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Au sujet du premier verset du livre de Chemot d’après lequel il est dit (Chemot,1,1): “Et voici les noms des enfants d’Israël qui viennent en Egypte avec Yaakov….”, le Rabbi souligne que ce verset emploie le temps présent. Il est écrit en effet que les enfants d’Israël “viennent en Egypte…” mais non pas qu’ils “sont venus en Egypte”.
L’explication du Rabbi est qu’un juif ne doit jamais se lier à l’obscurité de l’Egypte. Même s’il se trouve depuis longtemps en exil et qu’il y ait vécu de nombreuses souffrances et de difficultés, il doit toujours se rapporter à l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel, chaque jour il doit se voir lui-même comme s’il entrait aujourd’hui en Egypte.
Pour sortir d’Egypte il faut d’abord être en Egypte. De fait, nous devons ressentir qu’aujourd’hui nous entrons en Egypte, et qu’aujourd’hui nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour en sortir.
De cette façon, nous parvenons à dominer l’obscurité de l’exil. Penser qu’aujourd’hui nous entrons en Egypte signifie qu’hier nous sommes parvenus à nous libérer, et qu’aujourd’hui aussi nous parviendrons également à nous libérer. De cette façon l’exil n’a jamais d’emprise sur nous-même car jamais nous ne lui donnons le temps et la possibilité d’agir contre nous.
Il est connu que le nom ‘Mitsraim’, ‘Egypte’, vient du mot Metsarim qui signifie ’Limites’. Nous devons continuellement ‘sortir d’Egypte’ c’est à dire de nos propres limites.
Le Tséma’h Tsédèk (Séfer HaLikoutim, lettre Mêm-Métsorah, page Tav chin Tsaddik) établit la différence qui existe entre ‘le pain de la terre’ et ‘le pain du ciel’ qui est la manne.
Le Rabbi explique que ‘le pain de la terre’ nourrit la partie de notre âme qui s’habille dans notre corps, laquelle correspond aux niveaux de Néchamah (les forces de l’intellect), Roua’h (les émotions), et Néfech (la force vitale du corps).
Quant au ‘pain du ciel’, qui n’est autre que la Manne, il nourrit notre être d’une lumière qui ne possède aucunes limites.
La manne contrairement à tous les autres aliments n’a pas de goût. Le goût de la manne avait celui que l’on désirait. Si l’on pensait au goût du pain, la manne prenait le goût du pain, si l’on pensait au goût de la viande, la manne prenait le goût de la viande. Aussi la manne du fait qu’elle ne possède aucun goût particulier, et qu’elle peut avoir tous les goûts correspond à la lumière d’Or Sovev car cette lumière ‘ne se limite pas à un goût particulier’, elle est illimitée et n’a ni fin ni mesure.
Le Tséma’h Tsédèk a déclaré que ‘dans les temps futurs ‘il y aura un dévoilement des taameï Torah (le sens profond des Commandements divins)’.
“Le dévoilement des taameï Torah” signifie que dans les temps messianiques le Machia’h dévoilera les raisons profondes des Commandements car Taam signifie Raison, Sens. Cependant Taam désigne aussi le Goût (d’un aliment), aussi, “le dévoilement des taameï Torah” est une allusion au dévoilement de la lumière d’Or Sovev par l’intermédiaire de la Manne, ainsi qu’il est écrit (Séfer HaLikoutim, lettre Mêm):
‘Et donc grâce à la manne qui représente la profondeur de la Torah, la profondeur de l’âme s’unit avec la profondeur d’Or Ein Sof’’, et c’est le sens du verset : ‘Il t’a nourri de la manne...afin de te faire savoir’ (Devarim, 8, 3) car le pain permet l’union de la partie dévoilée de l’âme (l’âme qui s’habille dans le corps) avec la lumière dévoilée de D.ieu (Or Mémalé, la lumière divine qui s’habille dans le monde), mais le niveau de la Manne exprime le lien entre le niveau caché de l’âme (l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, les niveaux de ‘Haya et de Yé’hida) et la lumière cachée de D.ieu’ (Or Sovev, la lumière divine qui ne s’habille pas dans le monde).
A la lumière de ce qui vient d’être dit nous devons comprendre que ‘le pain de la terre’ correspond à la partie révélée de la Torah et que ‘le pain du ciel’ correspond à sa partie profonde et que celle-ci nous permet de briser toutes les limites, de ‘sortir d’Egypte’. Le Rabbi Rachab (BéChaa ChéHikdimou, 1, page 63) explique que plus on se trouve à proximité d’une bougie (ou d’une source lumineuse), plus on profite de la lumière qui en émane, et plus on s’éloigne de la source lumineuse moins on profite de sa lumière et de sa clarté.
L’étude de la Hassidout nous permet de nous approcher de la source lumineuse, c’est à dire de la profondeur et de l’Essence de la Torah.
Comme il vient d’être expliqué, ‘le pain de la terre’ (la Torah révélée) vivifie la partie de l’âme qui s’habille dans le corps. ’Le pain du ciel’ (la hassidout) unit l‘Essence de notre âme à l’Essence divine. La hassidout est comparée à de la manne car, de même que la manne n’a pas de goût particulier et peut avoir tous les goûts, la hassidout laquelle est l’Essence de la Torah, n’a pas de ‘goût particulier’ (elle est l’Essence). De fait, la Hassidout vivifie toutes les parties de la Torah (le Pardess), elle peut avoir ‘tous les goûts’ (c’est à dire qu’elle nous permet de comprendre toutes les parties de la Torah de manière profonde). Le Rabbi est celui qui nous donne le goût de l’Essence de la Torah du Machiah, ‘le goût du pain du ciel’. Rav Yaakov Abergel
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