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Paracha de la semaine : L’éternelle beauté
Magazine - Paracha
Mercredi, 19 Novembre 2008 13:48



Une noble femme disparaît au début de la Paracha de cette semaine (Beréchit 23 :1-25 :18) : Sarah, l’épouse d’Avraham, l’ancêtre du Peuple Juif. Elle avait alors cent vingt-sept ans, ce qui n’est pas un si grand âge, compte tenu du fait qu’elle avait mis au monde son seul et unique enfant, Its’hak, à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans.

La Torah nous indique son âge d’une manière très précise : sa vie avait été de «cent ans et vingt ans et sept ans». Les Sages commentent cette expression comme signifiant qu’en ce qui concerne sa beauté et sa pureté spirituelle, quand elle avait cent ans, elle était comme à vingt ans et quand elle avait vingt ans, elle était comme à sept ans.
Cet enseignement à propos de Sarah nous éclaire sur les concepts de beauté, innocence et constance. (Lire la suite)

Tout le monde traverse une étape d’innocence. Nous regardons alors le monde d’une manière altruiste, sans tenir compte de notre propre égo qui ne nous aveugle pas encore. Malheureusement, pour la plupart des gens, cette disposition ne dure pas. Nous devenons ensuite prioritairement concernés par notre propre personne, par nos désirs personnels. Le moi intime clame sa présence : je veux, je désire, j’ai et je n’ai pas l’intention de partager !

Dans le cas de Sarah, cette innocence ne s’affadit pas. Elle la conserva toute sa vie. Bien plus encore, nos Sages lient cet état de perfection avec sa beauté physique. La pureté intérieure de Sarah irradiait chaque partie de son être.

Cela aurait pu naître du fait qu’elle était retirée du monde, isolée. Mais ce n’était pas son cas : elle était dans le monde, d’une manière sainte mais entièrement immergée. Non seulement son âme, sa vie spirituelle mais également sa vie physique exprimaient sa dévotion à D.ieu.

Pourquoi son corps n’avait-il donc pas vieilli ? Le Rabbi souligne le fait que dans la Paracha de la semaine passée, la Torah nous l’a décrite comme ayant vieilli au point de ne plus pouvoir avoir d’enfants. Et puis, miraculeusement, elle donne naissance à Its’hak. Cela indique clairement qu’en dehors du fait qu’elle bénéficia d’un miracle extraordinaire, Sarah avait changé, avec l’âge, comme tout le monde.

Il est ainsi expliqué que les hauts et les bas, et les changements qui nous assaillent avec le passage du temps peuvent révéler la constance intérieure de notre être. Ce n’est pas malgré ces évolutions physiques mais grâce à elles que notre spiritualité intérieure irradie, intemporellement.

Dans ce sens, nous avons tous l’opportunité de ressembler à Sarah. Grâce aux enseignements de la Torah, nous pouvons regagner et retenir l’innocence dans tous les domaines de notre vie, nous débarrassant de ces aspects de notre égo qui nous coupent de notre véritable personnalité.

Et de la sorte, nous parvenons à un état où notre intériorité pure et sacrée, s’exprime extérieurement dans notre vie physique. Hommes ou femmes, nous semblons changer avec l’âge, mais en réalité, au fil des années, nous ne faisons qu’exprimer plus profondément notre perfection et notre beauté intérieures.

La vie de Sarah


Qu’est-ce que la vie ?
Après avoir indiqué la disparition de Sarah, la Paracha nous décrit la manière dont elle fut enterrée dans une sépulture très particulière à ‘Hévron. Malgré le fait que le sujet d’ouverture de la Paracha évoque le fait que Sarah ait quitté ce monde, le titre en est ’Hayé Sarah, «la vie de Sarah». Quelle était donc la vie de Sarah, la première Matriarche du Peuple Juif ? Et que nous enseigne-t-elle à nous, aujourd’hui ?

Il ne fait aucun doute que Sarah dut surmonter de nombreuses épreuves. Jeune femme, mariée à Avraham, elle découvrit qu’elle ne pouvait pas avoir d’enfants. Malgré cela, elle se consacra à la tâche spirituelle d’enseigner, avec son mari, à tous ceux qu’elle croisait, l’existence de D.ieu.

Rachi nous indique qu’Avraham enseignait aux hommes et Sarah aux femmes. Il est probable d’envisager que, même à cette époque, l’on n’attendait pas que les femmes se soumettent aveuglément aux désirs de leur mari. Les femmes devaient discuter et réfléchir elles-mêmes à la nature de la vie. Sarah inspirait les femmes qui, de concert avec leur mari et leur famille, devenaient adeptes des nouveaux enseignements du monothéisme.

La tâche d’enseigner l’existence du D.ieu Unique, Créateur du Ciel et de la Terre, n’était pas sans risque, loin de là ! La norme était alors d’adorer une grande variété d’idoles. Les Sages nous disent qu’à cause de la croyance d’Avraham et de Sarah, Avraham fut arrêté par le roi Nimrod et jeté dans une fournaise. Nous pouvons alors aisément imaginer les sentiments de Sarah : l’appréhension, la confiance en D.ieu ? Miraculeusement, Avraham ne subit aucun mal et fut sauvé. Après cela, Avraham et Sarah reçurent l’ordre de D.ieu de voyager vers l’ouest, vers la terre d’Israël. Avraham étaient alors âgé de soixante-quinze ans et Sarah de dix ans de moins.

Quand ils parvinrent en Israël, ils continuèrent leur travail de dissémination du monothéisme. Sarah savait qu’il était capital qu’Avraham ait un successeur et aspirait à ce qu’il soit un enfant né de son giron. Dans l’expression de sa douleur à D.ieu, elle donna à son époux sa servante Hagar. Peut-être par cet acte, mériterait-elle, elle-même, de porter un enfant ? Hagar donna naissance à Yichmaël.

Plus tard, D.ieu ordonna à Avraham l’alliance de la circoncision. Son corps physique atteignit alors un nouveau degré de sainteté. Avec cela, vint la promesse d’un miracle : lui et Sarah auraient un enfant. A cette époque, à quatre-vingt-dix ans, Sarah avait dépassé l’âge de la maternité. Elle rit à l’idée d’avoir un enfant mais en fait, elle donna naissance, un an plus tard, à Its’hak dont le nom signifie «rire».

Sarah vit que la question-clé, étrangement d’actualité aujourd’hui, allait être : «qui est le véritable héritier d’Avraham ?» D.ieu avait clairement annoncé que Son alliance unique serait avec Its’hak. Et pourtant, Yichmaël menaçait gravement la vie d’Its’hak.

Avraham, l’expression parfaite de la bonté ne voulut pas, au début renvoyer Yichmaël. Sarah de son côté fit tout ce qui lui était possible pour protéger son fils Its’hak des menaces d’Yichmaël, à la fois physiques et spirituelles. D.ieu dit alors à Avraham de suivre les conseils de Sarah : elle avait une plus grande force prophétique que son époux, Avraham, et grâce à ses efforts, le Peuple Juif put exister.

Dans notre Paracha, nous voyons après la disparition de Sarah, le succès initial de ses entreprises. En fait, c’est Its’hak qui va perpétuer cette alliance particulière du Peuple Juif avec D.ieu. Le sujet central de la Paracha est son mariage avec Rivkah. Sa jeune femme, Rivkah, devient l’expression vivante de Sarah.

C’est ainsi que grâce aux efforts de Sarah, le Peuple Juif, les descendants d’Avraham, Its’hak et Yaakov, commencent à se former. C’est pour cette raison que notre Paracha s’appelle «la vie de Sarah», bien qu’il s’agisse d’événements postérieurs à son départ de ce monde. Car c’est à la lumière d’Its’hak et de son mariage que nous voyons la pérennité de Sarah : tout comme sa descendance est vivante, elle est vivante. Voilà le message que nous envoie Sarah, à nous ses descendants ; faire venir au monde des enfants juifs – soit par l’enseignement que nous dispensons aux autres, soit, avec la bénédiction divine, en élevant et en guidant notre propre progéniture – et perpétuer ainsi la vie pour nous et notre Peuple.
 
 

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