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5 Av : Yartsaït de Grand Rabbin Binyamin Eliahou Gorodetsky
Annonce - Barou'h Dayan Haemet
Vendredi, 12 Juillet 2013 13:06


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Certains espéraient que – contrairement au siècle dernier qui fut saturé de guerres, de persécutions et de destructions – le siècle actuel, le vingt et unième siècle serait celui de la tolérance, de l’entente et de la paix entre les états et entre les gens. Cet espoir s’écroula bien vite. Soixante ans après l’effroyable destruction du judaïsme européen, l’antisémitisme revient, relève la tête : des manifestations de haine contre Israël et de détestation des Juifs se répandent dans de nombreux pays, même ceux qui sont connus pour être des démocraties éclairées et civilisées. L’attaque terroriste contre le Beth ‘Habad (centre ‘Habad Loubavitch) de Bombay en Inde et l’horrible assassinat du Chalia’h (émissaire) et de son épouse – que D.ieu venge leur sang – ont révélé la profondeur de la haine meurtrière contre les Juifs et contre tout ce que représente le judaïsme. Lire la suite

 

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C’est dans des conditions similaires de haine du judaïsme et d’antisémitisme croissant qui régnaient en Union Soviétique il y a plus de 70 ans, avant la seconde Guerre Mondiale que le Grand Rabbin Gorodetsky a agi en tant que ‘Hassid, érudit et Rabbin actif, dynamique, plein d’initiatives que rien ne pouvait arrêter et qui triomphait de toutes les embûches.

 

Le livre du Grand Rabbin Gorodetsky « Une Lumière dans la nuit - Soixante ans d’activité juive en Russie soviétique et dans le monde » est un document historique passionnant, unique en son genre et qui revêt une importance ainsi qu’une signification redoublées pour notre époque. Il relate l’histoire d’un homme seul qui, durant des dizaines d’années, fit preuve jour après jour et heure après heure d’un dévouement et d’un attachement sans bornes d’un ‘Hassid à ses maîtres. C’est ce qui lui a permis de triompher de difficultés bien réelles, de menaces cruelles et de démontrer qu’un Juif n’a pas le droit de plier, de désespérer mais bien au contraire, il doit se redresser et agir afin de préserver et transmettre la flamme du judaïsme.

 

Tel est le message essentiel et actuel de ce livre écrit à la première personne qui relate soixante ans d’implication communautaire et de diffusion de la Torah par le Grand Rabbin Gorodetsky.

 

Ce livre revêt encore une importance accrue pour notre époque car il explique et rappelle à la génération présente que tout ce monde de Torah qui existe actuellement – y compris les institutions scolaires et culturelles, les émissaires et les Beth ‘Habad (Centres ‘Habad Loubavitch) qui existent et œuvrent actuellement en France, au Maroc, à Tunis, en Espagne, en Turquie et dans la lointaine Australie – a été initié et érigé par le Grand Rabbin Gorodetsky il y a des dizaines d’années à partir de rien, de désolation spirituelle.

 

En d’autres termes : les chapitres de ce livre nous enseignent qu’il faut fournir des efforts immenses, qu’il faut faire preuve d’un dévouement sans failles et d’une force spirituelle continue – tout ce dont le Grand Rabbin Gorodetsky était pourvu afin d’accomplir la tâche qu’il s’était dévolue pour répandre le message de la Torah et le renforcer dans des pays et des endroits qui ignoraient ce qu’étaient l’étude de la Torah et la recherche de la spiritualité.

 

*             *             *

 

Binyamin Eliahou Gorodetsky est né et a été élevé en Russie au moment de la Première Guerre Mondiale et à l’ombre des événements dramatiques et décisifs de la Révolution Bolchévique – une époque propice à tous les changements, à tous les dangers pour les Juifs de Russie, surtout pour ceux qui étaient pratiquants et, parmi ceux-là, les ‘Hassidim de Loubavitch : ils n’étaient pas prêts à changer leur façon de vivre et ils n’abandonnèrent pas leur style de vie malgré les terribles persécutions et l’oppression cruelle contre toutes les religions que menait le régime totalitaire communiste.

 

Dès son plus jeune âge, il s’était lancé dans la vie communautaire. Insensible aux menaces, il avait réussi à rassembler des jeunes pour étudier la Torah dans ce qui devint des Yéchivot (universités talmudiques). Lui-même avait étudié dans une maison d’études pour Rabbanim (Rabbins) et y avait obtenu de prestigieux diplômes. Au cours de l’été 1926, durant sa première année de mariage et suivant en cela la directive de son maître, Rabbi Yossef Yits’hak Schneersohn (précédent Rabbi de Lubavitch), il accepta le poste de rabbin de la ville de Kiev. Le récit de sa conversation avec le Rabbi – qui s’était déroulé dans une résidence d’été proche de Leningrad – est un des moments les plus passionnants de ce livre. Une fois qu’il eut raconté au Rabbi la raison de sa venue, Rabbi Yossef Yits’hak répondit : « Il faudra travailler avec ses tripes et ne pas se laisser impressionner… ». Ces mots devaient devenir la devise de sa vie et le seul objectif du Grand Rabbin Gorodetsky jusqu’à son dernier jour.

 

Les difficultés rencontrées durant son enfance sous le régime communiste ne firent que renforcer la détermination du Grand Rabbin Gorodetsky et révélèrent ses capacités de leadership communautaire qui ne devaient connaître ni vacance ni répit, des capacités qui l’accompagnèrent durant les épreuves et les défis qu’il rencontra par la suite pour fonder des institutions de Torah et des lieux d’étude et de culte.

 

Le récit de son arrivée à Paris en été 1946 (« Je ne connaissais pas la langue du pays et je ne pouvais pas ouvrir la bouche ») ainsi que ses conditions inhumaines de logement avec son épouse et leurs enfants en bas âge durant de longs mois sont profondément émouvantes. Mais les énormes difficultés rencontrées aux débuts de son travail communautaire à Paris ne le découragèrent pas et ne l’empêchèrent pas d’ériger des institutions qui devinrent des centres de développement de la Torah.

 

La qualité extraordinaire qui se dégage à la lecture de ces chapitres et d’autres est la discrétion et la capacité de se suffire de peu du Grand Rabbin Gorodetsky. Durant les dizaines d’années où il habita et travailla à Paris, tandis que sa famille s’était installée aux Etats-Unis, dans le quartier de Crown Heights, le Grand Rabbin Gorodetsky refusa de louer un appartement privé et s’installa dans les murs du Bureau Européen pour les Réfugiés. Il laissait ses affaires personnelles dans une petite pièce au fond du Bureau et c’était là qu’il dormait. Même le Chabbat et les jours de fête, c’était là qu’il prenait ses repas et c’est de là qu’il sortait pour se rendre dans la synagogue des ‘Hassidim de Loubavitch qui était située à une distance assez conséquente de son bureau.

 

Les liens étroits qu’il avait su tisser et qu’il entretenait avec le Joint forment un chapitre en soi. Les directeurs et les responsables du Joint, cette respectable organisation d’aide aux réfugiés juifs, surent immédiatement reconnaître et apprécier ses capacités d’initiative et son efficacité dans l’aide qu’il apportait aux communautés dans les endroits reculés où il était respecté, avec sa longue barbe et ses habits ‘hassidiques typiques de Loubavitch. Ses liens avec le Joint dataient déjà de son activisme communautaire en Russie. Ses initiatives et ses actions en Russie dans le domaine de la diffusion du judaïsme nécessitaient d’importantes sommes d’argent qu’il était difficile d’obtenir car les ‘Hassidim et les membres des communautés parmi lesquels ils œuvraient étaient pauvres et ne disposaient que de peu de moyens. Par ailleurs, du fait de la tyrannie des autorités communistes et de la surveillance constante à laquelle étaient soumis les Juifs, il n’était pas possible de ramasser de l’argent.

 

Le premier contact entre le Grand Rabbin Gorodetsky et les responsables du Joint fut initié par le Rabbi, Rabbi Yossef Yits’hak. Le Grand Rabbin Gorodetsky avait l’habitude de lui envoyer un compte rendu détaillé de ses activités à Kiev, la ville dont il était le Rav ainsi que dans d’autres villes. Le Rabbi transmettait ces lettres aux États-Unis et à Berlin, là où se trouvait le siège du Joint. Grâce à ces comptes rendus, les responsables du Joint réalisèrent l’ampleur de l’activité du Grand Rabbin Gorodetsky et l’aidèrent en lui envoyant des fonds spéciaux. Ces liens et cette confiance réciproque entre le Joint et le Grand Rabbin Gorodetsky se poursuivirent durant de longues années.

 

Le plus, « l’âme supplémentaire » de ce livre réside sans doute dans le lien et la fidélité du Grand Rabbin Gorodetsky envers ses Rebbéïm (Maîtres), Rabbi Yossef Yits’hak puis son gendre, Rabbi Ména’hem Mendel Schneersohn. Actuellement, alors que le mouvement ‘Habad compte plus de quatre mille Chlou’him (émissaires) et que des centaines de Baté ‘Habad (centres Lubavitch) sont actifs dans presque tous les pays du monde, il faut se souvenir que le Grand Rabbin Binyamin Eliahou Gorodetsky fut, à son époque, le « Na’hchone Ben Aminadav », le pionnier des Emissaires du Rabbi.

 

Que ce soit comme ‘Hassid ou homme de confiance de Rabbi Yossef Yits’hak puis du Rabbi, le Grand Rabbin Gorodetsky est un modèle parfait et idéal de ce que doit être un Chalia’h, celui qui agit constamment selon les directives de ses Maîtres. La correspondance qui s’est poursuivie durant près d’un demi-siècle entre Rabbi Yossef Yits’hak et le Grand Rabbin Gorodetsky et qui comprend des milliers de lettres (certaines ont été reproduites dans ce livre), constitue un trésor fascinant de l’histoire des communautés de par le monde et de la lutte menée contre la déjudaïsation et l’assimilation.

 

Cet échange de lettres permet également d’observer comment s’est développé le concept de Chalia’h avec les premières directives pour s’acquitter de ces missions.

 

Ce qui rend unique la relation entre les Rabbi de Lubavitch et le Grand Rabbin Gorodetsky est le titre qu’ils lui confèrent : Bo-Koa’h - fondé de pouvoir - « homme de confiance », c’est-à-dire celui qui agit complètement en leur nom. Ce titre « d’homme de confiance » apparaît aussi dans les lettres de Rabbi Ména’hem Mendel par la suite. Dans de nombreuses lettres, on peut aussi remarquer le lien personnel direct qui s’était créé entre le Rabbi et ce Chalia’h ancien et fidèle, le Grand Rabbin Gorodetsky.

 
 

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