
Gérard Touaty / hassidout.org
Pourquoi la délivrance messianique doit-elle passer par un homme (le Machia’h) ? D.ieu ne pourrait-Il pas délivrer Son peuple sans passer par un intermédiaire humain ? En fait, cette question n’est pas vraiment nouvelle puisqu’on la retrouve au sujet de la délivrance d’Egypte dont Moché rabbénou fut le « coordinateur » depuis la première plaie jusqu’au don de la Thora !
La réponse est donnée dans de nombreux livres dont voici l’idée principale : le rapport entre D.ieu et Sa création ne doit pas s’exercer de manière brutale par le poids d’une volonté (divine) unilatérale. Les hommes doivent s’associer, en quelque sorte, au projet divin pour le comprendre et l’intégrer en eux. C’est pourquoi la délivrance sera planifiée et organisée par un homme, cela afin de faire « descendre humainement » un sujet divin. Un verset de la Thora (1) nous en donne une idée quand Moché rabbénou déclare lui-même « Je me tiens entre D.ieu et vous… ».
Le Machia’h aura lui aussi cette situation d’intermédiaire parce que la lumière de la délivrance sera si élevée qu’elle aura besoin de passer par un homme ayant à la fois une dimension divine et une dimension humaine. Il aura donc de ce fait, la capacité d’acheminer l’Infini vers le fini. Pour cela, une condition s’impose : une profonde soumission à D.ieu qui fait de lui un être totalement transparent. Il n’est qu’un intermédiaire au travers duquel passe la parole de D.ieu. C’est d’ailleurs pourquoi un verset de la parachath Béaaloté’ha (2) précisera que « Moché était très humble plus que tout homme… ». Il en sera de même pour le Machia’h qui est décrit comme « un humble chevauchant un âne », capable d’enseigner la Thora aux plus grands comme aux Juifs les plus simples, ce qui constitue une singulière marque d’humilité. Ce trait est particulièrement saillant chez le Rabbi devant qui, chaque dimanche, des milliers de personnes passaient pour recevoir de sa main, un ou plusieurs dollars. Là, à l’image d’un roi qui règne sur son peuple sans distinction particulière, toutes les catégories humaines se pressaient devant lui : hommes, femmes, enfants, personnes âgées, érudits, Juifs simples, religieux, non religieux, hommes politiques et mêmes non Juifs. Prenons conscience qu’il ne s’agissait pas ici d’un simple rituel dominical : c’est le roi Machia’h lui-même qui s’affiche en tant que tel comme un monarque qui exerce son autorité sur la collectivité des hommes.
Gérard Touaty
Notes
(1) Parachath Vaèth’hanane, chap. 5, verset 5
(2) Chap. 12, verset 3
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