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Lorsque les enfants d’Israël reçurent la Tora, ils dirent à l’unisson : « Naassé vénichma , nous ferons et nous comprendrons ». Cette fameuse profession de foi aurait dû apparaitre dans la parachat Ytro qui décrit la révélation du Sinai. Mais curieusement cette exclamation du peuple est mentionnée plus tard dans la Parachat Michpatim. Rien n’est fortuit dans la Tora. Il s’agit plus ici qu’un un simple agencement de texte. Une question supplémentaire vient à l’esprit. Comment toutes les composantes d’un peuple peuvent-ils proclamer cette idée à l’unisson, d’un seul élan, sans se concerter ?
Pour répondre à ces différentes questions, il nous faut revenir sur la notion de BITOUL HAYESH, littéralement "annulation du Moi". C’est ce comportement qui précéda le don de l Dix commandements. Globalement, cette attitude peut être vécue sur deux modes.
Le premier est celui que ressent un serviteur devant son maître. Il s’efface et annule effectivement tout ce qui fait sa personnalité. Mais bien que cette soumission soit très forte, elle n’est pas totale. En effet le serviteur dont il est question reste une entité à part entière. Malgré sa soumission, il garde sa personnalité humaine. Par contre, le second mode est le suivant : lors du don des Dix commandements, la soumission à D.ieu fut totale. Pas comme celle d’un serviteur devant son maître (les Enfants d’Israël devant D.ieu) mais comme conséquence du dévoilement de l’Infinité de D.ieu . Au Mont Sinai, le peuple intégra alors le fait que rien n’existe véritablement, si l’on peut s’exprimer ainsi, ‘’en dehors’’ de D.ieu.
UNITE
C’est cette profonde prise de conscience qui entraina la fameuse proclamation à l’unisson de ‘’ Nous ferons et nous comprendrons’’. En règle générale, quand l’humilité est absente et que chacun met son égo en exergue, les opinions de tout un chacun sont différentes. Mais quand le Moi disparaît, nous prenons alors conscience que, devant D.ieu, nous n’existons pas véritablement. Il n’y a plus ‘’des ‘’hommes mais ‘’un’’ peuple. Le « nous » est l’expression d’une profonde unité. A contrario l’orgueil est source de division entre les hommes. Mais quand l’Infini se révèle, chacun ressent de la même façon qu’il n’est rien et que D.ieu est tout. La soumission à la volonté divine produit alors un élan unitaire où toutes les individualités s’annulent totalement. COHESION SOCIALE
Jusqu’à là on pourrait penser avoir ainsi atteint un niveau exceptionnel. Mais il faut encore viser plus haut.
Viser plus haut signifie ici, intégrer ce niveau dans notre conscience et dans tout ce qui est rationnel. C’est pourquoi l’exclamation « Naassé vénichma » fut intégré dans la parachat Michpatim. Les Michpatim sont une catégorie de lois de la Tora que l’esprit humain peut parfaitement intégrer du fait de leurs valeurs sociales. Ne pas tuer, ne pas voler ou dédommager une victime d’un préjudice sont des commandements qui sont tout à fait rationnels et quasiment naturels dans notre vie quotidienne. L’enseignement fondamental qui ressort de la parachat michpatim est donc le suivant. Les lois sociales qui sont la base de toute vie en société sont elles aussi l’expression de la volonté divine. La dimension transcendante de la Tora doit être vécue comme une donnée immédiate de la conscience. Et ainsi, D.ieu fait pleinement partie de notre vécu au quotidien.
RAV YAACOV SPITEZKI = 054 23 99 791
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