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Il est écrit: “Vayikra el Moché”, “Il appela Moché et D.ieu lui parla depuis la tente d’assignation”.
Le premier mot du ‘Houmach ‘Vayikra’, qu’il soit écrit dans un Séfer Torah, ou bien dans les ‘Houmachim, est écrit avec un petit aleph:
ויקרא אל משה
Il existe en fait trois dimensions de lettres dans la Torah:
*les grandes lettres: א
*les lettres de taille moyenne (la taille normale): א
*les petites lettres: א
Parmi les histoires ‘hassidiques sur la vie des maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad, on raconte au sujet du Tséma’h Tsédek, que lorsqu’il était un jeune enfant, son grand-père l’Admour Hazaken, le fit entrer au ‘Héder. L’Admour Hazaken demanda à son mélamed (enseignant) d’enseigner à l’enfant la première Paracha du livre de Vayikra.
Lorsqu’il revint de son étude, l’enfant demanda à son grand-père: “Pourquoi le mot ‘Vayikra’ est-il écrit avec un petit aleph? Pourquoi-donc la lettre aleph est-elle plus petite que toutes les autres lettres de ce mot?”
Après avoir entendu sa question, l’Admour Hazaken se concentra profondément, puis il répondit à la question de son petit-fils.
Lorsqu’elle est de grande taille, la lettre aleph est une allusion au sentiment de fierté qui naquit dans le coeur d’Adam HaRichon lorsqu’il médita au fait que le Saint béni soit-Il, Lui-même, avait formé son corps.
Adam se considéra donc pour celà comme un être important, et cela ne fut d’ailleurs pas sans provoquer, par la suite, sa chute, quand il commit le péché de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal.
Quant à la petite lettre aleph du mot ‘Vayikra’, elle fait allusion au fait que Moché était d’une extrême humilité. Même s’il avait conscience de sa position, Moché n’en concevait jamais de la fierté, et il ne se considérait pas comme important.
La Torah est écrite avec des lettres de taille moyenne afin de nous montrer le niveau que nous devons atteindre qui n’est autre que celui de ‘l’homme moyen’, le ‘bénoni’.
Grâce à la profondeur de notre attachement à la partie révélée et à la partie profonde de la Torah, nous parvenons au niveau de ‘bénoni’, et le livre du Tanya est d’ailleurs appelé ‘le livre de l’homme moyen’.
Dans sa réponse l’Admour Hazaken délivre à son petit-fils, et à nous-même, un enseignement pour notre service divin.
D’un côté, nous devons apprendre d’Adam HaRichon que nous possédons des qualités. Avoir conscience, par exemple, du fait que nous possédons une âme divine, et que par elle nous percevons le divin, à l’exemple de nos pères, Avraham Itz’hak et Yaakov.
D’un autre côté, nous devons apprendre de Moché, de ne jamais céder à l’orgueil.
Aussi, quand nous demandons à un enfant juif d’ajouter dans la Torah et les Mitsvoth, l’enfant ne doit jamais penser:
Qui suis-je? Que suis-je? Comment pourrais-je réussir?
Bien au contraire, il doit savoir et ressentir la qualité de l’existence d’un juif, la force de l’âme d’Israël, à l’exemple d’Adam HaRichon qui connaissait ses qualités, mais sans pour autant ressentir le moindre orgueil, à l’exemple de Moché, lequel est le plus humble parmi tous les hommes.
Il est écrit dans la Torah que durant le séjour des enfants d’Israël dans le désert, lorsque D.ieu s’adressait à Moché, Sa Voix ‘sortait du ciel et passait entre les deux chérubins’ (Bamidbar, Nasso, 7, 89):
‘Et quand Moché venait à la tente d’assignation pour Lui parler (à D.ieu), il entendait La Voix d’au-dessus du couvercle qui était sur l’Arche du témoignage, d’entre les deux chérubins, et Il lui parlait’.
Rachi écrit que La voix qui sortait du ciel ‘passait entre les deux chérubins, et de là, sortait vers la tente d’assignation’.
Rabbi Yom-Tov Lippman explique dans son livre ‘Alpha-Beïta’, consacré à la signification des lettres de la Torah, que la lettre aleph fait allusion à ce dévoilement.
En effet, la forme du aleph est composé d’un vav et de deux youdim. Les deux youdim font allusion aux deux chérubins, et le vav est une allusion à la Voix de L’Eternel qui passait entre les deux chérubins.
Nous pouvons lier cet enseignement du Rav Lippman à celui de l’Admour Hazaken.
La lettre aleph fait allusion au dévoilement de la parole divine à Moché, lequel eut ce mérite car il fut l’homme le plus humble parmi tous les hommes, ainsi que celà est exprimé par la petite taille de la lettre aleph du mot ‘Vayikra’.
Le Rabbi Rayats a un jour déclaré que le bâton de bois que le porteur d’eau porte sur ses épaules, et sur lequel sont suspendus deux sceaux remplis d’eau, évoque la forme du aleph.
Le bâton représente le vav du aleph, et les deux sceaux d’eau représentent les deux youdim du aleph.
Il est intéressant que le Rabbi Rayats choisit le métier le plus simple comme exemple pour la lettre aleph.
Son choix n’est pas sans exprimer l’enseignement du Tanya selon lequel ‘l’Eternel ne réside que dans un endroit qui Lui est totalement soumis’.
Aussi, le porteur d’eau n’est pas sans nous rappeler de notre maître Moché, lequel est aussi appelé le berger fidèle, qui nourrit les enfants d’Israël de émounah (foi), et à l’image du porteur d’eau, porte ses sceaux afin de donner aux enfants d’Israël à boire l’eau de la Torah, car la Torah est comparée par les Sages à de l’eau.
Aussi, l’exemple du porteur d’eau rapporté par le Rabbi Rayats peut très bien évoquer la personnalité de l’Admour Hazaken, lequel porte dans un sceau, l’eau de la partie révélée de la Torah, (car il est l’auteur du Choul’hane Aroukh) et qu’il porte dans le deuxième, l’eau de la ‘Hassidout.
Il est écrit: “Vayikra el Moché”: “Il appela Moché et D.ieu lui parla depuis la tente d’assignation”.
Aussi, nous devons comprendre que ce verset est aussi une allusion au dévoilement de la Voix de D.ieu qui aura lieu dans les temps messianiques, et que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer ces jours. Avoir à l’esprit l’image de Moché, et du Moché de toutes les générations, en nous souvenant de cette déclaration du Rabbi selon laquelle, “un juif doir avoir conscience de sa petitesse, et en même temps de la possibilité qu’il a de s’élever”.
Rav Yaakov Abergel
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