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Réussir
La paracha de cette semaine débute par la mitzva des Bikourim, les premiers fruits que le propriétaire d’un champ devait apporter au Temple de Jérusalem. Par ce geste, celui qui le faisait accomplissait une mitzva au sens le plus noble du terme : il offrait au Temple ce qu’il avait de plus beau alors qu’il aurait pu garder ces fruits pour son usage personnel. Aujourd’hui, on ne peut plus accomplir cette mitsva dans sa plénitude puisque le troisième Temple n’est pas encore reconstruit. Essayons , cependant, de voir comment appliquer cette mitsva de nos jours. La Tora est éternelle et son message s’adresse à nous en tout lieu et à chaque époque. Mais revenons tout d’abord sur une question d’ordre général. Le nom de la paracha est « Ki Tavo » qui signifie « Quand tu arriveras ». D’un point de vue historique cette expression fait référence à l’entrée des israélites en Israël après quarante ans d’errance dans le désert. Si nous lisons cette paracha au second degré, que peut nous apprendre aujourd’hui ce « Quand tu arriveras » et quel est son lien la mitsva d’apporter au Temple nos plus beaux fruits ?
LES CIRCONVOLUTIONS D’UNE FEUILLE
L’un des principes fondamentaux de la pensée juive réside dans la conviction que le monde est agencé par D.ieu jusque dans ces moindres détails. Comme l’explique le Baal Chem Tov , lorsqu’une feuille tombe d’un arbre en suivant telle ou telle circonvolution, on ne doit pas mettre ces mouvements sur le compte du hasard. Ils obéissent à la volonté du Créateur pour une raison que Lui seul connaît. Cette idée est l’un des aspects essentiels de la foi juive. Dès lors, si ce principe est vrai pour une feuille, à plus forte raison, le Providence divine s’applique-t-il pleinement à l’être humain. Lorsqu’une personne se trouve dans tel endroit pour y vivre ou pour y travailler, elle doit être consciente que ses pas ont été guidés par la Providence divine dans un but bien précis. C’est ce à quoi fait allusion la Paracha et ses premiers mots : « Quand tu arriveras ». Si D.ieu nous place dans un endroit bien spécifique ce n’est d’abord que pour le sanctifier et pour y faire rayonner les valeurs éternelles de l’Ethique juive. La raison à l’origine d’un déplacement n’est pas toujours évident. On pense souvent qu’il ne s’agit que d’un concours de circonstances ou que ce déplacement a pour unique cause des raisons professionnelles ou de commodité personnelle. En vérité D.ieu a un plan. Si nous arrivons dans un endroit triste et sombre , sachons que notre but sera de transformer l’obscurité en lumière.
A LA MESURE DE NOS EFFORTS
Tout ceci peut sembler extrêmement difficile voire même impossible . Peut-on changer une collectivité qui a déjà des habitudes bien établies ? La suite du texte nous donne la réponse. La mitsva des Bikourim consistait à donner au Temple nos premiers fruits. C’est aussi une promesse et un encouragement ! Une certaine tâche paraît irréalisable. Mais si l’on investit dans ce projet nos « premières » forces, notre volonté profonde, c'est-à-dire ce qu’il y a de plus essentiel en nous, la réussite sera au bout du chemin. On pourra alors compter sur l’aide du Créateur qui consolidera nos efforts à la mesure de notre enthousiasme. Souvent, nous investissons toute notre énergie dans des projets d’ordre matériel. Il est vrai que c’est important mais nous ne devons pas délaisser pour autant tout ce qui a trait au Judaïsme. Avec les premiers mots de la paracha , la Tora nous rappelle que notre vie doit être guidée par un juste équilibre entre le temporel et le spirituel. C’est tout le secret de la réussite.
RAV YAACOV SPITEZKI = 054 23 99 791
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SHORASHIM Le centre pour les étudiants francophones Université Hébraïque de Jérusalem
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