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Quand l'art et le judaïsme se rencontrent : l'histoire de Haïm Leïb
USA - Divers
Vendredi, 20 Décembre 2013 11:36

 

 

crownheights.info / traduit et adapté par Hassidout.org

 

L'histoire de Haïm Leïb Zernitsky, un artiste canadien, commence dans les maisons en bois de l'après seconde guerre mondiale, à Homel, en Biélorussie où vivait alors une population juive importante.

 

"J'ai vécu dans les derniers vestiges du shtetl européen", se souvient Haïm Leïb qui est né en 1949. " C'était une vie très pauvre. Il y n'avait pas assez de nourriture pour tout le monde et beaucoup de gens n'avaient pas d'endroit où vivre. Pourtant, même après la guerre, il y avait beaucoup de juifs et j'entendais parler en yiddish. Ils étaient cordonniers, charretiers, tailleurs, de simples ouvriers".

 

"Même après trois décennies de répression communiste, ces gens simples ont continué à observer le judaïsme comme ils l'avaient toujours fait depuis des générations. Ma grand-mère, Hende Friede Sirotin, était analphabète. Peut-être qu'elle connaissait quelques paragraphes du Sidour mais pas plus", raconte Haïm Leïb. "Pourtant, elle a gardé une maison cacher et a préparé Chabbat comme sa mère l'avait fait avant elle. Quand ils ont fui les Nazis pendant le seconde guerre mondiale, mes grands-parents ont tout abandonné à Tachkent, en Ouzbékistan. Lorsqu'ils y sont revenus, tous leurs biens avaient disparu, sauf la machine à coudre Singer de mon grand-père, qu'il avait cachée dans un puits dans la cour.

Depuis cette époque, ma grand-mère n'avait plus de chandeliers, elle allumait donc les bougies de Chabbat dans une boîte pleine de sable et disait ses prières comme autrefois."

 

Les grands-parents de Haïm Leïb élevaient des chèvres, source de produits laitiers cacher frais. Ils avaient également un élevage de poules. Parfois, ils amenaient un poulet au Chochet pour pouvoir manger cacher. Comme il n'y avait pas de vin cacher, le grand-père de Haïm Leïb, Yossef Sirotin, pressait des grappes de raisins pour faire son propre vin de Kiddouch. De même, cachés dans le sous-sol derrière des volets lourds pour se protéger des regards indiscrets, les juifs du quartier se réunissaient dans une des maisons chaque année, pour la préparation des Matsot avant Pessah.

 

Le père de Haïm Leïb, Aisik, était un vétéran des blessés de guerre, il a peint des maisons avec un groupe de camarades juifs. "Pour Pessah, toute la famille se réunissait pour célébrer la fête en secret. "Ma grand-mère était occupée à servir de la nourriture du grande poêle à bois, et mon grand-père était assis et lisait la Haggada dans son Siddour que j'ai conservé".

 

Le grand-père de Haïm Leïb a toujours amené son petit-fils à la synagogue et il lui racontait des histoires juives, principalement du Houmach Béréchit ainsi que des Midrachim.

 

Les histoires ont laissé une forte impression au petit garçon. Plein de souvenirs et d'expériences, Haïm Leïb ne trouvera l'expression de son éducation juive que des décennies plus tard. En attendant, il se concentra sur ce qui allait devenir une force majeure dans sa vie : l'art.

 

"Quand je suis allé à l'école, raconte Haïm Leïb, il y avait un excellent professeur d'art. Plus tard, j'ai découvert qu'il était juif. Il nous invitait un ami et moi pour des leçons particulières. J'aimais la peinture et je voulais être un artiste. Après avoir fini l'école, j'ai été enrôlé dans l'armée soviétique. Là-bas, je préparais de grandes affiches pour la propagande communiste, ils faisaient alors beaucoup de propagande", se souvient-il.

 

En 1975, Haïm Leïb fut accepté dans la célèbre université d'état de Moscou, en faculté des arts, seuls trente étudiants par an étaient selectionnés à travers tout le bloc soviétique. Il a ensuite illustré des livres pour enfants.

 

En 1989, Haïm Leïb décida d'immigrer au Canada, avec son épouse Léna, en passant par Ladispoli en Italie. C'est là-bas qu'il rencontre un jeune russophone Habad, Hirsh Rabiski, qui s'occupait jours et nuits, des besoins spirituels et physiques de milliers de juifs, enfin libres, de renouer avec leurs racines. Pendant les huit mois passés en Italie, les deux hommes se sont liés d'amitié. Haïm Leïb commenca à étudier la Torah et cette relation se poursuivit même lorsque il s'installa au Canada.

 

"Au Canada, je travaillais comme garde de sécurité, je vendais des fleurs et faisais le maximum pour nourrir ma famille. Ma femme insista pour que notre fille, Ilana aille à l'école juive. Lentement, nous avons commencé à vivre comme des juifs pratiquant le judaisme", confit-il.

 

Au fil des années, Haïm Leïb a retrouvé le mode de vie juive de ses grands-parents et a même terminé l'étude de l'ensemble du Talmud! Il a également donné un cours de Talmud hebdomadaire à vingt cinq juifs russophones d'Allemagne par Skype. "J'ai particulièrement aimé la Haggada, les contes rabbiniques et les midrachim dans le Talmud", raconte-t-il. "Les histoires sont la poésie du judaïsme".

 

Après s'être établi comme artiste et illustrateur pour de grandes sociétés comme Sony, Mc Donalds ou Oxford University, Haïm Leïb a estimé qu'il était temps de commencer à peindre des thèmes juifs en utilisant ses propres souvenirs d'enfance.

 

Lecteur assidu du site Chabad.org, Haïm Leïb découvrit le blog "the art for the soul", sous la direction de l'artiste hassidique du New Jersey, Yitshak Moully. Ce blog a présenté plus de cent travaux d'artistes juifs à travers le monde. Haïm Leïb y a présenté certaines de ses œuvres qui furent rapidement en bonne place.

 

A quelques rues de là, Rav Tsvi Freeman, rédacteur en chef et éditorialiste à Chabad.org, travaillait sur une série d'articles expliquant comment aborder la Haggada et le Midrach, qu'il avait planifiés depuis des années : "Une fois que nous avons effectué toutes les recherches et tout écrit, nous nous sommes demandé, "Comment allons-nous illustrer tous ces textes ? Puis nous avons vu une illustration magique de Haïm Leib. Nous l'avons donc contacté et découvert qu'il vivait tout près. C'était déjà un artiste de réputation mondiale: C'est ainsi qu'a commencé notre collaboration avec Haïm Leïb qui a su par sa magie artistique, trouver un lieu d'échange où adultes et enfants apprenent les uns des autres, justement comme le Midrach raconte.

 

 

 

 
 

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