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La tradition donne à notre paracha une valeur très emblématique puisque nous y apprenons le premier commandement du judaïsme : le compte des mois. Or, détail singulier, pour l’accomplir, il fallait lever les yeux vers le ciel afin d’observer la forme de la lune. Alors que les Egyptiens avaient les yeux rivés vers le Nil et ses crues, un nouveau peuple allait naître en quittant l’Egypte, les yeux dirigés vers le ciel. Avec ce détail presque insignifiant, le texte de la Thora nous donne ici le secret de la pérennité d’une nation.
Après les évènements tragiques que nous avons connus, de nombreux débats se sont tenus pour comprendre l’origine de cette violence. Parmi tous les points relevés, un sociologue fit remarquer que les terroristes étaient des enfants de la République, une République qui depuis des années avait fait du concept de laïcité l’un des fondements de son école publique. Dans le prolongement de cette remarque, un journaliste ajouta que la question essentielle que l’on devait se poser était de savoir « Qu’est-ce que l’on transmettait aux enfants au sein de l’école ? ». La problématique est très complexe et nous ne prétendons pas apporter ici la solution miracle pour comprendre ce qui s’est passé, mais une question essentielle demeure : apprend-on à nos enfants à lever les yeux vers le ciel ?
Un œil qui voit
Pour le judaïsme, une société ne peut vivre sans idéal mais pas un idéal humain et matérialiste comme celui de l’Egypte qui n’était attentive qu’aux variations de son économie (le Nil). Elle doit être animée d’un idéal qui la porte au-delà de la condition humaine, un idéal qui apprend constamment à l’enfant à lever les yeux vers le ciel, vers une morale instaurée par un D.ieu infini. Quand un enfant sait, selon la formule des Pirké Avoth (1) « qu’un œil voit, qu’une oreille entend et que toutes tes actions sont écrites dans un livre », qu’une morale divine surveille ses faits et gestes, sa vie changera. On ne peut pas éduquer les hommes uniquement avec de l’informatique, des compétitions scolaires ou des mathématiques. Ils ont besoin d’un code de moralité qui puise sa force chez D.ieu. Parce que quand un homme fonde sa vie sur des valeurs spirituelles, aucun compromis avec ces valeurs n’est possible. Bien sûr, quand cette démarche est le fruit d’un élan collectif de la nation.
Sept lois
Dans cette perspective, on comprend combien est stupide et dramatique le concept de laïcité dans ce temps de crise. Notre jeunesse n’a pas seulement besoin d’emplois. Elle a, avant tout, besoin d’une morale d’une haute tenue avec la crainte d’un D.ieu qui l’incite à respecter l’autre, à l’aider avec amour et dévouement. Extérieurement, notre société est bien surveillée et bien contrôlée. Tout est connu et dirigé par des pouvoirs qui veulent tout administrer jusqu’au moindre détail. Mais dans les têtes c’est le désordre parce que l’individu ne possède plus de balises morales qui peuvent clarifier sa route. Tout alors devient possible, jusqu’aux confins du Mal. Notre réflexion s’inscrit, en fait, dans un texte fondamental du Rambam (Maimonide) qui écrit, à la fin du Michné Thora, son œuvre de loi encyclopédique, que les non Juifs ont l’obligation accomplir sept lois (2) qui sont des fondements de la vie sociale pour que le monde puisse exister avec une base morale. Gérard Touaty
Notes (1) Début du second chapitre (2) L’interdiction de l’idolâtrie, l’interdiction de blasphémer, ne pas tuer, l’interdiction des unions sexuelles contre nature et immorales, établir un système judiciaire, ne pas voler, ne pas manger de la chair d’un animal tant qu’il est vivant. (Pour le détail de ces obligations, Cf. Talmud Traité Sanhédrine, p. 56a et suite)
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