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Par Gérard Touaty
La parachath que nous lirons ce chabbath porte le nom de Vayétsé qui signifie « Il sortit » car, pour fuir la colère de son frère Essav, Yaakov dut sortir de Béer Chéva. Mais au-delà de cette lecture littérale, les commentateurs nous proposent de comprendre cette sortie sur un registre bien plus profond, pour nous inviter à réfléchir sur la condition juive.
Chacun des trois patriarches a institué une des trois prières quotidiennes. Avraham institua celle du matin, Cha’harith. Its’hak, celle de Min’ha dite dans l’après midi et Yaakov fixa la prière du soir, Arvith. Comme on le devine aisément, la personnalité de Yaakov est étroitement liée avec cette prière dite la nuit, puisque rien n’est fortuit dans la Thora. Allons plus loin : la fixation de Arvith par Yaakov est rapportée dans notre paracha qui porte le nom de Vayétsé (Il sortit). Il faut donc comprendre que ces trois détails (Yaakov, Arvith et « Il sortit ») sont porteurs d’un enseignement commun.
Sortir d’exil
Pour comprendre la portée de cette association, il nous faut définir, au préalable, la notion d’exil. Au sens premier du terme, l’exil est un éloignement qui se produit entre le Juif et son créateur et du fait de cette situation, se crée alors une seconde dimension dans l’exil : l’obscurité s’installe et le rapport de cause à effet entre les évènements de notre vie n’est plus compréhensible. Des trois patriarches, c’est Yaakov qui sera confronté à cette situation. Il va non seulement quitter la tranquillité de la terre d’Israël pour vivre dans un monde où la spiritualité est réduite, mais il devra, en plus, affronter l’adversité la plus redoutable, en la personne de Lavane, son beau père. On comprend à présent pourquoi c’est Yaakov qui institua la prière du soir de Arvith. Cette prière est dite la nuit, temps de l’obscurité, comparable à l’exil. Mais cette période n’est pas une valeur en soi. Elle n’existe que pour être dépassée, pour qu’un Juif utilise des forces cachées en lui et retrouve le créateur. C’est pourquoi notre paracha porte le nom de Vayétsé (Il sortit). L’exil n’est en fait qu’une invitation à sortir de soi, de ses habitudes, de sa paresse spirituelle et de son confort matériel pour atteindre la délivrance.
Le troisième Temple
Il devient alors possible de situer le début de la paracha qui évoque le rêve de Yaakov voyant une échelle posée à terre et dont le sommet atteignait le ciel. Pour les commentateurs, cette échelle n’est que le troisième Temple, celui qui correspond au troisième patriarche, Yaakov. Cette mention du Temple vient juste après le rappel de la sortie de Yaakov. Quand un Juif décide, de toutes ses forces spirituelles de sortir de son exil, il dévoile non seulement le Temple qui est en lui mais provoque aussi la délivrance et, pour ce qui nous concerne, la construction du troisième Temple. Gérard Touaty
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