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Cette préparation comporte différentes phases :
A) Il faut, tout d’abord, se départir de tout souci, afin de ne pas subir la contrariété et la confusion, pendant la prière. Nos Sages disent, à ce propos, que : “ l’on doit parcourir, à l’intérieur, la distance nécessaire pour franchir deux portes avant de commencer à prier ”, ce qui veut dire que l’on ne peut pas prier d’emblée, très vite, dès que l’on vient de l’extérieur, avant de s’être défait de ses préoccupations matérielles et grossières(1). Il convient d’attendre un certain temps pour se libérer de ses activités préalables, s’en détourner jusqu’à ne plus être perturbé par elles, comme l’explique le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 90. Car, si nos Sages disent, à propos des paroles de la Torah, que : “ l’on ne commence pas à prier lorsqu’on est au milieu du jugement(2), mais seulement lorsque la Loi a été tranchée ”, combien plus doit-on faire totalement disparaître de son cœur les contingences du monde. Et, même celui qui ne se consacre pas à proprement parler aux activités du monde(3) sait, néanmoins que, quand il ne prie pas et ne s’astreint pas à l’étude, son œil observe et son cœur médite à divers événements matériels. Il ne s’agit pas là de mauvaises pensées, mais bien de réflexions liées à ce qui se passe dans le monde. C’est de cela qu’il convient de se défaire totalement.
De la sorte, on se préparera à prier et c’est dans le cadre de cette préparation que l’on commencera à revêtir le Talith et les Tefillin. Certes, nombreux sont ceux qui se plaignent de ne pas être en mesure d’ôter les tracas de leur cœur. Ceux-là pourront se faire la remarque suivante : dans les domaines matériels, par exemple pour le sommeil, ils se départissent effectivement de leurs tracas et ils parviennent à s’endormir, ce qui veut bien dire qu’ils parviennent à mettre de côté leurs désagréments et leurs préoccupations dans un but matériel, pour ce qui est indispensable à leurs corps. Combien plus doivent-ils y parvenir pour ce qui concerne leur âme. Car, si l’on appréciait le moment de la prière, on parviendrait aisément à ôter de son cœur tout ce qui la trouble et lui fait obstacle. Et, s’il n’est pas facile d’obtenir ce résultat, on se tiendra le raisonnement qui vient d’être exposé : “ Pour un objet matériel, je parviens à supprimer mon souci. Combien plus dois-je donc le faire dans une perspective morale, pour ce qui concerne la vie de mon âme ! ”. En raisonnant de la sorte, on obtiendra assurément le résultat escompté.
En outre, on priera en se tenant dans un même endroit, mais non en allant et en venant, car le fait de marcher pendant la prière trouble la ferveur et la méditation. Certains commettent l’erreur de penser qu’en marchant, il réfléchissent mieux, investissent plus efficacement leur cerveau et leur cœur dans leur prière. C’est une profonde méprise car on fait alors intervenir uniquement l’aspect superficiel de l’esprit et de la perception. En revanche, il n’y a rien de profond en tout cela et, bien au contraire, quand un raisonnement abstrait est largement développé on sera perturbé par le fait de marcher. De plus, il est inévitable que les yeux voient ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur, ce qui déconcentre et trouble. Il convient donc de rester dans le même endroit, afin de concentrer son esprit et son cœur uniquement sur la prière.
B) Lorsque l’on porte d’ores et déjà le Talith et les Tefillin, il est bon de réfléchir, avant la prière, à une notion de ‘Hassidout, pendant une demi-heure ou plus. Là encore, on sera debout ou assis au même endroit, sans se déplacer. De la sorte, on ouvrira son cerveau et son cœur afin d’en faire des réceptacles susceptibles de contenir la Lumière. Parfois, il est bon de le faire encore une fois avant de dire la bénédiction du Yotser(4).
C) Autre point, un homme doit aussi méditer à sa propre petitesse. Ainsi, disent nos Sages, “ on commence à prier uniquement quand on a ‘la tête lourde’ ”, c’est-à-dire avec soumission et modestie. Pour y parvenir, il convient d’établir un bilan moral, d’examiner attentivement tout ce que l’on a fait, ses pensées, ses paroles et ses actions qui n’ont pas été consacrées à D.ieu et qui ont provoqué un immense éloignement de Lui. Ainsi, il sera bien évident(5) que l’on n’est pas un réceptacle pour la Lumière de D.ieu et pour Sa sainteté.
Car, le palais du Roi doit être exempt de tout élément repoussant, de toutes immondices. Si ce n’est pas le cas, le Roi ne saurait y résider. Or, il en est de même pour l’homme, car chacun doit être un réceptacle et un sanctuaire pour la Lumière de l’Eternel et pour Sa sainteté, ainsi qu’il est dit : “ Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux ”. En effet, “ il n’est pas dit : ‘en lui’, mais bien : ‘parmi eux’, au sein de chacun ”. Et, ce sanctuaire doit être immaculé et délicat, purifié de toute infamie, de tout le mal qui inspire l’aversion. C’est bien à cette condition qu’il est digne d’être un réceptacle capable d’intégrer la Lumière de D.ieu. S’il n’en est pas ainsi, c’est que la nature profonde de l’âme animale a conservé toute la puissance qui est naturellement la sienne, qu’elle n’a pas encore évolué.
En pareil cas, l’âme animale règne sur le corps et le domine. Elle investit les trois vêtements moraux que sont les pensées, les paroles et les actions, leur inspire la passion, la suggère comme thème de réflexion, invite à parler du souhait de son cœur et de son désir, ou bien de moqueries et de vanité, puis à passer à l’acte et à assouvir la passion de son cœur, de façon permise mais avec pour seule motivation la recherche de son propre plaisir ou encore par ce qui, bien qu’étant autorisé n’a aucune utilité, n’est là que pour le désir et le plaisir des hommes(6).
Il en est de même pour celui qui se met en colère, ce qui est également considéré comme une action concrète. A fortiori est-ce le cas quand on accomplit une certaine action, sous l’emprise de cette colère. En pareil cas, on inspire le dégoût et l’on se souille, à proprement parler. Il est alors bien évident que l’on est absolument incapable d’être une résidence et un sanctuaire pour la Lumière de D.ieu, de la porter en soi, alors qu’en réalité on devrait être en mesure de l’intégrer profondément. Or, bien au contraire, on est alors soumis aux palais de l’impureté.
Il peut en être ainsi, de la même façon, pour celui qui étudie abondamment la Torah. Il est concevable que, malgré cela, la lumière de cette Torah ne l’éclaire pas profondément. Bien au contraire, elle se trouvera en exil et en captivité, en son sein, tout comme l’âme divine est exilée au sein de l’âme animale, qui l’entoure et l’occulte, de tous les côtés, ainsi qu’il est dit : “ C’est l’impie qui couronne ”(7). Il en résulte que les passions de l’âme animale deviennent plus fortes, que les vêtements souillés de cette âme animale recouvrent l’âme divine, la cachent et la voilent, de sorte qu’elle ne peut plus quitter son cachot, afin de prier D.ieu avec conscience, en méditant et, a fortiori, avec la dimension profonde du cœur qui transcende cette conscience et cette méditation. On consultera, à ce propos, Iguéret Ha Kodech, au chapitre 4, dans le paragraphe introduit par : “ Les enfants d’Israël obtiendront la délivrance par… ”.
En pareil cas, la Torah qu’un tel homme étudie se trouve également en exil et en captivité auprès de lui. Sa lumière n’aura donc aucun effet sur sa personnalité. Bien au contraire, les forces du mal et de ‘l’autre côté’, à l’origine de l’âme animale, le dirigent, le dominent et détournent la vitalité émanant de cette étude de sorte que celle-ci deviendra un poison pour lui. Et, il provoquera également l’exil de la Présence divine, là-haut. En conséquence, le flux émanant d’Elle sera accordé aux palais de ‘l’autre côté’, que D.ieu déteste et s’y trouvera en exil, comme l’expliquent Iguéret Ha Techouva, au chapitre 6 et Iguéret Ha Kodech, à la référence précédemment citée. On verra aussi les chapitres 24, 29 et 30 du Séfer Chel Beïnonim.
Si chacun établit, dans son esprit, un bilan moral de tout cela, en fonction de ses difficultés personnelles et des différentes plaies qui entachent son âme, selon la connaissance que l’on peut en avoir, on en concevra, en son esprit, une amertume sincère et profonde. Et, l’on sera très humble, profondément soumis à ses propres yeux. Alors, on en aura l’esprit rompu, le cœur sincèrement brisé et contrit. C’est alors que l’on sera un réceptacle pour la Lumière de D.ieu, que l’on parviendra à porter en soi, ainsi qu’il est dit : “ Je placerai celui qui est humble dans la hauteur et la sainteté ”.
De fait, cette amertume et ce sentiment d’humilité ne doivent être ressentis que dans des moments bien précis et propices pour cela. De façon générale, le temps le plus favorable est le Tikoun ‘Hatsot(8), comme le précise le chapitre 7 d’Iguéret Ha Techouva. Néanmoins, ce moment ne doit pas en être quotidien, même si le Zohar affirme qu’un bilan moral est nécessaire, chaque nuit. Tel est également l’avis de nos Sages, qui enseignent : “ on commence à prier uniquement quand on a ‘la tête lourde’ ”, ce qui semble bien vouloir dire qu’il en est ainsi chaque jour. Toutefois, les Sages font référence ici aux Justes, qui sont “ à Notre image et à Notre ressemblance ”, qui ont donc un comportement, au sein de leur petit monde, identique à celui des mondes supérieurs. Ainsi, le jour est pour eux le temps de la lumière, correspondant à la joie, puisque nos Sages disent : “ La Lumière, c’est la joie ”, alors que la nuit est liée à la rigueur laquelle, dans le service de D.ieu, est symbolisée par l’amertume et la tristesse, émanations des forces de rigueur que l’on porte en son âme. C’est donc pour ces raisons que les Justes doivent établir un bilan moral, chaque nuit. Les autres, en revanche, ne le feront pas quotidiennement, mais seulement de temps à autre.
En outre, il est nécessaire d’être seul, à ce moment. Il ne faut pas que d’autres personnes soient présentes. En effet, le Tikoun ‘Hatsot est, comme on le sait, l’introduction, le fondement du service de D.ieu de toute la journée. Il doit donc être effectué en cachette, tout comme les fondations d’une maison sont enfouies dans la terre.
Mais, le moment le plus favorable est, avant tout, celui en lequel un homme sent qu’il est triste de toute façon, à cause des considérations matérielles, comme l’explique le Séfer Chel Beïnonim, au chapitre 31. Il doit alors interpréter cette tristesse comme une indication céleste sur la nécessité d’établir un bilan moral. Par ailleurs, celui qui a commis des fautes graves suscitera lui-même l’amertume en son âme, au moyen de jeûnes et de mortifications(9), afin de pénétrer son cœur de la détresse découlant de ces fautes, d’en concevoir de l’amertume et d’en avoir le cœur brisé. Après cela(10), il pourra se réjouir, en son âme, grâce à la réflexion qui est suggérée par les chapitres 31 et 33 du Séfer Chel Beïnonim. Et, il étudiera la ‘Hassidout afin de prier joyeusement, ainsi qu’il est dit : “ Servez D.ieu dans la joie ”, comme on le sait.
D) Si toutes ces préparations ne suffisent pas encore pour faire de son esprit le réceptacle et le sanctuaire de D.ieu, béni soit-Il, parce que l’on n’a pas été touché en son cœur, comme il l’aurait fallu, par le raisonnement précédemment cité, parce qu’en conséquence, on n’a pas le cœur réellement brisé, on devra, au cours de sa prière, invoquer une immense miséricorde pour son âme divine, qui est descendue “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ”. En sa source, en effet, celle-ci est particulièrement haute, plus que les anges et elle est animée, en permanence, de l’amour et de la crainte de D.ieu, ainsi qu’il est dit : “ Par l’Eternel, devant Lequel je me tiens ”. Or, ces sentiments, pour les âmes, sont infiniment plus intenses que pour les anges. Bien plus, on sait que la source première de l’âme est l’Essence de la Lumière de l’En Sof(*), comme cela est longuement expliqué par ailleurs.
Or, cette âme divine est descendue ici-bas, s’est revêtue d’un corps et d’une âme animale. Ce qu’elle obtient, par son cerveau et par son cœur, n’est nullement comparable à ce qu’elle pouvait accomplir au préalable, quand elle se trouvait là-haut et, bien plus, elle doit, pour cela, fournir un effort immense et intense. Une telle chute est provoquée par ses pensées, ses paroles et ses actions qui ne sont pas bonnes et qui la livrent, l’attachent à l’âme animale, comme si elle était en exil auprès d’elle, de sorte qu’elle ne puisse plus se relever et servir D.ieu, pas même après un immense effort et une intense préparation, telle qu’on l’a décrite.
La pitié que l’on peut éprouver pour cette âme divine est donc véritablement incommensurable et c’est à ce propos que nous disons : “ Par Ta grande miséricorde, prends-nous en pitié ”. Nous évoquons précisément la miséricorde de D.ieu, car nous-mêmes, n’avons pas pleinement conscience de la pitié que l’on devrait éprouver pour cette âme, dans la mesure où nous ne savons pas et nous ne ressentons pas réellement la grandeur qui était la sienne lorsqu’elle se trouvait là-haut. Nous ne saisissons donc pas pleinement ce qu’est sa descente. De ce fait, nous demandons : “ Par Ta grande miséricorde, prends-nous en pitié ”, car : “ Tout est évident et révélé pour Toi ”.
Le moment spécifique pendant lequel on peut invoquer cette miséricorde divine est la bénédiction Ahavat Olam(11). Un homme le fera aisément, sollicitant cette miséricorde afin d’être en mesure de ressentir à quel point il convient d’avoir pitié de son âme. Et, selon un principe établi, l’Attribut de miséricorde n’est jamais invoqué en vain. D.ieu, dans Sa grande compassion, prendra en pitié l’homme qui le fait. Il ouvrira son cerveau et son cœur, afin qu’il puisse réellement Le servir.
E) Il est également une préparation spécifique à la prière de la Amida. Celle-ci consiste à réfléchir que l’on se tient devant le Roi suprême, le Saint béni soit-Il, que l’on s’adresse à Lui à la seconde personne : “ Béni sois-Tu, Eternel… Tu es puissant… Tu es saint… Tu prends en grâce… Notre Père, fais-nous revenir… ”. Bien plus, on pensera également, sommairement mais en suscitant tout son attachement, à la grandeur et à l’élévation de l’En Sof(*), par rapport Auquel tout est insignifiant, y compris les stades les plus hauts. Ainsi, il est dit que : “ Kéter(*), la Couronne supérieure, bien qu’elle est une Lumière pure, une Lumière fine, est considérée comme sombre, devant la Cause de toutes les causes ”. Et, l’on consultera le Pardès, porte de la clarté brillante, au chapitre : “ Lumières dans les réceptacles ”, qui définit la “ Lumière antérieure ”, la “ Lumière pure ” et la “ Lumière fine ” comme “ les trois têtes premières ”. Selon ses explications, à cette même référence, au chapitre 3, ceci correspond aux dix Sefirot cachées en l’Essence de l’En Sof(*), telle qu’elle est avant le Tsimtsoum(*), comme cela est expliqué par ailleurs.
Ainsi, “ toutes les Lumières sont obscures devant Lui ”, car elles ne sont que des Lumières, qui n’ont rien de commun avec l’Essence. Or, l’Essence du Luminaire est pleinement révélée et se trouve véritablement en tout endroit. De fait, pour ce qui La concerne, les notions d’occultation et de dévoilement n’ont strictement aucun sens, comme cela est expliqué par ailleurs. Et, c’est bien devant Lui, béni et loué soit-Il que l’on prie, comme cela est expliqué par ailleurs à propos de : “ Tu es, Eternel, seul. Tu as fait… ” ! C’est à Lui que l’on s’adresse à la seconde personne ! Celui qui médite à tout cela sera saisi par une grande crainte. Il ressentira une soumission profonde en son esprit, qui est bien le sentiment essentiel de la Amida, qu’il importe de dire en faisant abstraction de soi-même. De fait, la différence entre l’effort du Chema Israël et celui de la Amida a déjà été expliqué par ailleurs.
Résumé
Nous avons énuméré ici cinq préparations à la prière : 1. Il est nécessaire d’écarter toute pensée relative aux préoccupations du monde et de se tenir en un même endroit. 2. Il faut réfléchir à des idées de ‘Hassidout en portant son Talith et ses Tefillin. 3. Il convient de ressentir sa propre petitesse en éprouvant de l’amertume. 4. On invoquera l’immense miséricorde de D.ieu pour son âme. 5. On se dira que l’on se tient devant l’Essence de l’En Sof, béni soit-Il.
Notes
(1) Qui sont ce que l’on appelle ici : “ l’extérieur ”. (2) Car, on est préoccupé par ce jugement et incapable de se concentrer sur un autre objet. (3) Ayant l’étude de la Torah pour seule activité. (4) Introduisant les bénédictions du Chema Israël. (5) A l’issue de ce bilan moral. (6) On retrouve donc bien l’ordre qui a été défini, détérioration des pensées, puis des paroles et enfin des actions. (7) L’impie désigne ici l’âme animale et la couronne, celui qui prend le dessus. (8) Les prières de lamentation pour la destruction du Temple qui ont lieu au milieu de la nuit. (9) Le Rabbi explique, néanmoins, qu’à notre époque, compte tenu de l’affaiblissement physique des personnes, il n’y a pas lieu d’avoir recours aux mortifications physiques. Il est d’autres moyens d’avancer sur le chemin de D.ieu. (10) C’est-à-dire après le Tikoun ‘Hatsot. (11) La seconde bénédiction précédant la lecture du Chema Israël.
Définitions
Sovev : “ La Lumière divine qui entoure les mondes ”. Elle entoure chaque stade de la création, influence chaque créature sans lui être accessible. Elle est à l’origine de la transcendance de D.ieu.
En Sof : “ Ce qui n’a pas de fin ”. Cette expression désigne l’Essence de D.ieu, illimitée et infinie, telle qu’Elle est avant la contraction de la Lumière qui est à l’origine du processus créatif. L’En Sof transcende toute perception, représente “ la plénitude la plus haute qui puisse être, sans aucune imperfection ”. La révélation de l’En Sof à Lui-même, avant que la création ne prenne un sens, s’appelle Or En Sof, la Lumière de l’En Sof. Il est difficile de comprendre ce que peut signifier une révélation lorsque nul ne peut la recevoir. L’Admour Hazaken énonce, à ce propos, l’image d’un homme qui se parlerait à lui-même, alors que rien ne l’empêche d’avoir recours uniquement à la pensée, dans la mesure où une parole ne s’impose qu’en présence d’un interlocuteur.
Kéter : Tantôt défini comme un stade indépendant, qu’il est impossible de définir, tantôt présentée comme la première Sefira, enclenchant le processus du dévoilement, Kéter est la couronne surplombant la tête, l’Emanation première. Elle est l’intermédiaire entre l’En Sof et les Sefirot. Elle constitue, à proprement parler, la charnière de la création, réunissant en elle le stade le plus inférieur de l’Essence et la phase la plus haute de l’émanation.
Tsimtsoum : “ Contraction, occultation ”. C’est le processus par lequel D.ieu fit abstraction de Son Essence infinie, “ Se retira de Lui-même en Lui-même ” et comprima Sa Lumière pour faire la place à l’enchaînement des mondes. Le flux de Son Essence fut ainsi occulté, de sorte que les mondes n’en reçoivent qu’une infime partie. Ainsi, les créatures peuvent obtenir la vie et connaître la perfection, à partir du néant. Le Tsimtsoum modifie la perception des créatures, mais en aucune façon la Divinité Elle-même. Si D.ieu n’avait pas eu recours à ce processus, les mondes n’auraient pu supporter Sa Lumière, trop intense pour qu’ils puissent la supporter. C’est donc précisément le voile qui est à l’origine de la révélation. De ce fait, le Tsimtsoum est appelé “ contraction pour éclairer ”, car il n’est qu’une apparence.
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