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ISRAEL -
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Jeudi, 03 Novembre 2011 11:35 |

La menace iranienne a pris ces derniers jours une dimension surréaliste en Israël. Le pays, connu pour son culte du secret et la censure qui entoure ses capacités militaires, donne l’impression de vouloir subitement changer les règles du jeu. Faut-il attaquer l’Iran ? A cette question, 41% d’Israéliens répondent ce jeudi matin par l’affirmative, tandis que 39% y sont opposés et 20% n’ont pas d’avis arrêté sur le sujet. Ce sondage est l’œuvre du quotidien Haaretz. Il est la dernière illustration du débat, jadis tabou, qui émerge au sein de l’opinion publique israélienne. Et aussi des divisions qu’il suscite. Hier, ce même journal était à l’origine de révélations inattendues sur des tractations intensives au sein du cabinet israélien. On apprend ainsi que le premier ministre Benyamin Netanyahou aurait pris la décision stratégique de frapper les installations nucléaires de l’Iran. Le chef du gouvernement israélien, appuyé par ses principaux ministres Ehoud Barak et Avigdor Lieberman, se serait mis en tête de rallier une majorité dans son cabinet. L’affaire ne s’annonce pas simple puisqu’il rencontrerait actuellement – aux dires du Haaretz – une ferme opposition de plusieurs ministres. Pire, l’armée et les services de renseignements rejettent eux aussi l’option militaire. La fenêtre d’opportunité pour agir serait pourtant très courte, puisque la République islamique est en passe de déplacer ses centrifugeuses près de la ville sainte de Qom, dans un site souterrain hors de portée des missiles israéliens ou occidentaux. Dès lors, à en croire plusieurs sources proches de l’AIEA, le contrôle des installations iraniennes deviendrait impossible et permettrait à Téhéran de poursuivre allégrement ses ambitions nucléaires. Préparatifs en coursD’aucuns pourraient croire que ces fuites, largement reprises par la presse israélienne, sont accidentelles ou erronées, comme l’ont martelé hier deux cadres du gouvernement : Benny Begin et Dan Maridor. Il semble pourtant qu’Israël se soit sciemment engagé dans une vaste démonstration de force qui vise à mobiliser les grandes puissances vers l’idée qu’une opération militaire contre l’Iran est inévitable. Sur le terrain, les Israéliens ne s’encombrent pas non plus de précautions particulières pour communiquer leurs intentions. Mercredi matin, le ministère de la défense confirmait avoir procédé au tir d’essai d’un missile balistique de type “Jericho-3”, dont la portée atteint 7000 km et qui disposerait de capacités non conventionnelles. Le tir s’est déroulé en plein jour, depuis la base de Palmachim, au point que des centaines d’Israéliens vivant dans la région de Tel Aviv ont alerté la police, croyant assister à une attaque de Scuds. Filmé par des dizaines de personnes intriguées, le long filament blanc a fini sa course dans la méditerranée. Autre élément à charge : hier après-midi, l’armée israélienne diffusait des images de manoeuvres aériennes conduites dans une base de l’OTAN en Sardaigne. Cet exercice, simulant des missions de longue distance, a impliqué les aviations israéliennes et italiennes : 6 escadrilles de F-16, de Tornado, des Eurofighter Typhoon, et des avions ravitailleurs. Enfin, dans la soirée, le Guardian révélait à son tour que la Grande-Bretagne se préparait activement à des frappes. Des avions-bombardiers seraient en passe d’être déployés sur l’Ile de Diego Garcia dans l’Océan indien. D’après la presse britannique, une opération se déroulerait sous commandement américain et serait limité dans le temps, étant donné l’échéance électorale de novembre 2012. Ce jeudi matin, les sirènes antiaériennes ont retenti à Tel Aviv et dans la région centre du pays. Une fois n’est pas coutume, cette répétition générale organisée par la défense passive a été un peu plus prise au sérieux par la population israélienne.
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