
Par Jonathan Aleksandrowicz

Mercredi soir, devant l'immeuble où résidait le Rav Azimov à Paris (J.A)
Ce mercredi 5 novembre 2014 en fin d’après-midi, le judaïsme français a perdu l’un de ses géants. Le rav Chmouel « Moulé » Azimov, leader des Institutions du Beth Loubavitch de la région parisienne a quitté ce monde. La levée du corps a eu lieu en soirée au domicile du rav, dans le 10è arrondissement de Paris.
Une rue du 10è arrondissement de Paris, ce mercredi 5 novembre, à partir de 19h. Le désarroi dispute à la tristesse. Membres du mouvement Loubavitch et sympathisants, orthodoxes ou non, plusieurs centaines d’hommes et de femmes se sont rendues au domicile du rav Azimov pour lui rendre un dernier hommage, lire un dernier Psaume. Dire au revoir, simplement. Au revoir à celui qui les a guidés depuis presque un demi-siècle, qui a fait renaître en eux quelque chose que la pensée hassidique HaBaD (Loubavitch étant la ville d’où la doctrine HaBaD a commencé à se répandre) de prédilection appelle « l’âme divine ». Lire la suite
Un numéro de téléphone s'échange à la vitesse éclair
Arriver dans l’appartement, situé au premier étage, n’est pas chose facile. Les escaliers sont encombrés de visages silencieux. Tomber est impossible, tant la foule est compacte sur les marches. La douleur rend la multitude muette et patiente. Des enfants sont présents. Plus qu’un maître, c’est une sorte de troisième grand-père qu’ils pleurent et accompagnent. La fin du traité talmudique Sota enseigne qu’il n’y a pas de limite à la distance qu’un disciple doit faire pour « accompagner » son maître ? Les coups de fils fusent afin de trouver une place sur un avion pour Israël ; la mise en terre devant se tenir ce jeudi 6 novembre au Mont des Oliviers. Entreprise ardue. Le nom d’un agent de voyages circule. Son numéro de téléphone s’échange comme un verre lors d’une réunion hassidique.
Retour devant son oeuvre majeure
Toujours plus altéré, la foule compacte, nombreuse, voit le cercueil du rav sortir dans la rue vers 22h30. Les mains se lèvent pour en toucher les parois, pouvoir l’embrasser du bout des doigts. Un rouleau de Torah se déplaçant dans une synagogue. Un kaddish est récité avant que le cortège ne s’élance. Il passera dans le 19è arrondissement, au lieu de l’accomplissement majeur du rav Azimov, le complexe scolaire Beth ‘Haya Mouchka. Rue bloquée, voitures délaissées, larmes.
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