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Par Gérard Touaty
Des trois patriarches, Its’hak (Isaac), est le seul à n’avoir jamais quitté la terre d’Israël. Cette spécificité n’est pas fortuite puisque dans les temps futurs, le peuple juif connaîtra une situation identique où tous, réunis sur notre terre, nous proclamerons qu’ « Its’hak est notre père », selon les mots du Talmud.
Sur le point de vouloir quitter Israël, Its’hak est interpellé par D.ieu qui lui intime l’ordre de ne pas descendre en Egypte et de rester sur la terre d’Israël. Rachi justifiera cette interdiction du fait de la grande sainteté du patriarche, incompatible avec l’impureté des autres terres. Avraham et Yaakov, en revanche, vivront une grande partie de leur vie sur des terres étrangères. Il en sera de même dans les temps futurs, à l’exemple de Its’hak, où le peuple juif sera rassemblé sur sa terre et n’éprouvera aucun besoin de vivre en dehors de sa terre. Toutefois, à voir de plus près, les commentateurs se demandent si le séjour exclusif d’Its’hak sur la terre d’Israël était réellement une bonne chose. Nous voyons, en effet, qu’Avraham et Yaakov répandirent le nom de D.ieu dans le monde et sanctifièrent de nombreux endroits, alors qu’Its’hak se contenta de rester sur la terre sainte pour ne s’occuper que de sa personne !
En fait Its’hak fit le même travail que les deux autres patriarches. Il répandit lui aussi le nom de D.ieu, mais, et c’est là sa particularité, sans se déplacer de son lieu d’habitation. A l’instar d’une torche qui éclaire autour d’elle sans bouger de sa place. Deux faits de notre paracha nous le confirment.
Plus cher que l’or et l’argent
Un verset (1) nous apprend, en effet, qu’Its’hak, après avoir semé, récolta cent fois plus que la terre aurait normalement produit, au point que sa réussite fit dire aux gens qu’ils préféraient « le fumier des mules d’Its’hak à l’or et l’argent d’Avimélè’h ». C’était là l’indice d’une influence spirituelle qui avait dépassé le cadre de sa personne puisqu’ autour de lui, on reconnaissait sa grandeur. Mieux encore. Avimélè’h, le roi de la région renvoya Its’hak de son territoire pour, quelque temps plus tard, se rendre chez lui, accompagné du chef de son armée et de dignitaires importants. Et à la question d’Its’hak, pourquoi il revenait chez lui alors qu’il le détestait, Avimélè’h répondit qu’il avait vu que le nom de D.ieu était avec lui. Preuve encore une fois, qu’Its’hak avait positivement influencé son environnement et cela sans chercher directement à le faire.
A tout le peuple
Les temps futurs verront se reproduire une situation identique. Le peuple juif résidera sur sa terre et de là, la lumière de la Thora éclairera le monde entier. Comme le déclare le prophète Yéchaya (Isaïe) : « Et se sera à la fin des temps, la montagne de la maison de D.ieu sera affermie sur la cime des montagnes…. et toutes les Nations y afflueront (2). Le Rambam (Maïmonide) sera encore plus clair dans ses « Lois de la Téchouva » quand il affirmera « ...ce roi se lèvera, de la descendance de David, doté d’une sagesse plus grande que celle de Chlomo (Salomon), prophète presque aussi grand que Moché (Moïse). Il enseignera à tout le peuple en lui indiquant le chemin de D.ieu, et tous les peuples viendront l’écouter… » (3).
A l’époque du roi Chlomo, les Nations du monde furent elles aussi subjuguées par sa sagesse et de nombreux rois vinrent lui rendre visite. La plus célèbre d’entre elles fut celle de la reine de Séba (Saba). Mais lors de la venue de Machia’h, l’influence sur les Nations sera différente : elles resteront sur leur territoire et sans qu’Israël ne bouge de sa terre, la lumière de la Thora les atteindra. Elles se rendront sur la terre de D.ieu, non comme la reine de Séba qui le fit pour vérifier si la réputation de Chlomo était fondée mais pour recevoir l’enseignement du Machia’h après avoir reçu le rayonnement de sa lumière. Comme le fit Avimélè’h avec Its’hak.
Notes
(1) Chap. 26, verset 12 (2) Chap. 2, verset 2 (3) Chap. 9, loi 2
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