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Imaginons un Artiste en train de façonner une oeuvre d’art, et qui au milieu de son travail devient tout d’un coup inspiré par une idée nouvelle qui enveloppe son esprit tout entier, et réveille dans son coeur un sentiment nouveau.
Ses mains agissent alors différemment, et son oeuvre commence à changer, à prendre une nouvelle tournure, une nouvelle forme.
L’Artiste est à l’image du Saint béni soit-Il, l’Oeuvre qu’Il façonne est à l’image du monde que l’Eternel crée, et maintient en vie à chaque instant, et l’Inspiration insufflée à son oeuvre, représente les prières, l’étude de la Torah et les bonnes actions des enfants d’Israël.
Nous devons comprendre que lorsque l’Admour Hazaken déclare dans le livre du Tanya que ‘L’âme juive est véritablement une parcelle de divinité d’En-Haut’, celà signifie que l’âme d’Israël se trouve en D.ieu, qu’elle fait partie de Lui, qu’elle participe à Ses pensées, Ses décisions.
Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Ki Tetsé le Rabbi rapporte qu’il est écrit dans le Midrache, qu’avant de créer le monde, l’Eternel s’adressa aux Tsadikim en leur demandant s’il convenait de créer le monde.
Aussi, du fait que l’âme d’Israël fait partie de D.ieu, cette image de l’Eternel qui demande aux Tsadikim s’il est bien de créer le monde, est comparable à l’image d’un homme qui s’interroge, qui se questionne lui-même, et celà pour la bonne et simple raison que ‘l’Eternel Israël et la Torah ne font qu’Un’. Dès-lors, nous comprenons la profondeur de l’exemple de l’Artiste, qui au milieu de son travail devient tout d’un coup inspiré. L’inspiration détient le pouvoir de modifier l’oeuvre, de l’élever à un niveau supérieur, et de la même façon les enfants d’Israël inspirent l’Eternel. Par leurs pensées, leurs paroles et leurs actes, par leur prières, leur étude de la Torah et par leur Mitsvoth, les enfants d’Israël modifient la réalité. Ils élèvent l’oeuvre de la Création à un niveau supérieur. D’après une image donnée par le Baal Chem Tov, Le Rabbi déclara, le 3 Tichri 5749 (le 14 septembre 1988), que nous devons chercher D.ieu avec le même désir, que celui d’un fils qui cherche son père qui s’est caché de lui (lorsqu’il dit ces paroles, on peut entendre le Rabbi étouffer ses sanglots).
Le Rabbi explique que lorsque le Père voit que son fils ne le cherche plus, c’est le plus profond exil. ‘Tant que le fils cherche son Père, c’est un pas en avant, une étincelle, le début de la solution, car trouver Son Père est le vrai désir du fils, son effort essentiel….’.
Il est parfois rapporté dans les mémoires du peuple juif; qu’un Tsadik comprend le langage des animaux. Pour celui qui n’entend pas, le chant d’un oiseau n’est qu’abstraction, mais pour le Baal Chem Tov le chant d’un oiseau est une partition de musique. Le Baal Chem Tov sait lire ce qui est abstrait, ce que l’on ne voit pas.
C’est l’une des qualités de tous les bergers d’Israël, depuis le Baal Chem Tov jusqu’au Rabbi, celle de percevoir l’Essence divine qui se cache dans la matière de ce monde (le chant de l’oiseau). La Hassidouth compare d’ailleurs l’âme à une colombe. Dans le Séfer ha Likoutim (lettre Youde, Yonah) le Tséma’h Tsédek cite au sujet de l’âme divine le verset du Cantique des Cantiques (2, 14): ‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher, cachée dans les pentes abruptes, laisse-moi voir ton visage, entendre ta voix…’.
De fait, l’âme divine telle qu’elle est prisonnière du corps et de l’âme animale, ressemble à cette colombe ‘nichée dans les fentes du rocher’.
Plus encore que celà, le Tséma’h Tsédek explique que le nom Yonah, la colombe, qui est aussi le nom du prophète, qui fut jeté à la mer, et englouti par un énorme poisson, est une allusion à l’âme divine.
En effet, l’image de Yonah, qui prie l’Eternel, du fond des entrailles de la baleine, n’est pas sans évoquer l’âme divine prisonnière du corps et de l’âme animale.
La délivrance de la colombe apparaît peu après dans le Cantique des Cantiques, car il est écrit (2, 16): ‘Mon bien-aimé est à moi, et je suis à mon bien-aimé’.
Ce verset contient en effet les initiales du mot: ‘Elloul’, le mois de la Téchouva, du retour vers D.ieu, lequel est comparable au vol d’un oiseau qui s’élève dans le ciel.
Ainsi, la colombe ‘nichée dans les fentes du rocher’, est une allusion à l’essence de l’âme juive qui se cache à l’intérieur des fentes d’un rocher, au plus profond de nous-même. Le chant de l’oiseau évoque ‘le pas en avant, l’étincelle, le début de la solution, le vrai désir du fils, son effort essentiel’. Tous nos efforts en ce mois d’Elloul consistent à trouver notre Père, au sujet duquel il est dit qu’Il se trouve dans les champs. Il convient également de dire qu’Il se trouve dans le ‘chant’, dans le chant d’un oiseau, c’est-à-dire dans le chant de l’essence de notre âme, qui s’adresse à D.ieu, et Le supplie: ‘laisse-moi voir Ton visage, entendre Ta voix…’.
Le ‘visage’ de l’Eternel représente Sa Volonté la plus profonde et la plus intérieure, et Sa ‘voix’ n’est autre que la Voix de la Torah qui sortira de Lui.
Aussi, notre Paracha intitulée ‘KI Tetsé’, ‘Quand tu sortiras’ est une allusion évidente à la déclaration de L’Eternel selon laquelle ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’, trés bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu et de Ses enfants, par le mérite de notre Rabbi et par la joie de ses Hassidim.
Rav Yaakov Abergel
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