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Tensions à la frontière libano-syrienne Par JPOST.FR
 La récente convocation du député syrien Zouheir Jabbour par les Etats-Unis, au sujet du transfert d'armes de la Syrie au Hezbollah, confirme l'existence de sérieuses tensions au Nord.
Soupçonnée d'avoir transféré des missiles Scud-D au Hezbollah, Damas continue de nier.
Mais le problème des Scud n'est qu'un point de détail de la situation qui a fait jour depuis août 2006. Il s'agit de la preuve que la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a mis fin à la seconde guerre du Liban, fait désormais figure de lettre morte devant le "bloc de résistance" constitué par l'Iran, la Syrie et le Hezbollah.
Les dispositions de la résolution sont pourtant claires. Elles appellent au désarmement de tous les groupes armés au Liban, de façon à ce qu'il n'y ait plus d'armes ou d'autorités autres que celles de l'Etat. Elles interdisent également explicitement "les ventes ou l'approvisionnement en armes et matériel lié au Liban, sauf accord du gouvernement".
Le Hezbollah et ses commanditaires ont habilement évalué que ni le gouvernement du Liban, ni les Nations unies, pas plus que la "communauté internationale", ne seraient capables de faire appliquer ces clauses. Les Nations unies elles-mêmes reconnaissent la faiblesse des arrangements le long de la frontière libano-syrienne.
Deux évaluations de la frontière supervisée par les Nations unies ont été menées depuis la fin du conflit, respectivement en juin 2007 et en août 2008. La seconde étude rapporte que "même en prenant en compte la situation politique difficile du Liban durant l'année passée, les progrès visant à atteindre les buts de la résolution 1701 ont été insuffisants".
La "situation politique difficile" de 2008 fait référence au fait que la seule tentative du gouvernement libanais, élu pour reprendre le pouvoir sur la Syrie, s'est soldée par une violente déroute.
Le groupe paramilitaire non-étatique le plus armé au monde
Conséquence : ces trois dernières années, sous le regard indifférent du monde entier, les routes entre la Syrie et le Liban fredonnent au son des camions blindés et des véhicules acheminant l'armement syrien et iranien au Liban. Si le rapport dit vrai, le Hezbollah serait de loin le groupe paramilitaire non-étatique le plus armé au monde.
Toutefois, cela ne signifie pas nécessairement qu'une guerre est imminente. Israël ne semble pas pressé de punir le Hezbollah et la Syrie. Comme ses ennemis, le gouvernement israélien est publiquement responsable et il lui serait difficile de justifier une frappe préventive devant ses citoyens.
Quant au Hezbollah et à la Syrie, pas plus pressés d'initier les hostilités, ils ont compris que rien n'entravait leur route et qu'ils peuvent continuer d'opérer tranquillement.
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