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En parcourant la Hagada
La Hagada est , après la Bible, le livre juif qui a connu le plus d’éditions. Pâque signifie “Passage” et rappelle que D-ieu épargna les premiers nés. Cette fête évoque notamment: le passage, l’intervention de D-ieu dans l’histoire et le fait que l’homme est invité à se dépasser.
D-ieu intervient dans le monde. Il ne s’agit pas du D-ieu des philosophes déistes, d’une déité abstraite mais d’un D-ieu à qui nous disons “Je” et qui nous répond “Tu”. Cette relation s’établit à travers la Torah et les Mitsvot, à travers la prière, l’étude et l’instauration d’une société juste basée sur les valeurs bibliques.
Voici quelques idées brèves mais profondes qui nous donneront les moyens de faire de la table du Séder l’occasion d’un échange entre les générations
« Quant à celui qui ne sait pas poser de questions, tu lui ouvres (la bouche) »
Le Rabbi de Tzanz expliquait le cas du quatrième fils sur un mode allusif en disant : celui qui sait qu’il ne sait rien, faisant preuve ainsi d’humilité, on lui ouvre du Ciel toutes les portes de la compréhension…
« Kadech Our’hatz » Lire la suite
Kadesh et Our’hatz sont les deux premières étapes du Séder. Kadech fait référence au Kiddouch quant à Our’hatz c’est l’étape du lavage des mains. Ces deux étapes évoquent deux phases de notre relation à D.ieu : la sanctification du monde par nos bonnes actions et l’éloignement du Mal par le lavage rituel des mains. Cet ordre n’est pas conforme à celui que nous lisons dans les Psaumes : « (d’abord) Eloigne toi du Mal et (ensuite) fais le Bien… ». En fait, il n’y a pas de contradiction. La Haggada est lue durant la fête de la délivrance d’Egypte qui annonce la délivrance messianique. La génération sera très faible et n’aura pas la force de lutter contre la Mal. Elle ne pourra faire que de bonnes actions et alors là, le Mal partira de lui-même.
« Le Sage, le Méchant… »
Lors de la soirée du Séder, quatre enfants sont assis à la même table. Ils reçoivent chacun, une réponse appropriée à leurs questions. Il est intéressant de s’attarder sur leur place respective, l’un par rapport à l’autre, un agencement qui n’a pas été laissé au hasard. Le Sage est assis à côté du méchant. Le sage ne doit pas rester dans sa tour d’ivoire mais expliquer autour de lui ce qu’est vraiment le judaïsme. Il doit engager le dialogue avec le “méchant”. Et le Talmud de préciser: “bien qu’il a fauté, il reste juif”. Mais alors que les quatre enfants se distinguent par leur réaction lors du Séder, ils ont néanmoins une chose en commun: ils sont tous présents. Même celui que l’on appelle “méchant” prend une part active, quoique rebelle, au déroulement de la soirée. Et ceci justifie tout au moins l’espoir qu’un jour le “méchant” deviendra “sage”. Aujourd’hui, il existe un problème bien plus grave… une cinquième catégorie d’enfants – ceux qui sont absents. Tous ces absents constituent un grave danger pour la pérennité du peuple juif. Mais Il n’y a jamais de place pour le désespoir dans le judaïsme. En utilisant un langage adéquat et en nous imprégnant de l’amour du prochain, même le Juif de la génération dite perdue ‘’ fera Techouva ‘’ et retournera aux aux valeurs éternelles de la Tora.
« Cette matza que nous mangeons… »
En règle générale lorsque deux éléments s’opposent, ils sont dans leur leur contenu, diamétralement différents. A Pessa’h, ce n’est pas la règle : la matza qui symbolise le Bien est faite de farine et d’eau…comme le ’hametz (le pain levé) qui évoque le Mal. Dès lors, comment peut-on opposer deux aliments ? En fait, il existe une petite différence : pour le ’hametz, on a laissé reposer la farine et l’eau et cette action a rendu cette pâte interdite.
A Pessa’h, seul le pain qui a « reposé » est interdit. Ceci vient insister sur le fait que nous devons toujours progresser. Nous ne pouvons nous reposer sur nos lauriers.
« Un qui est Sage, Un qui est Méchant, Un qui est Simple, Un qui ne sait pas poser de questions. »
Lorsque la Hagada cite les quatre fils, elle fait précéder chacun d’eux par le mot « E’had » qui signifie « Un ». Ce terme n’est pas réellement nécessaire pour la compréhension littérale du texte. Il vient plutôt nous expliquer ce qui unit ces quatre fils. Malgré leur différence, ils appartiennent tous au même peuple, ils sont habités par la même âme -néchama d’origine divine, le E’had, le Un, qui profondément les rassemblent.
SHORASHIM
Le centre pour les étudiants francophone
Université Hébraïque de Jérusalem
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