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La réponse à cette interrogation se trouve dans un texte du Rambam, la « Iguérèth Témane » (la Lettre aux Juifs de Témane) qui fut écrite en 1172.
A propos de la prophétie le Rambam écrit que « …nous avons chez nous une tradition extraordinaire. Je l’ai reçue de mon père qui lui-même l’a reçue de son père et du père de son père et ainsi depuis le début de l’exil….selon laquelle, en s’appuyant sur des versets prononcés par Bilâm…..le retour de la prophétie sera un signe avant coureur de la venue du Machia’h (Editions du Rambam léam, Mossad harav Kook p.172). Mais il y a plus, le texte même du Talmud va dans cette voie : nous avons rapporté la traduction classique qui nous dit : « ….que le pouvoir de prophétie a disparu ». Or le verbe hébreu employé ici est נסתלקה (nistalka) qui ne signifie pas « disparu » mais plutôt « éloignée ».
La prophétie s’éloigna parce qu’il n’y avait plus d’hommes, à cette époque, dignes d’en être gratifiés. Mais aujourd’hui, et plus spécifiquement depuis l’émergence du Hassidisme, elle s’est clairement manifestée chez tous les Maîtres de ce mouvement, depuis le Baal Chem Tov et ses successeurs et cela jusqu’au Rabbi de Loubavitch. A propos du Baal Chem Tov et de son successeur, le Maguid de Mézeritch, le Tséma’h Tsédek écrit qu’ils pouvaient « voir » d’un bout du monde à l’autre ! Dans cette perspective et pour ne citer que des faits marquants de l’histoire contemporaine, il faut rappeler les interventions publiques du Rabbi avant la guerre des 6 jours pour affirmer qu’Israël connaîtrait une grande victoire ou bien encore toutes les actions (lettres collectives ou réunions d’enfants) que le Rabbi mit en oeuvre, avant la guerre de Kippour pour montrer que l’issue finale verrait la chute des armées arabes alors que personne ne se doutait de ce qui allait se passer.
Plus proche de nous encore, quelques mois avant le début de l’année (juive) 5750 (nous étions en 1989), le Rabbi décréta que l’année qui s’annonçait serait « une année de miracles ». Or, l’année nouvelle vit l’effondrement du mur de Berlin et le début de la décomposition du régime soviétique. Ce qui entraîna la liberté de culte et de mouvement pour les Juifs russes.
Il est à noter que déjà quelques années plutôt, le Rabbi avait annoncé que les Juifs de cet Etat connaîtraient bientôt la liberté. Et quand, dans un entretien privé, il en parla au professeur Brannover, un éminent chercheur juif originaire de l’ex U.R.S.S, ce dernier exprima, en son for intérieur, des doutes sur une telle éventualité. Plus tard, avant le déclenchement de la guerre du Golfe, le Rabbi assura publiquement, et à des milliers de personnes en privé, qu’il n’y avait rien à craindre des menaces de l’ennemi. Et là encore, ses prophéties s’avérèrent exactes : nous fûmes témoins, en cette fin du vingtième siècle, de prodigieux miracles relayés par les médias du monde entier.
Ce statut de prophète qui définit le Machia’h avant même l’émergence de la délivrance fut déjà annoncée par le ’Hafetz ’Haïm dans l’un de ses commentaires sur la parachath Vayéra. Il écrit là bas « ….lorsque arrivera le moment du dévoilement de la gloire de D’ dans le monde par la venue du Machia’h, il est certain qu’alors se trouveront des hommes de l’envergure des prophètes d’antan qui encourageront le peuple juif à se renforcer dans leur foi et les inciteront à revenir vers D’. Ils lui demanderont aussi de se préparer pour ce jour par l’étude de la Thora et la pratique des bonnes actions… » (Cf. Génération Machia’h, p.95). Il est remarquable de constater l’unité de la pensée de nos Maîtres à travers l’histoire : comme le ’Hafetz ’Haïm, le Rabbi évoque le terme de « préparation » à la délivrance ! Il reste toutefois une question fréquemment posée : comment déterminer avec certitude le statut de prophète chez un individu ? En d’autres termes, quels éléments objectifs peuvent créditer le Rabbi du statut de prophète ? C’est Rachi qui nous fournit une réponse en précisant que si quelqu’un se présente comme un prophète mais qu’il est déjà connu, de part le passé, comme un Juste parfait, on peut lui faire confiance (Parachath Choftim, chap. 18, verset 22) |