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Par Gérard Touaty
Une lecture première des versets de notre paracha nous apprend qu’à la suite de son isolement, une purification du lépreux était possible : si les traces de lèpre qui se trouvaient sur la peau de sa chair avaient disparu, il pouvait alors réintégrer la communauté des hommes. Mais nos Maîtres, toujours soucieux de lire les textes dans une perspective plus profonde, nous proposent une autre lecture : le lépreux dont il est question ici n’est autre que le peuple juif…
Il n’est pas toujours facile de comprendre le long cheminement de notre histoire. Mais si l’on prend le temps de réfléchir sur la durée, on peut aisément constater que depuis quelques décennies, le peuple juif traverse une nouvelle période de son histoire : depuis le début de son exil, le peuple juif était lépreux. Aujourd’hui, il est entré dans sa phase de purification !
Une abondante littérature
Lorsqu’un Cohen déclarait un homme impur du fait de sa lèpre, ce dernier était exclu des trois camps qui composaient le peuple juif : l’espace du Temple, celui de la tribu de Lévi et enfin celui du peuple juif. Il en est de même, allusivement, pour le peuple juif durant son histoire : il fut mis de côté, pour lui interdire de participer à l’Histoire officielle. Mais si cette exclusion est avilissante aux yeux des nations, pour Israël, ce temps d’exil est tout le contraire. Rappelons-nous, en effet, que la plaie de la lèpre qui affecte le lépreux n’est que sur « la peau de sa chair », sur l’aspect extérieur de sa personne. Ce qui signifie, a contrario, que dans sa dimension intérieure, Israël n’a pas de lèpre car l’exil n’est pas une punition. C’est une situation dans laquelle D.ieu a placé le peuple juif pour qu’il révèle la grandeur de sa dimension divine. Ainsi, on verra, tout au long de cet exil, le peuple juif produire des écrits fondamentaux de son identité, et cela malgré les souffrances, la dispersion et les difficultés matérielles, chose qu’il ne fit pas lorsqu’il était installé sur sa terre dans la quiétude spirituelle et physique. La Michna, le Zohar et la Guémara furent rédigés durant les premiers siècles qui suivirent la destruction du second Temple et restent encore les ouvrages de référence de la vie juive, sans compter le Choul’hane arou’h (le Code de lois juives) et les ouvrages fondamentaux du Hassidisme.
Le retour au judaïsme
Mais la souffrance du lépreux prenait fin quand les signes d’impureté disparaissaient de sa peau. Commençait alors le processus de purification. Après l’exil, vient la délivrance messianique. Bien évidemment, le Machia’h n’a pas encore délivré le peuple juif et nous ne sommes pas tous rassemblés sur notre terre mais nous vivons de nos jours les prémices de ce temps. Quand le lépreux était guéri de son affection, il pouvait réintégrer le camp et un Cohen se chargeait de sa purification. C’est ce que nous voyons aujourd’hui à l’échelle collective : le peuple juif n’est plus confiné dans un ghetto. Il a réintégré le camp de l’histoire et retrouvé sa dignité. Les souffrances physiques se sont considérablement réduites et l’on voit des milliers de Juifs revenir dans « le camp du judaïsme ». Devant ce phénomène radicalement nouveau, au sein de l’exil, ne commettons pas l’erreur de ne voir qu’un simple bouleversement sociologique. Les évènements se bousculent, certes, mais le même fil conducteur les anime : l’émergence de la délivrance. D.ieu (le Cohen) nous envoie des signes pour nous inciter à agir par des bonnes actions afin de précipiter le temps où la spiritualité ne sera que la seule préoccupation des hommes.
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