurs afin de vérifier qu’ils ne cachaient pas de nourriture ou d’autres objets.
Chacun savait parfaitement ce qu’encourrait celui qui serait trouvé porteur de quoi que ce soit. Bien vite, ils emballèrent le Séfer Torah dans des chiffons et le cachèrent dans le sol. Une fois la fouille terminée sans incident, ils reprirent le Séfer Torah car ils savaient que, dans le sol, il risquait de s’abîmer. A nouveau, ils l‘enroulèrent contre leur cœur et, ainsi, ressentirent qu’ils agissaient comme il convient malgré le danger. Au contraire, ils étaient persuadés que le mérite de cette Mitsva les protégeait. La guerre finie, les deux déportés avaient survécu à des millions de leurs frères. Démunis de tout, ils n’avaient pas de logement et durent séjourner de façon provisoire dans le camp d’extermination de Bergen Belsen. Là, les deux parties du Séfer Torah furent réunies et il put ainsi être réutilisé par les rescapés.
Mon père se maria et c’est ainsi que je suis né dans le camp, continue Rav M.. Ma Brit Mila fut la première à être célébrée dans le camp. Par la suite, mes parents émigrèrent aux États-Unis. A cause des tribulations de cette période, le Séfer Torah n’était plus cachère mais était l’objet le plus précieux aux yeux de mon père et de ceux qui connaissaient son histoire : un Séfer Torah qui avait été légué comme la dernière volonté d’un déporté inconnu à deux Juifs qui se consacrèrent à le sauver coûte que coûte et qui se dévouèrent pour cela corps et âme. Dans son testament, mon père légua ce Séfer Torah à son fils aîné qui était né dans le camp d’extermination c’est-à-dire moi ainsi qu’à son camarade qui habitait dans son quatier et qui avait lui aussi contribué à ce sauvetage. Quand je me suis approché de cet ami de mon père, il déclara : « Ce qui m’incombait, je l’ai déjà fait ; D.ieu merci, le Séfer Torah a été sauvé et, maintenant, il ne convient pas de le déchirer à nouveau. Tu peux le garder pour toi ! ».
Par la suite, ce Séfer Torah a été légué par Rav à l’Institut Yad Vachem afin d’en immortaliser l’histoire. Dernièrement Monsieur O. est passé là-bas. Cette histoire l’a beaucoup ému et il décida que ce Séfer Torah qui avait survécu à tant d’épreuves ne devrait pas simplement être gardé comme souvenir du dévouement de ces deux Juifs dans des circonstances extrêmes mais il devrait servir à d’autres Juifs. Il conviendrait donc de le faire réparer afin qu’il redevienne cachère et qu’il puisse servir à des Juifs dans un endroit digne de lui. Quand Monsieur … réfléchit, il décida que non seulement le Séfer Torah devait être réparé mais il devrait également sauver des Juifs. C’est ainsi qu’il décida de l’acheter au prix fort et de trouver une institution digne d’être aidée et même sauvée et de lui offrir ce Séfer Torah. Les lettres corrigées seraient vendues dans le seul but d’aider cette institution qui s’investit dans l’éducation des enfants juifs afin de les sauver d’une mort spirituelle. Ainsi ce Séfer Torah - sauvé par le dévouement de deux Juifs – continuerait à préserver la santé spirituelle des communautés juives. Il décida donc de l’offrir aux Institutions Chné Or en France, connues depuis cinquante ans pour éduquer et vraiment contribuer au sauvetage spirituel de milliers d’enfants – aussi bien achkenazes que séfarades – qui ont défilé dans ses locaux : ceux-ci perpétuent la voie de leurs ancêtres ; certains d’entre eux ont ainsi véritablement pu être sauvés de l’assimilation.
Par cela, Monsieur O est certain que le mérite du Séfer Torah protégera ces Institutions Chné Or ; le mérite de l’éducation juive prodigué par les Institutions Chné Or saura prolonger le mérite des deux Juifs qui ont sauvé ce Séfer Torah.
|
| | | |


חסידות.אורג
|