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Mercredi, 02 Novembre 2011 00:30 |
Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Au lendemain de l'admission de l'Autorité palestinienne comme membre à part entière au sein de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), le Canada a décidé de geler les fonds versés à l'organisme.
Le ministre fédéral des Affaires étrangères, John Baird, en a fait l'annonce devant les journalistes, mardi à Ottawa. La participation financière du Canada restera donc à son niveau actuel. Le pays verse annuellement 10 millions de dollars à l'UNESCO en plus de donner 2 millions supplémentaires à la Commission canadienne pour l'UNESCO. À cela viennent s'ajouter les frais d'opérations parallèles comme le poste d'envoyé spécial en Haïti, occupé en ce moment par Michaëlle Jean. L'agence onusienne ne doit donc pas compter sur le Canada pour combler le manque à gagner du retrait des Américains, qui ont indiqué hier qu'ils allaient suspendre leur contribution financière à l'organisme, qui s'élève à 60 millions de dollars par année et qui représente plus du cinquième de son budget. Le Canada fait partie, aux côtés des États-Unis, de la dizaine de pays ayant voté contre l'adhésion de l'Autorité palestinienne à l'UNESCO. Hier, le ministre Baird avait indiqué que le gouvernement Harper n'était pas « satisfait » de la décision et qu'il devait « examiner comment y répondre ». Lire la suite
Le Canada a plaidé sa cause auprès des pays membres de l'UNESCO
Le Canada avait fait campagne auprès des pays membres de l'UNESCO pour qu'ils votent contre la reconnaissance de l'Autorité palestinienne, comme le démontre un document dont Radio-Canada a obtenu copie auprès de sources gouvernementales. Dans une lettre envoyée la semaine dernière à tous ses homologues (sauf ceux d'Iran, de Syrie, du Bélarus, de Birmanie et de Corée du Nord), le représentant permanent du Canada à l'UNESCO, André Bachand, exprimait « les vives préoccupations du gouvernement du Canada ». « Le Canada est profondément préoccupé par ces initiatives unilatérales de l'Autorité palestinienne », pouvait-on y lire. « Le seul moyen d'en arriver à la création d'un État palestinien passe par un accord négocié avec Israël. » « La campagne actuellement menée par l'Autorité palestinienne pour son adhésion à des organisations de l'ONU relègue au second plan les négociations bilatérales et rend la paix plus difficile à réaliser. » — Extrait de la lettre envoyée par le représentant permanent du Canada à l'UNESCO, André Bachand « Il ne s'agit pas simplement d'une question de reconnaissance ou d'appartenance à l'Organisation des Nations unies, à ses institutions et organisations ou à d'autres institutions multilatérales, plaidait-il, mais plutôt de l'atteinte d'un accord négocié entre les parties sur des enjeux tels que les frontières et la sécurité, les réfugiés et Jérusalem. » « Sans un accord qui résout ces problèmes, ni un État palestinien viable et souverain, ni une paix réelle entre les deux parties ne peuvent être atteints », écrivait le représentant canadien. Depuis les débuts de l'offensive diplomatique palestinienne, le Canada s'oppose à ce qu'il décrit comme une stratégie unilatérale de la part de l'Autorité palestinienne. Celle-ci, qui avait déjà un statut d'observateur à l'UNESCO, estime que son élévation au rang de membre à part entière mettra davantage de pression sur l'ONU, qui doit se prononcer en novembre sur sa demande d'adhésion pleine et entière, déposée en septembre dernier. Washington, qui détient un veto au Conseil de sécurité de l'ONU, a cependant déjà fait savoir qu'il s'y opposerait.
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