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article Actualité Juive

Jeudi 18 juin, les larmes ont gagné les yeux d'un grand nombre de personnes à la cérémonie organisée à l'école Sinaï située du 110 au 114 boulevard de Ménilmontant dans le XX. arrondissement. L'adresse à son importance, elle est même primordiale. Car ce 18 juin, une plaque a été dévoilée, révélant les noms des habitants juifs déportés de ces lieux. il y a plus de 70 ans.
La cérémonie n'a pas été ouverte par les officiels. Les représentants de la maire de Paris, de la ministre de l'Education et de la Culture étaient pourtant présents, tout comme le grand rabbin de France et de Paris. Ce sont les douze enfants de CM2 à l'origine de ces recherches alternant discours et chorales, qui ont donné le ton avec leur directrice Mme Krawiec, elle-même petite-fille d'enfant caché, à l'origine du projet, et leurs institutrices Mmes Stéphanie Klein et Myriam Haziza qui ont piloté le projet.
Ce jour-là, ces douze enfants ont marqué les esprits par leur engagement qui a permis de réaliser leurs deux objectifs : dix d'entre eux. les filles, ce sont attelées à la lourde tâche d'écrire les mémoires d'Edmond Richmond, enfant caché, qu'ils ont rencontré « afin de réaliser, par des ateliers d'écriture, livre de littérature de jeunesse sur cette période de sa vie », a expliqué Mme Haziza. Le livre, en recherche de financement, devrait paraitre très bientôt.
Le deuxième a été réalisé par les deux garçons du groupe. Partis à la recherche des personnes juives vivant entre le 110 et le 114 boulevard Ménilmontant, leurs investigations les ont menés du Centre de Documentation Juive Contemporaine au Mémorial de la Shoah. Partis à l'assaut d'internet, ils ont également rencontré des anciens du quartier. Résultat : treize noms sortis des limbes, enfants cachés ou déportés. « Nous avons ensuite voulu étendre nos recherches et trouver plus de renseignements comme savoir où ils avaient été internés et déportés, savoir si certains étaient revenus ou s'ils avaient de la famille encore vivante », explique Yoni dans son discours.
Nous sommes malheureusement habitués des cérémonies et des commémorations. Georges Kuchman, déppgé à Drancy. Elles sont le signe des épreuves passées, mais aussi de la vitalité des mémoires. Protocole oblige, elles se figent parfois dans des instants sans émotion, où le sens même semble parfois évacué. Mais dans le face-à-face entre les enfants, les institutrices et les descendants de ces premiers habitants, une alchimie particulière a opéré.
Les descendants de Marcel Kuchman, qui tenait une boulangerie au 110 boulevard Ménilmontant ont fait le déplacement ce jour-là. Il y a trois semaines seulement que la maîtresse de Yoni a retrouvé les traces de sa fille Annie-Myriam, de Sarah Sisman, Catherine et Brigitte Kuchman, toutes présentes ce jour-là, émues aux larmes. Cette dernière raconte une histoire héritée de son père Marcel : « Mon père et moi (Marcel-Ndlr) étions internés à Drancy. Quand je suis sortie, parce que la police française évacuait les enfants, mon père m'a dit « n'oublie jamais » et « nékoumé vengeance en yiddish Mais si la plus belle vengeance, s'est demandée Brigitte, c'était la vie : pour un mort, une vie... », a-t-elle expliqué en regardant les enfants de l'école autour d'elle. Et concluant : « grand-père, aujourd'hui tu es vengé...














































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