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“Il n’existe pas de portrait du Baal Chem Tov et il ne peut en exister”.
Cette déclaration de Rabbi Yossef-Itz’hak, le Rabbi Rayats, paraît au premier abord un peu surprenante. Surtout que ces propos proviennent d’un Rabbi qui sait très bien de quoi il parle, car il est lui-même un artiste. En effet, Rabbi Yossef-Itz’hak est aussi un écrivain. Bien plus qu’un grand écrivain, car il est avant tout un homme de Torah. Ses écrits ne sont pas de simples écrits. Aussi le Rabbi savait peindre les personnages de l’univers ‘hassidique qu’il décrit sublimement dans son livre : ‘Le livre des mémoires’. On peut dés-lors se demander ce qu’il sous entend quand il déclare “qu’Il n’existe pas de portrait du Baal Chem Tov et qu’il ne peut en exister”.
La ‘Hassidout nous permet de répondre à cette question. Rabbi Israël Baal Chem Tov est le père de la ‘Hassidout et de ce fait, son enseignement est comparable à l’attribut de ‘Hokhmah qui désigne l’éclair qui jaillit dans l’esprit de l’homme et constitue le premier stade du processus de la compréhension.
‘Hokhmah est le début du dévoilement d’une idée dans l’esprit et c’est pourquoi on peut le comparer à l’enseignement du Baal Chem Tov, car celui-ci constitue le point de départ de tous les enseignements de la ‘Hassidout qui lui succèdent, à commencer par l’enseignement de l’Admour Hazaken.
Mais il existe un aspect de ‘Hokhmah bien plus élevé. Le Rabbi Rachab explique en effet que ‘Ho’khmah ne désigne pas seulement ‘le commencement de la révélation dans l’esprit d’une idée, l’éclair intuitif, la saisie initiale de l’esprit..” mais il désigne aussi ‘l’endroit de l’âme’ dans lequel se révèle le divin néant.
Cet aspect de ‘Hokhmah décrit lui aussi la personnalité du Baal Chem Tov.
Beaucoup de gens pensent que la ‘Hassidout est une explication du Zohar mais le Rabbi dans son recueil intitulé ‘Iniana chel Torat ha ‘Hassidout’ explique clairement “qu’en réalité c’est le contraire qui est vrai” (ainsi que l’écrit le Rabbi Rachab que le Rabbi cite dans ce recueil). De fait, la ‘Hassidout est l’essence de la Torah, laquelle vivifie tous les niveaux de la Torah (le Pchat, le Rémez, le Drach et le Sod).
Ainsi, par exemple lorsque la ‘Hassidout explique Rachi (le Pchat) les commentaires de Rachi nous apparaissent autrement. Ils deviennent vivant à nos yeux et finissent par devenir une partie de nous même. Ceci est valable pour tous les aspects de la Torah. Quelque soit la partie que nous étudions, le regard de la ‘Hassidout nous fait accéder à la compréhension véritable et profonde d’un sujet.
C’est la qualité de l’essence. Ce n’est pas pour rien que l’on compare l’essence à de l’huile car l’huile qui bien qu’elle flotte au-dessus de tous les autres liquides, comme la ‘Hassidout de par le fait qu’elle soit l’essence de la Torah se situe au-dessus de tous les autres niveaux de la Torah, a le pouvoir de pénétrer dans toutes les matières. Aussi, la ‘Hassidout a le pouvoir de pénétrer dans le coeur et dans l’esprit de chaque juif. Sans elle il serait impossible de ressentir le message profond que nous adresse D.ieu par l’intermédiaire de Sa Torah bénie.
Le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken possèdent tous les deux la qualité de l’essence. Tous deux savent toucher le coeur de chaque juif. Tous deux savent lui parler, être proche de lui. Leurs propres vies n’avaient de sens que lorsqu’ils se consacraient aux autres, à leur donner à boire et à manger de l’eau et du pain de la Torah. Il n’est donc pas étonnant “qu’Il n’existe pas de portrait du Baal Chem Tov et qu’il ne peut en exister” car Rabbi Israël Baal Chem Tov représente l’essence de la Torah et l’essence est elle-même au-delà de toutes formes. Elle est divine et échappe à toute description à toutes limites. Cela est aussi vrai pour l’Admour Hazaken dont aucun juif ne fit le portrait (le seul portrait qui fut fait de son vivant fut réalisé par un artiste qui n’était pas juif); et il est légitime de supposer que c’est pour la même raison.
Ce Chabbat est celui de la Paracha Ki Tavo: “Quand tu entreras dans le pays que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage”.
Le Baal Chem Tov établit un jour une comparaison entre un juif et la terre, disant que ‘de même que la terre possède en elle-même la force de donner des fruits à l’infini, un juif peut lui-même donner des fruits à l’infini en accomplissant les commandements divins’. La raison à cela est que l’attribut de ‘Hokhmah de l’âme juive est ‘l’endroit de l’âme’ dans lequel se révèle le divin néant. ‘L’âme juive est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut’ (Tanya) et atteindre la terre d’Israël signifie que l’on atteind cet endroit de l’âme dans lequel se révèle le divin néant. Cela peut s’exprimer au moyen d’un simple exemple.
Le fait qu’Il n’existe pas de portrait du Baal Chem Tov s’accorde à l’un de ses enseignements. Rabbi Israël déclara que ‘l’on doit aimer un juif même si on ne le connait pas’.
‘Atteindre la terre d’Israël’ c’est aimer un juif sans même l’avoir vu et connu. De fait, l’essence s’élève au-delà de toutes les formes, qu’il s’agisse d’un portrait ou d’autre chose. C’est bien là l’enseignement du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken, l’attachement à l’essence de toute chose, à son aspect intérieur et profond. Cet attachement est le moyen direct de s’attacher à D.ieu et de puiser Sa lumière infinite, à l’image d’un porteur d’eau, d’un de ces juifs simples des histoires du Rabbi Rayats. Ces juifs intègres et pénétrés de la crainte et de l’amour de D.ieu.
En fait pour découvrir et contempler l’ébauche du portrait du Baal Chem Tov ou bien celui de l’Admour Hazaken il suffit de regarder la lumière qui illumine les ‘hassidim qui sont profondément attachés à eux , car ils portent sur eux la lumière de leur maitres.
Rav Yaakov Abergel
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