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Paracha Yitro "le Maître de l’essence de l’âme" par le Rav Yaakov Abergel
Magazine - Paracha
Vendredi, 17 Février 2017 14:02

rav-yaakov-abergelDans le Likoutey Si’hot (‘Hélek 4, page 1271), le Rabbi pose une question: laParacha que nous lisons ce Chabbat porte le nom de Yitro (le beau-père de Moché).

Pourtant il n’est pas seulement question de Yitro dans cette Paracha.


Bien au contraire, cette Paracha parle essentiellement du don de la Torah, et du fait que le don de la Torah est bien plus important que l’histoire de Yitro, pourquoi dans ce cas cette Paracha ne porte-t-elle pas plutôt le nom de ’Matan Torah’ ?


Le livre du Zohar (début de la Paracha Yitro) nous répond:


C’est par le fait qu’il était un idolâtre et qu’il se convertit, disant à Moché (Yitro, 18, 11): “Maintenant je sais que l’Eternel est plus grand que toutes les divinités….”, que le don de la Torah fut désormais possible.


Dès-lors, nous comprenons la raison pour laquelle cette Paracha porte le nom deYitro, et le Rabbi tire de cet enseignement du Zohar un précieux enseignement pour notre service divin.


‘Yitro’ est une allusion au corps et à l’âme animale, lesquels ne désirent assouvir que des plaisirs matériels inutiles.


Dans chaque juif se trouve cet ‘Yitro’ qui le tire vers le bas, comme un animal dont les yeux sont continuellement tournés vers la terre et jamais vers le ciel.


Notre travail consiste donc à combattre cet ‘Yitro’ en s’efforcant de s’arracher à ces plaisirs matériels et dénués de divin, pour enfin regarder vers le ciel, à l’exemple de Yitro qui fut un idolâtre, et qui malgré tout changea d’une extrême à l’autre, et qui finit par reconnaître que “l’Eternel est plus grand que toutes les divinités….”.


Lorsqu’un juif parvient à utiliser toute la force de son âme animale, c’est à dire lorsqu’il emploie toute la force du désir à ne désirer seulement que le dévoilement de D.ieu; lorsque ce juif emploie toute la vitalité de son corps pour accomplir la Volonté du Saint béni soit-Il, et qu’il consacre toutes les forces de son âme à l’étude de la Torah, alors ce juif parvient à aimer D.ieu au moyen de ses deux penchants.


Son âme ‘animale’, à l’image de Yitro qui au départ était un idolâtre, porte désormais le nom d’âme ‘vitale’, à l’image de Yitro qui déclara à Moché lorsqu’il se convertit: “Maintenant je sais que l’Eternel est plus grand que toutes les divinités….”.


En effet, chaque juif possède la force de transformer l’obcurité en lumière, de transformer ‘l’âme animale’ en une ‘âme vitale’, et quand il y parvient, tout devient plus facile.


Il peut désormais servir et aimer D.ieu avec une force dédoublée: la force de son âme ‘animale’ et celle de son âme divine.


A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous pouvons nous rendre compte à quel point le Rabbi, par ses enseignements, nous permet de comprendre et d’utiliser au mieux toutes les forces de notre âme.


De manière générale, le Rabbi nous guide, nous dirige, nous rassasie des forces dont nous avons besoin pour mener à bien notre mission sacrée; mais par dessus-tout, ce qui fait sa particularité est qu’il possède la faculté de révéler la partie la plus profonde de notre âme: l’essence de notre âme.


En ce sens le Rabbi est à l’exemple de A’hia de Chilo qui fut le Maître du Baal Chem Tov, et que l’on appelle aussi: “le Maître de ‘Haya et de Yé’hida’.


De fait, le Rabbi est aussi ‘le Maître de l’essence de l’âme’.


Il est dit dans notre Paracha (Yitro, 20, 15-16) que lors du don de la Torah, lorsque tout le peuple vit les voix qui sortirent de la Bouche de l’Eternel, “ils tremblèrent et se tinrent debout, de loin. Ils dirent à Moché: parle, toi avec nous, et nous t’écouteront et que D.ieu ne parle pas avec nous de peur que nous mourrions’.


Quand les enfants d’Israël entendirent les deux premiers Commandements de la Bouche de l’Eternel, ils ne purent le supporter.


Lorsque l’Eternel parlait, l’âme des enfants d’Israël quittait leurs corps, ainsi qu’il est écrit (Chabbat, 88b):


“A chaque expression divine, leur âme s’envolait...Mais L’Eternel la leur restituait avec la rosée dont Il fera revivre les morts”.


La force de Mochéapparaît ici avec clarté, car il est le seul d’Israël, capable d’entendre la Voix de l’Eternel sans que son âme ne quitte son corps.


C’est pourquoi il est dit que les enfants d’Israël “tremblèrent et se tinrent debout, de loin…”.


Dans le traité Chabbat (88b), Rabbi Yéchoua ben Lévi explique que lorsqu’ils entendirent la Voix de l’Eternel, le peuple recula d’une distance de 12 Milles,laquelle distance représente la longueur du Camp d’Israël.


Cette distance de 12 Milles est liée à l’interdiction, le jour du Chabbat, de sortir de la banlieue de notre lieu de résidence, ainsi qu’il est dit (Béchala’h, 16, 29):“Restez chacun à sa place, que nul ne sorte de son endroit…”.


Dans le Séfer Ha ‘Hinoukh, il est expliqué que cette Mitsva est liée à l’institution même du Chabbat.


Le repos du Chabbat ne consiste pas seulement en une abstention de tout travail, mais aussi en restant dans notre lieu de résidence, dans “notre endroit”.


L’Admour Haemtsaeï (discours “Atah E’had’) explique que cet espace physique dans lequel nous avons l’obligation de demeurer le jour du Chabbat, est celui où réside l’Essence divine, ‘Ya’hid’.


De la même façon que l’essence de l’âme de chaque juif réside dans l’espace des 4 coudées qui l’entourent, l’Essence divine réside dans l’espace du Camp d’Israël, et c’est pour celà que l’Eternel nous ordonne: “Restez chacun à sa place et que nul ne sorte de son endroit…”.


De fait, chacun doit rester dans l’espace dans lequel est révélé en ce jour saint, l’Essence divine.


Lorsque l’Eternel révéla Son Essence quand Il parla à Son peuple le jour du don de la Torah, le peuple dut reculer et se tenir à distance: “Ils tremblèrent et se tinrent debout, de loin”.


Seul Moché peut entendre la Parole qui sort de la Bouche de l’Eternel sans devoir se tenir à une certaine distance, comme ce fut le cas pour les enfants d’Israël.


Il en va de même pour le Moché de notre génération, le Rabbi.


Comme il est dit au sujet de Moché dans notre Paracha (19, 17): “Moché fit sortir le peuple à la rencontre de D.ieu”, le Rabbi est celui qui nous amène à la rencontre de D.ieu.


C’est à dire qu’il révèle l’essence de notre âme, laquelle réside dans nos 4 coudées, et révèle l’Essence de l’âme du peuple juif, laquelle réside dans les 4 coudées qui entourent ce peuple, car le peuple juif tout entier est lui-même appellé “Un seul homme”.


Le Rabbi est bien celui qui permet le dévoilement de D.ieu, il est ‘le Maître de l’essence de l’âme’.


Il est celui qui nous conduit vers ce jour saint qui sera un Chabbat éternel, un jour de repos, où sera enfin révélé Son Essence bénie, très bientôt et de nos jours.

 


Rav Yaakov Abergel

 

 
 

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