|

Ouri Blau, journaliste au journal haaretz Depuis jeudi matin, les médias israéliens laissaient entendre que certains éléments d’une grave affaire touchant la sécurité d’Israël allaient être révélés dans les heures qui suivraient. Et en début d’après-midi, on apprenait qu’une ancienne soldate, Anat Kam, qui avait servi sous les ordres du commandant de la zone militaire Centre, était soupçonnée par le parquet et le Shin Bet d’avoir volé à l’époque plus de 2000 documents, dont certains étaient ultra-confidentiels. Elle les aurait ensuite confiés à un journaliste du quotidien Haaretz, Ouri Blau, qui les aurait utilisés pour écrire ses articles, portant notamment sur «l’élimination de suspects», et pour révéler certains faits en vue de dénoncer le comportement de Tsahal vis-à-vis des Palestiniens.
C’est le tribunal de district de Tel Aviv qui a levé jeudi matin la censure sur cette grave affaire dont les détails auraient déjà été diffusés à l’étranger. Il faut encore préciser que la suspecte était, jusqu’à récemment, une des rédactrices du site Internet Walla.
Kam, assignée à résidence depuis le mois de décembre dernier, a été inculpée en janvier 2010 pour espionnage et atteinte à la sécurité de l’Etat. Lors de son interrogatoire, elle aurait, selon le parquet, reconnu les faits qui lui étaient reprochés. De son côté, le journaliste Blau est parti en décembre 2009 pour la Chine avant de se rendre à Londres dont il ne serait pas revenu. Le Shin Bet aurait entamé avec lui des pourparlers pour qu’il restitue les documents volés et puisse rentrer en Israël mais ces démarches n’auraient finalement pas abouti.
Le chef des services de sécurité, Youval Diskin, a rencontré jeudi matin les rédacteurs en chef des grands journaux israéliens pour commenter cette affaire qu’il a qualifiée d’extrêmement grave, vu les dommages causés à la sécurité du pays. Il a ajouté qu’elle pourrait avoir des conséquences dramatiques si les documents tombaient entre les mains d’éléments hostiles à Israël.
Claire Dana-Picard / Arouts 7
|