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Magazine -
Judaisme
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Jeudi, 31 Janvier 2013 13:47 |

Par Gérard Touaty
Lorsque le Hassidisme commença à se répandre sous l’impulsion du Baal Chem Tov et des ses disciples, de nouvelles idées s’installèrent au sein de la conscience juive et commencèrent à modifier les mentalités en profondeur. A partir de cette époque, commença lentement l’émergence de l’ère pré messianique. Mais dans le même temps, le monde allait peu à peu prendre, lui aussi, une nouvelle voie qui n’était, en fait, que le reflet des modifications du monde juif. On pourrait donner de nombreux exemples de cette double évolution mais nous n’en retiendrons que deux qui frapperont les esprits par la similitude qu’ils nous proposent.L’une des innovations du Baal Chem Tov concerne le concept de Emouna, la foi. Il bouleversa les convictions antérieures en expliquant que la foi, dans son acception la plus entière, consistait à croire que chaque détail des quatre règnes de la création (minéral, végétal, animal et humain) était voulu par D.ieu et qu’il participait à la construction messianique.
Avec le Baal Chem Tov, chaque particule de la création prenait alors une importance considérable. Aujourd’hui, dans le monde juif, plus personne ne remet en cause la justesse de ce concept. La même idée a fait son chemin dans la recherche scientifique, pour aboutir, en ce début de nouveau siècle, à une donnée fabuleuse : on peut enfermer des millions d’informations dans un objet parfois pas plus long qu’un briquet. Là aussi, avec le temps, la culture de l’infiniment petit s’est installée dans nos sociétés : le détail a pris de l’importance, comme s’il venait donner une assise scientifique à la conception du Baal Chem Tov. Le constat est ici évident : comme l’a expliqué le Rabbi, le monde avance lui aussi vers la délivrance messianique.
Il est intéressant de noter que cette perspective (de l’importance du détail) se retrouve aussi dans l’enseignement du Rabbi, notamment après le décès de sa mère en 1964, quand il commença à expliquer le commentaire de Rachi d’une manière radicalement nouvelle. Alors que les Maîtres des générations précédentes expliquaient Rachi en retenant l’idée globale qu’il voulait apporter, le Rabbi se mit à disséquer les mots de Rachi afin de leur donner un poids déterminant pour la compréhension du texte. Ainsi, une citation incomplète du commentateur, un etc. ou un nom propre qu’il citait, n’étaient non seulement pas l’effet du hasard mais nous aidaient à mieux comprendre le commentaire. Le détail (apparemment négligeable) prenait subitement du poids et révélait la présence de D.ieu qu’il contenait.
Gérard Touaty
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